Israël mène une « annexion progressive de facto » de la Cisjordanie – haute responsable ONU
Gideon Saar, qui s'exprimait avant Rosemary DiCarlo, a jugé "étonnant que tant de pays affirment que la présence juive dans notre patrie ancestrale viole le droit international"
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Mercredi, une haute responsable des Nations unies a estimé que les mesures prises par Israël pour renforcer son contrôle sur les zones de Cisjordanie administrées par l’Autorité palestinienne (AP) équivalaient à une « annexion progressive de facto ».
« Nous assistons à une annexion progressive de facto de la Cisjordanie, alors que des mesures unilatérales israéliennes transforment progressivement la réalité sur le terrain », a déclaré Rosemary DiCarlo, secrétaire générale adjointe, lors d’une réunion du Conseil de sécurité.
Depuis le début du mois, Israël a pris une série de mesures visant à accroître son contrôle sur la Cisjordanie, qu’il a repris durant la Guerre des Six Jours, en 1967, y compris dans des secteurs sous contrôle de l’AP en vertu des Accords d’Oslo, conclus dans les années 1990 et aujourd’hui moribonds.
« Si elles sont mises en œuvre, ces mesures constitueraient une extension dangereuse de l’autorité civile israélienne en Cisjordanie occupée, y compris dans des zones sensibles comme Hébron », a poursuivi DiCarlo.
Elle a ajouté craindre « une expansion des colonies, avec la suppression d’obstacles bureaucratiques et la facilitation des achats de terrains ainsi que l’octroi de permis de construire ».
Mardi, 85 États membres de l’ONU ont fermement condamné, dans une déclaration commune, l’adoption par Israël de mesures visant à « étendre [sa] présence illégale » en Cisjordanie.
Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, qui s’exprimait à New York avant DiCarlo, a jugé « étonnant que tant de pays affirment que la présence juive dans notre patrie ancestrale viole le droit international ».
« Aucune autre nation, nulle part ailleurs dans le monde, n’a un droit plus fort que le nôtre sur la terre de la Bible », a-t-il également déclaré.
Alors que tous les autres ambassadeurs présents ont profité de leurs déclarations pour condamner ces mesures, qu’ils qualifient de violation du droit international, l’ambassadeur américain, Mike Waltz, a concentré ses remarques sur les efforts déployés par les États-Unis à Gaza.
Les États-Unis sont restés largement silencieux sur les mesures prises par Israël en Cisjordanie.
Au début du mois, la Maison Blanche avait publié une déclaration réitérant que le président américain Donald Trump s’oppose à l’annexion de la Cisjordanie, mais cette déclaration n’abordait pas directement les mesures spécifiques adoptées par le cabinet de sécurité israélien.
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