Israël passe du deuil à l’euphorie pour le 73e anniversaire de son Indépendance
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Israël passe du deuil à l’euphorie pour le 73e anniversaire de son Indépendance

Contrevenant au protocole, Netanyahu a diffusé un discours vidéo lors d'une cérémonie à Jérusalem ; le PDG de Pfizer a été salué comme un héros juif

  • Des soldats avant la répétition principale de la 73e cérémonie de Yom HaAtsmaout, qui se tient au Mont Herzl, à Jérusalem, le 14 avril 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
    Des soldats avant la répétition principale de la 73e cérémonie de Yom HaAtsmaout, qui se tient au Mont Herzl, à Jérusalem, le 14 avril 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
  • Des Israéliens assistent à un spectacle de feux d'artifice lors des célébrations de Yom HaAtsmaout à Tel Aviv, le 14 avril 2021, après plus d'un an de restrictions liées au coronavirus. (Crédit : AP Photo/Sebastian Scheiner)
    Des Israéliens assistent à un spectacle de feux d'artifice lors des célébrations de Yom HaAtsmaout à Tel Aviv, le 14 avril 2021, après plus d'un an de restrictions liées au coronavirus. (Crédit : AP Photo/Sebastian Scheiner)
  • Répétition principale de la 73e cérémonie du Jour de l'Indépendance, qui se tient au Mont Herzl, à Jérusalem, le 14 avril 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
    Répétition principale de la 73e cérémonie du Jour de l'Indépendance, qui se tient au Mont Herzl, à Jérusalem, le 14 avril 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
  • Des femmes israéliennes fêtent Yom HaAtsmaout au marché Mahane Yehuda à Jérusalem, après plus d'un an de restrictions liées au coronavirus, le 14 avril 2021. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)
    Des femmes israéliennes fêtent Yom HaAtsmaout au marché Mahane Yehuda à Jérusalem, après plus d'un an de restrictions liées au coronavirus, le 14 avril 2021. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)
  • Nurses Maher Ibrahim et Narjas Abu allument une torche pour Yom HaAtsmaout. (Capture d'écran vidéo)
    Nurses Maher Ibrahim et Narjas Abu allument une torche pour Yom HaAtsmaout. (Capture d'écran vidéo)
  • La cérémonie officielle du 73e jour de l'indépendance d'Israël se déroule au Mont Herzl à Jérusalem, le 14 avril 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
    La cérémonie officielle du 73e jour de l'indépendance d'Israël se déroule au Mont Herzl à Jérusalem, le 14 avril 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
  • Le président de la Knesset Yariv Levin participe à la répétition principale de la 73e cérémonie du Jour de l'Indépendance, qui se tient au Mont Herzl, à Jérusalem, le 14 avril 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
    Le président de la Knesset Yariv Levin participe à la répétition principale de la 73e cérémonie du Jour de l'Indépendance, qui se tient au Mont Herzl, à Jérusalem, le 14 avril 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Comme à l’accoutumée, Israël a brusquement basculé mercredi soir du deuil à l’euphorie en passant de Yom HaZikaron à Yom HaAtsmaout.

Les discours lugubres, les cérémonies dans les cimetières et les reportages sur les soldats tombés au combat ont laissé place aux festivités lors de la cérémonie de transition au mont Herzl, à Jérusalem.

Les municipalités ont organisé des cérémonies physiques pour Yom HaAtsmaout, alors que les festivités de l’an dernier se sont largement déroulées en ligne ou ont été annulées en raison des restrictions induites par la pandémie de coronavirus. Le taux d’infection ayant drastiquement baissé, la plupart d’entre elles ont pu être levées, même si certaines limitations restent en vigueur.

Tous les participants ont dû se munir de leur « Passeport vert », preuve qu’ils ont été vaccinés contre la COVID-19 ou qu’ils ont guéri du virus.

La cérémonie au mont Herzl a été dirigée par le président de la Knesset, une position actuellement occupée par Yariv Levin, député sous l’étiquette du Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Durant son allocution, Levin a appelé à l’unité face à l’impasse politique qui s’éternise. Le mois dernier, Israël a organisé son quatrième cycle électoral en deux ans, qui s’est révélé aussi peu concluant que les précédents.

