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Israël « mène librement ses opérations à Téhéran », déplore un ministre iranien

Après une série d'attaques attribuées à Israël, des responsables ont suggéré, sous couvert d'anonymat, que "les plus hauts niveaux de l'establishment iranien" étaient secoués

Le fils du colonel Hassan Sayyad Khodaeï des Gardiens de la révolution iraniens pleure sur son cercueil recouvert du drapeau lors de la cérémonie funéraire à Téhéran, en Iran, le mardi 24 mai 2022. (Crédit: AP/Vahid Salemi)
Le fils du colonel Hassan Sayyad Khodaeï des Gardiens de la révolution iraniens pleure sur son cercueil recouvert du drapeau lors de la cérémonie funéraire à Téhéran, en Iran, le mardi 24 mai 2022. (Crédit: AP/Vahid Salemi)

Un politicien iranien a indiqué qu’un grand nombre de ses compatriotes avaient le sentiment qu’Israël menait librement ses opérations à Téhéran, trompant avec facilité les opérations de sécurité.

Dans un article qui a été publié mardi dans le Financial Times, dont le siège est au Royaume-Uni, un officiel qui a été exclusivement présenté par le journal comme étant « un politicien réformiste » explique « qu’il semble qu’Israël a établi une organisation à grande échelle à Téhéran et que le pays y mène librement ses opérations ».

« Israël s’en prend clairement à l’image de ‘haute sécurité’ de l’Iran dans le but de ternir la grandeur du pays aux yeux des gens », ajoute le politicien.

Une série d’assassinats et d’attaques, au sein de la République islamique, a été attribuée à Israël, ces derniers mois – même si Jérusalem ne revendique que rarement, sinon jamais, ce genre d’opérations. Mais dans un rare entretien la semaine dernière – et dans des commentaires encore plus rares sur les activités israéliennes dans les pays ennemis – le conseiller à la sécurité nationale, Eyal Hulata, a déclaré que l’État juif « a beaucoup agi en Iran au cours de l’année passée ».

Les tensions entre Israël et l’Iran se sont accrues ces derniers mois après l’assassinat d’un officier iranien de premier rang à Téhéran, un certain nombre de morts mystérieuses de personnels chargés de la sécurité en Iran, après des frappes aériennes contre des cibles liées à la République islamique en Syrie, l’adoption d’une rhétorique de plus en plus menaçante de la part des dirigeants iraniens et les violations de plus en plus nombreuses de l’accord sur le nucléaire par Téhéran.

Le coup le plus dur infligé à Téhéran a été porté au mois de mai, quand Hassan Sayyad Khodaei, colonel des Gardiens de la Révolution islamique, âgé de 50 ans, a été tué par des hommes armés à moto aux abords de son habitation de cinq balles dans le corps.

Les membres de la famille du colonel Hassan Sayad Khodaei pleurent autour de sa voiture après l’attaque qui entraîné sa mort à Téhéran, en Iran, le 22 mai 2022. (Crédit : Islamic Republic News Agency, IRNA via AP)

Puis, le mois dernier, c’est le colonel Ali Esmailzadeh, commandant de l’unité des opérations extérieures au sein des Gardiens de la révolution, est mort des suites « d’un accident survenu dans son domicile », a fait savoir l’agence de presse d’État SANA. Peu après, Ali Kamani, membre de la division aérospatiale des Gardiens, a été tué lors d’une mission à Khomein dans la province de Marzaki, dans le centre du pays.

Le reportage du Financial Times a noté qu’il y avait « un sentiment d’anxiété au plus haut niveau de l’establishment iranien » suite à cette série d’attaques attribuées à Israël. Fin juin, les Gardiens de la Révolution islamique ont remplacé leur chef des renseignements qui était à son poste depuis longtemps, une initiative qui a été considérée comme étant venue en réaction aux assassinats présumés.

Les officiels iraniens ont toutefois indiqué au journal britannique qu’ils ne cherchaient pas d’escalade des tensions directes actuellement.

« La politique iranienne reste de travailler avec ses forces mandataires et nous n’initierons pour notre part aucune attaque contre Israël si Israël ne s’en prend pas au Liban », a commenté « un initié du régime », des propos qui ont été repris par le Financial Times. « Il ne serait pas avisé pour nous de nous battre contre Israël. Et si les sionistes montrent les dents par leurs attaques, ils n’ont pas les dents suffisamment acérées pour aller jusqu’à frapper directement » la république islamique.

Dans un reportage similaire qui avait été publié par le New York Times, à la fin du mois dernier, les responsables iraniens avaient expliqué au journal que les opérations israéliennes avaient eu un effet considérable et durable.

« Les failles de la sécurité sur le territoire iranien et l’ampleur des opérations menées par Israël ont réellement sapé notre organisation de renseignement la plus puissante », avait dit l’ancien vice-président iranien Mohammad Ali Abtahi.

Des officiels iraniens, qui n’avaient pas été identifiés, avaient aussi affirmé à ce moment-là que « les réseaux d’espionnage d’Israël se sont infiltrés en profondeur dans la base des cercles de sécurité » de la république islamique.

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