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Israël accuse une enquêtrice de l’ONU de partialité

"Nous considérons Mme Pillay comme une militante anti-Israël qui ne devrait pas présider cette commission", a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien

Navi Pillay, alors commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, lors d'une conférence de presse à Rabat, au Maroc, le 29 mai 2014. (Crédit : AP Photo/Paul Schemm, Archive)
Navi Pillay, alors commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, lors d'une conférence de presse à Rabat, au Maroc, le 29 mai 2014. (Crédit : AP Photo/Paul Schemm, Archive)

L’Etat hébreu a accusé jeudi Navi Pillay, l’enquêtrice des Nations unies sur les atteintes aux droits humains dans les Territoires palestiniens et en Israël, d’être partiale, quelques jours après qu’une ONG a déposé une plainte à son encontre.

Navi Pillay préside la commission internationale chargée d’enquêter sur les violations présumées des droits humains commises dans les Territoires palestiniens et en Israël, depuis le 13 avril 2021.

Dans une lettre datée de jeudi qui lui est adressée, l’ambassadrice israélienne auprès des Nations unies, Meirav Eilon Shahar, estime que la commission a pour objectif de « diaboliser Israël ».

Elle affirme aussi que Mme Pillay est « personnellement connue pour soutenir des positions anti-Israël », dénonçant notamment son usage du mot « apartheid » pour qualifier la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens comme l’a fait Amnesty International dans un récent rapport.

La Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme Navi Pillay s’exprime lors d’une conférence de presse au siège européen des Nations unies à Genève, en Suisse, le lundi 2 décembre 2013. (Crédit: AP/Keystone, Salvatore Di Nolfi)

« Nous considérons Mme Pillay comme une militante anti-Israël qui ne devrait pas présider cette commission », a affirmé jeudi Lior Haiat, porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien.

« Nous ne coopérerons pas avec cette commission », a-t-il ajouté lors d’un point de presse, estimant que la nomination de Mme Pillay était une « honte ».

Haute-Commissaire aux droits de l’homme de 2008 à 2014, Navi Pillay a également été juge et présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda.

En Afrique du Sud, elle avait été la première femme à ouvrir, en 1967, un cabinet d’avocats dans sa province du Natal où elle a notamment défendu des personnes militant contre l’apartheid, dénoncé la torture et réussi à conquérir des droits pour les prisonniers.

L’ONG UN Watch, basée à Genève, a déposé lundi auprès de l’ONU une plainte à son encontre et appelé à sa démission, estimant qu’elle avait tenu des propos sur le conflit israélo-palestinien « compromettant son impartialité ».

Selon son site, UN Watch a été affiliée en 2001 au American Jewish Committee, mais l’ONG dit ne plus l’être depuis 2013 et être « pleinement indépendante ».

La commission d’enquête de l’ONU a été créée fin mai 2021 après une flambée de violences meurtrières en Israël et dans les Territoires palestiniens.

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