Israël en guerre - Jour 199

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Israël dit que l’ONU échoue à distribuer les aides à Gaza et doit « renforcer ses opérations »

Le COGAT a publié des photos de ce qui est, selon lui, "le contenu de 500 camions" d'aides à l'intérieur de la bande qui n'ont pas été récupérées par les organisations des Nations unies

Une photo distribuée par le Coordinateur des Activités gouvernementales dans les territoires montrant de l'aide humanitaire n'ayant pas été distribuée à l'intérieur de la bande de Gaza, le 15 février 2024. (Capture d'écran : X ; used in accordance with article 27a of the Copyright Law)
Une photo distribuée par le Coordinateur des Activités gouvernementales dans les territoires montrant de l'aide humanitaire n'ayant pas été distribuée à l'intérieur de la bande de Gaza, le 15 février 2024. (Capture d'écran : X ; used in accordance with article 27a of the Copyright Law)

L’unité de liaison avec les Palestiniens au sein du ministère de la Défense a vivement critiqué les Nations unies, mardi, qui échouent à mener correctement leurs opérations en matière d’acheminement des aides humanitaires à la population dans la bande de Gaza.

Depuis le début de la guerre, les groupes humanitaires déclarent ne pas recevoir suffisamment de vivres et autres équipements pour répondre aux besoins de Gazaouis, dans l’enclave déchirée par la guerre.

Mais le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) a publié sur X des photos qui, selon lui, montrent « le contenu de 500 camions d’aide humanitaire du côté gazaoui de Kerem Shalom, APRES inspection israélienne, un contenu qui attend d’être pris et distribué par les organisations de l’ONU ».

« C’est le 3e jour d’affilée que les contenus de centaines de camions ne sont pas récupérés. Les Nations unies doivent renforcer leurs opérations », a continué le COGAT.

Israël accuse les acteurs humanitaires de ne pas se mobiliser suffisamment pour distribuer les aides depuis le début de la guerre. Les critiques ont particulièrement mis en cause le Comité international de la Croix Rouge (CICR), qui est accusé de ne pas être allé rendre visite aux otages détenus par le Hamas et de ne pas leur avoir fourni l’assistance appropriée.

La présidente du CICR, Mirjana Spoljaric, a déclaré jeudi que « nous nous heurtons à la barrière du langage s’agissant de décrire la situation humanitaire ».

Les humanitaires ont averti que mener des opérations d’aide dans la bande de Gaza deviendrait rapidement impossible. La cheffe de la Croix Rouge a indiqué aux diplomates que leurs pays avaient la responsabilité de s’assurer que les Conventions de Genève sur le traitement réservé aux individus était respecté.

« Ce n’est pas dans votre intérêt de rejeter cette responsabilité… sur des acteurs humanitaires », a-t-elle dit. « Si la manière dont les opérations sont menées, aujourd’hui, limitent nos espace opérationnels au minimum… alors nous ne serons pas en mesure de résoudre les problèmes qui se posent ».

Christopher Lockyear, chef de Médecins sans frontières, une organisation médicale à but non-lucratif, a partagé le même point de vue. « Si nous parlons d’assistance humanitaire, nous parlons d’une illusion d’aide humanitaire pour le moment », a-t-il estimé.

Martin Griffiths, responsable du département des aides aux Nations unies, a demandé aux diplomates « de ne pas considérer la communauté humanitaire comme une brigade de secours pour la population entassée » dans le sud de Gaza.

« Les conditions ne le permettent pas », a-t-il ajouté.

« Ce ne sera pas de notre faute si des gens souffrent », a-t-il insisté. « Ce sera la faute de ceux qui l’auront permis ».

Kate Forbes, présidente de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant rouge, a regretté, jeudi, le fait que de nombreux humanitaires avaient été tués à Gaza.

Elle a indiqué qu’un bénévole qu’elle avait rencontré à Rafah lui avait dit que « nous sommes tous sur une liste d’attente, attendant d’être tués ».

De la farine bloquée à Ashdod

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est entretenu jeudi avec son homologue britannique, Rishi Sunak, concernant la nécessité de renforcer l’aide humanitaire à Gaza, a fait savoir le bureau de Sunak.

« Le Premier ministre a souligné l’ampleur de la crise humanitaire à Gaza et il a vivement recommandé à Israël de rouvrir pleinement le poste-frontière de Kerem Shalom et de permettre la délivrance, par la mer, de l’aide internationale par le biais du port d’Ashdod », a noté un communiqué de Downing Street.

Une livraison massive de farine entrant dans le cadre du travail d’approvisionnement de l’aide humanitaire à Gaza est actuellement bloquée au port d’Ashdod, le ministre des Finances d’extrême-droite Bezalel Smotrich insistant sur le fait qu’elle ne devra pas être distribuée aux Gazaouis par l’UNRWA, l’organisation qui vient en aide aux réfugiés palestiniens et qui fait l’objet d’une enquête, douze de ses employés ayant été accusés d’avoir pris part au massacre commis par le Hamas, le 7 octobre, qui a été à l’origine de la guerre.

Les États-Unis ont demandé une nouvelle fois avec insistance, jeudi, de faire livrer la farine à Gaza.

« J’aimerais pouvoir vous dire que la farine fait son chemin mais je ne peux pas vous l’affirmer pour le moment. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’elle est absolument indispensable en termes d’aliment de base pour les Palestiniens et que nous allons continuer à travailler avec nos homologues israéliens » pour débloquer la situation, a dit le porte-parole du Conseil de sécurité national américain, John Kirby, en réponse à une question posée pendant une conférence de presse.

« Les Israéliens se sont engagés à la laisser entrer. Nous voulons avoir la certitude que ça se fera. Nous sommes conscients des propos tenus par les membres du cabinet au sujet de cette farine qui se trouve en ce moment au port d’Ashdod et nous travaillons très, très dur sur cette question », a-t-il ajouté.

Un responsable israélien avait indiqué au Times of Israel, au début de la semaine, que Jérusalem cherchait à trouver d’autres agences susceptibles de distribuer la farine, en vain pour le moment.

Des Palestiniens inspectant les dégâts causés aux bâtiments résidentiels où deux otages israéliens étaient détenus avant d’être secourus lors d’une opération des forces de sécurité israéliennes à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 février 2024. (Crédit : Fatima Shbair/AP Photo)

Après plus de quatre mois d’une guerre qui a démoli de vastes pans de Gaza, qui a déplacé la majorité de la population de la bande et qui a poussé les Gazaouis au bord de la famine, Netanyahu a insisté sur le fait que l’armée devait entrer à Rafah pour remporter « une victoire totale » contre le Hamas.

Selon l’ONU, plus de la moitié de la population connaît la faim au sein de l’enclave côtière.

La guerre avait éclaté quand des terroristes dirigés par le Hamas avaient semé la désolation dans les communautés du sud d’Israël, massacrant environ 1200 personnes, des civils en majorité, et kidnappant 253 personnes, prises en otage dans la bande, commettant des atrocités.

Au moins 28 663 personnes – des femmes et des enfants en majorité – ont été tués dans l’offensive israélienne qui a suivi l’assaut, selon les chiffres diffusés par les autorités de la santé du Hamas. Des chiffres qui ne peuvent pas être vérifiés de manière indépendante et qui comprennent les victimes des tirs de roquette errants des factions palestiniennes armées qui, manquant leur trajectoire, sont retombées dans la bande. Israël, de son côté, estime avoir tué 1000 terroristes au sein de l’enclave palestinienne.

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