Israël approuve 98 nouveaux logements en Cisjordanie pour les évacués d’Amona
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Israël approuve 98 nouveaux logements en Cisjordanie pour les évacués d’Amona

Les logements seront proposés aux familles déplacées ; les habitants de l’avant-poste illégal jurent de s’opposer à l’évacuation ordonnée par la Cour en décembre

Mobile home dans l'avant-poste d'Amona, en Cisjordanie. (Crédit : Noam Moskowitz/Flash90)
Mobile home dans l'avant-poste d'Amona, en Cisjordanie. (Crédit : Noam Moskowitz/Flash90)

Les autorités israéliennes ont donné leur feu vert à la construction de 98 logements dans une implantation de Cisjordanie, ainsi qu’à celle d’une zone industrielle israélienne près de Ramallah, a annoncé samedi l’ONG anti-implantation La Paix Maintenant.

« Au moment où les dirigeants du monde se réunissaient pour commémorer la mémoire de [l’ancien président décédé mercredi] Shimon Peres et la voie qu’il préconisait pour la paix, le gouvernement israélien crée un nouvel obstacle pour une solution à deux Etats », israélien et palestinien coexistant en paix, a souligné une porte-parole de l’ONG israélienne.

Les deux projets ont été approuvés mercredi par la haute commission de la planification de l’administration militaire israélienne après avoir obtenu au préalable le feu vert du ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a précisé la porte-parole Hagit Ofran.

Pour la communauté internationale, la présence de près de 600 000 Israéliens en Cisjordanie est l’un des principaux obstacles au règlement du conflit israélo-palestinien, vieux de près de 70 ans.

Barack Obama à l'enterrement de Shimon Peres, le 30 septembre 2016 à Jérusalem (Crédit : capture d'écran GPO)
Barack Obama à l’enterrement de Shimon Peres, le 30 septembre 2016 à Jérusalem (Crédit : capture d’écran GPO)

Vendredi encore, à l’occasion des obsèques de Peres, les dirigeants du monde, dont le président américain Barack Obama, ont lancé un nouvel appel à relancer le processus de paix moribond depuis des années.

Une nouvelle zone industrielle israélienne va être créée à l’ouest de Ramallah, près du territoire israélien. « Cette zone peut être considérée comme une nouvelle sorte de colonie car le gouvernement israélien va encourager les investisseurs à y construire des usines potentiellement attractives en raison de la proximité du site à la fois de Jérusalem et de Tel Aviv », ajoute La Paix Maintenant.

Les nouveaux logements doivent être construits près de l’implantation de Shilo, au nord de Ramallah. « Il s’agit sans doute d’une compensation accordée par le gouvernement aux colons résidents dans la colonie sauvage d’Amona », a-t-elle ajouté.

La Cour suprême israélienne a décidé qu’Amona, où vivent une quarantaine de familles israéliennes sur une terre privée palestinienne, devait être démantelée avant le 25 décembre. Les avant-postes sont des implantations illégales, non seulement aux yeux de la communauté internationale, mais aussi de la loi israélienne.

Certains habitants d’Amona ont rejeté l’ordre de délocalisation, et ont juré de ne pas se conformer à l’évacuation ordonnée par la Cour.

Des policiers israéliens affrontent des habitants juifs sur une barricade en feu dans l'avant-poste non autorisé d'Amona, proche de l'implantation juive d'Ofra, en Cisjordanie, le 1er janvier 2006. (Crédit : Pierre Terdjman/Flash90)
Des policiers israéliens affrontent des habitants juifs sur une barricade en feu dans l’avant-poste non autorisé d’Amona, proche de l’implantation juive d’Ofra, en Cisjordanie, le 1er janvier 2006. (Crédit : Pierre Terdjman/Flash90)

Dans un effort pour contourner la démolition, des députés du Likud ont croisé le fer pour un projet de loi dit de régulation, qui propose que les propriétaires palestiniens dont les terrains ont été utilisés pour des implantations ou des avant-postes recevront d’autres terrains en Cisjordanie, en plus d’une compensation financière de la moitié de la valeur du terrain.

Le projet de loi a été enterré en juillet, quand le procureur général Avichai Mandelblit a affirmé qu’il était « inconstitutionnel ». Une loi similaire pour reconnaître les avant-postes a été abandonnée en lecture préliminaire à la Knesset en 2012, quand le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’y est opposé et a menacé de renvoyer tout ministre ou vice-ministre qui voterait en sa faveur.

Fondé en 1996, Amona est le plus grand de la centaine d’avant-postes illégaux, construits sans autorisation mais généralement tolérés par le gouvernement, qui parsèment la Cisjordanie.

L’avant-poste est devenu un symbole de la méfiance des habitants d’implantations après une évacuation partielle il y a 10 ans, qui a déclenché des affrontements violents entre habitants et force de sécurité. L’évacuation imminente, ordonnée en 2014, pourrait entraîner un autre affrontement.

La Cour suprême a en plusieurs occasions ordonné le démantèlement d’Amona. Cependant, le gouvernement a à plusieurs reprises reporté le démolissage de la communauté, malgré les échéances de la Cour. En 2006, des troupes israéliennes ont démoli neuf maisons après des affrontements contre 5 000 habitants d’implantations et leurs partisans, mais plusieurs dizaines de caravanes y sont restées.

Les habitants d’Amona ont récemment affirmé qu’ils avaient acheté une partie des terrains de l’avant-poste, mais les Palestiniens ont catégoriquement démenti. La police a déclaré que les documents qui sont censés prouver la vente ont probablement été fabriqués.

Marissa Newman a contribué à cet article.

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