Israël est leader dans le marché de la protéine alternative – rapport GFI
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Israël est leader dans le marché de la protéine alternative – rapport GFI

Grâce à ses prouesses en agriculture, en ingénierie tissulaire et en recherche sur les cellules souches, le pays est une plaque tournante pour les start-ups du secteur

Une entrecôte produite à partir de cellules de viande cultivées en laboratoire par la start-up israélienne Aleph Farms. (Autorisation d'Aleph Farms/Technion Institute of Technology)
Une entrecôte produite à partir de cellules de viande cultivées en laboratoire par la start-up israélienne Aleph Farms. (Autorisation d'Aleph Farms/Technion Institute of Technology)

Israël joue un « rôle substantiel » sur le marché mondial des protéines alternatives, les start-ups israéliennes ayant levé un montant record auprès des investisseurs en 2020, selon un rapport de The Good Food Institute Israel (GFI), une organisation à but non lucratif qui cherche à promouvoir la recherche et l’innovation dans ce domaine.

Selon les données compilées par le GFI, l’investissement total dans les entreprises israéliennes développant des protéines alternatives a atteint 114 millions de dollars en 2020, soit une hausse de 154 % par rapport aux 45 millions de dollars de 2019, et une multiplication par huit par rapport aux 14 millions de dollars de 2010.

Les investissements mondiaux dans les entreprises de protéines alternatives ont atteint 3,1 milliards de dollars, soit trois fois plus qu’en 2019. Selon les prévisions du Barclays Group, d’ici 2030, la valeur du marché mondial des seuls substituts de viande devrait atteindre 140 milliards de dollars et représenter 10 % du marché total de la viande.

Le rapport divise le marché en trois grands secteurs : les protéines d’origine végétale, la fermentation et la viande cultivée.

Les protéines à base de pois chiche développées par InnovoPro n’ont pas été modifiées génétiquement, elles sont sans phytoestrogens, qui sont des oestrogènes dérivés des plantes, elles n’ont pas d’arrière goût et ne causent pas d’allergies. (Capture d’écran YouTube)

Dans le domaine des protéines végétales, ce sont les start-ups israéliennes qui ont levé le plus d’argent, pour un total de 77 millions de dollars.

Dans le domaine de la fermentation, les start-ups israéliennes ont levé 21 millions de dollars. La levée de fonds la plus importante a été celle de Remilk, qui a reçu l’an dernier plus de 11 millions de dollars de la part des investisseurs. Remilk produit des protéines de lait sans avoir recours aux vaches pour la production de fromage et de produits laitiers.

Dans le domaine de la viande cultivée, les entreprises israéliennes ont levé 16 millions de dollars en 2020, et ce secteur est appelé à prospérer dans les années à venir lorsque les entreprises passeront du stade du développement à celui de la production, selon le rapport. Future Meat Technologies, qui fabrique de la viande à partir de cellules animales, a obtenu un financement de 27 millions de dollars, et MeaTech, qui se concentre sur l’impression 3D de viande cultivée, est entrée en bourse sur le Nasdaq, levant 22 millions de dollars lors de son introduction en bourse.

Le secteur des protéines alternatives est devenu l’un des secteurs à la croissance la plus rapide de l’écosystème technologique israélien, selon le rapport. La croissance annuelle des investissements a atteint en moyenne 187 % au cours des trois dernières années, contre une croissance moyenne des investissements de quelque 49 % pour le secteur de la cybersécurité, par exemple. Malgré cela, les montants totaux dans le secteur restent faibles par rapport à d’autres domaines technologiques florissants : selon le centre de recherche IVC, le secteur de la cybersécurité a levé 3 milliards de dollars, les entreprises basées sur l’IA ont levé 4,4 milliards de dollars et les fintech ont levé 2,1 milliards de dollars en 2020.

Une entrecôte produite à partir de cellules de viande cultivées en laboratoire par la start-up israélienne Aleph Farms. (Autorisation d’Aleph Farms/Technion Institute of Technology)

Israël est un pionnier dans le domaine des protéines alternatives depuis 2015, date où plusieurs entreprises de viande cultivée ont été fondées, indique le rapport. « Depuis lors, le domaine n’a cessé de prendre de l’ampleur en Israël, et il continue de croître et de prospérer, main dans la main avec une activité entrepreneuriale vigoureuse, basée sur des bases scientifiques et technologiques solides », indique le rapport.

Selon les données du GFI, il y a 28 laboratoires dans les principales institutions de recherche universitaires en Israël qui sont directement impliqués dans le domaine des protéines alternatives, et 300 autres laboratoires avec un potentiel de recherche lié à l’industrie.

« Israël est reconnu comme un leader mondial dans la recherche agricole, l’ingénierie tissulaire, la recherche sur les cellules souches et l’ingénierie, et a donc émergé comme une plaque tournante pour l’innovation en matière de protéines alternatives et les entreprises de viande cultivée », a déclaré Aviv Oren, directeur commercial de GFI Israël. La nation est classée « deuxième au monde, après les États-Unis, pour le nombre d’entreprises de fermentation (10) et d’agriculture cellulaire (9). »

« Comme cette industrie en est encore à ses débuts, nous nous attendons à voir plus de startups émergentes et des investissements plus importants réalisés à mesure que les entreprises matures se développent, dans les années à venir », a-t-il ajouté.

The Good Food Institute Israel est une organisation affiliée à The Good Food Institute, un organisme à but non lucratif qui travaille au niveau international pour rendre les protéines alternatives savoureuses, abordables et accessibles. Le GFI fait avancer la recherche et vise à aider ses partenaires à développer leurs produits protéinés. Le GFI est financé par des dons privés, selon son site web.

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