Iran: Le chef de l’armée menace de donner à Israël une « très bonne leçon »
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Iran: Le chef de l’armée menace de donner à Israël une « très bonne leçon »

Mohammad Bagheri met en garde contre une riposte militaire après avoir laissé entendre que l'État juif était à l'origine d'une attaque contre un vaisseau iranien, près de la Syrie

Le chef d'Etat-major iranien, le général Mohammad Hossein Bagheri, pendant une parade militaire à Téhéran, le 21 septembre 2016. (Crédit : AP Photo/Ebrahim Noroozi)
Le chef d'Etat-major iranien, le général Mohammad Hossein Bagheri, pendant une parade militaire à Téhéran, le 21 septembre 2016. (Crédit : AP Photo/Ebrahim Noroozi)

Le chef des forces armées iraniennes Mohammad Bagheri a menacé de « donner une très bonne leçon à Israël », semblant laisser entendre que l’État juif était à l’origine d’une attaque menée contre un pétrolier iranien qui naviguait au large de la Syrie pendant le week-end, sans pour autant attribuer directement la responsabilité de l’incident au pays.

Bagheri a dit dimanche aux journalistes que « nous n’avons aucune annonce à faire concernant les incidents qui sont survenus récemment et nous ne savons pas non plus qui en sont les auteurs, mais le front de la résistance va donner à Israël une très bonne leçon », selon plusieurs journalistes iraniens.

« Les Israéliens pensent qu’ils peuvent continuer à frapper la Syrie et à commettre des actes malveillants ailleurs et sur la mer et ce sans qu’il y ait de riposte », a dit Bagheri, selon des tweets publiés par les journalistes iraniens Reza Khaasteh et Abas Aslani.

« Ces initiatives prises au cours des derniers jours, et celles qui seront prises à l’avenir contre leurs intérêts leur feront retrouver l’esprit », a ajouté Bagheri. « La réponse qui sera apportée par l’Iran reste indéterminée mais le régime sioniste ne restera pas en paix ».

Capture d’écran d’une vidéo diffusée par une chaîne de télévision syrienne montrant un incendie sur un navire au large de la côte de Banias, un incendie qui, selon la Syrie, aurait été déclenché par une attaque de drone. (Capture d’écran : Twitter)

Bagheri semblait faire référence à l’attaque apparente, samedi, d’un pétrolier iranien qui naviguait au large des côtes syriennes, à proximité de la raffinerie de Banias, une attaque qui aurait fait trois morts, selon un groupe de veille pro-opposition.

En Israël, la Douzième chaîne israélienne a déclaré samedi soir qu’il n’y avait pas eu de blessés au cours de l’incident et que l’incendie qui s’était déclaré n’avait entraîné aucun dégât significatif. La Treizième chaîne a pour sa part affirmé que le sinistre n’avait aucun lien avec l’État juif.

L’attaque était survenue après la mort d’un officier syrien lors de frappes israéliennes, la semaine dernière, qui avaient fait aussi trois blessés et après qu’un missile antiaérien syrien lancé vers un avion-chasseur israélien a quitté sa trajectoire et s’est abattu dans le désert du Negev.

Cela fait longtemps que l’État juif tente d’empêcher l’Iran de s’ancrer sur le territoire syrien, ravagé par la guerre.

Dans un article publié le mois dernier qui reprenait les propos de responsables américains et moyen-orientaux, le Wall Street Journal avait déclaré qu’Israël avait pris pour cible au moins une dizaine de navires se rendant en Syrie et qui, pour la plupart, transportaient du pétrole iranien depuis la fin de l’année 2019.

Ces derniers mois, au moins trois cargos israéliens ont été endommagés dans des attaques présumées de la république islamique, l’un dans le golfe d’Oman, le deuxième alors qu’il se rendait en Inde, et le troisième, plus récemment, au large des Émirats arabes unis.

Des centaines de frappes israéliennes ont aussi touché la Syrie depuis le début de la guerre, en 2011, ciblant en majorité des alliés iraniens du régime de Damas et le groupe terroriste du Hezbollah, ainsi que des troupes du gouvernement syrien.

Le menace proférée par Bagheri survient alors qu’Israël va envoyer une délégation à Washington dans la journée de lundi, dont les membres exprimeront leur opposition au retour des Américains dans le pacte nucléaire qui avait été conclu avec la république islamique en 2015, le JCPOA. Les responsables israéliens considèrent que l’Iran représente une menace existentielle pour l’État juif et ils s’opposent avec vigueur à la réintégration des États-Unis dans l’accord, ce qui place Jérusalem en rupture avec la nouvelle administration de la Maison-Blanche.

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