« Nous avons traversé quatre cycles électoraux difficiles. Cette longue période d’instabilité, d’incertitude, nous fait du tort à tous. Il est temps de réparer les dégâts. Même si nous ne sommes pas toujours d’accord, nous sommes deux côtés d’une même pièce, d’une même nation. Cette journée de Yom HaAtsmaout est le bon moment », a dit Levin.

Il a également prononcé une phrase en arabe qui signifiait : « C’est une fête pour tous les Israéliens. »

Le président de la Knesset Yariv Levin participe à la répétition principale de la 73e cérémonie du Jour de l’Indépendance, qui se tient au mont Herzl, à Jérusalem, le 14 avril 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Habituellement, le Premier ministre ne s’exprime pas pendant Yom HaAtsmaout, mais Netanyahu a contourné le protocole en faisant diffuser une vidéo dans laquelle il a célébré le semi-retour à la normale face à la diminution de la pandémie dans le pays.

« Nous avons passé une année de pandémie difficile et ensemble, nous en sommes sortis. Une fois de plus, nous avons découvert la force de notre nation et comment, au moment crucial, nous nous sommes rassemblés pour protéger la vie et revenir à la vie », a déclaré Netanyahu.

« Brillons ensemble pour la vie de la nation et combien elle est bonne, religieux et laïcs, Juifs et Arabes. Ensemble nous avons rêvé, ensemble nous avons réalisé [ces rêves], ensemble nous avons gagné », a-t-il déclaré.

Le président Reuven Rivlin a lui remercié mercredi les Juifs du monde entier pour leur soutien à Israël dans un message vidéo à l’occasion du 73e anniversaire de l’Indépendance d’Israël.

« Je veux remercier chacun d’entre vous pour tout ce que vous faîtes pour Israël et pour le peuple juif. Pour votre soutien aux côtés d’Israël, à la défense d’Israël, la défense du sionisme et du peuple juif », a déclaré Rivlin.

« Rappelons-nous que nous sommes une famille forte, unie et diversifiée. Nous avons une destinée commune. Un nouvel élan israélien et juif doit se baser sur l’unité et la diversité, la compréhension mutuelle et les expériences communes », a-t-il ajouté.

Le PDG de Pfizer a également pris la parole avec un discours pré-enregistré retransmis, et a été salué comme un héros juif après que sa firme pharmaceutique a approvisionné Israël en vaccins. Israël n’a administré quasiment que des vaccins produits par Pfizer dans sa campagne de vaccination, considérée comme la plus efficace au monde.

« Je suis honoré que vous ayez choisi de rendre hommage à Pfizer lors de cette cérémonie du Jour de l’Indépendance. À l’instar des Juifs du monde entier, je suis extrêmement fier d’Israël », a déclaré Bourla. « Cette année, le partenariat entre Pfizer et Israël a donné lieu à une nouvelle réalisation révolutionnaire. Ensemble, nous démontrons que, grâce à la vaccination de masse, nous pouvons vaincre la pandémie de COVID-19 et sauver des vies. »

Les traditionnels flambeaux ont notamment été allumés par des médecins et infirmiers qui ont représenté le corps médical, en première ligne dans la lutte contre la pandémie ; par le rabbin Eitan Schnerb, dont la fille a été tuée en 2019 dans un attentat terroriste en Cisjordanie et qui a fondé une organisation à but non-lucrative pour venir en aide aux familles démunies de Lod ; Shira Isakov, une femme qui a survécu à une tentative de meurtre par son mari et qui est devenue figure de proue du mouvement de lutte contre contre les violences faites aux femmes, aux côtés de sa voisine qui lui a sauvé la vie ; Anie Moses, chef d’une organisation qui aide les victimes d’attentats ; le major Maor Cohen, qui fait du bénévolat auprès d’enfants atteints de cancer ; Zipi Harpenes, directrice d’école à Beer Sheva ; et Gabriela Sztrigler Lew, qui fait du bénévolat dans le Corps Shalom en effectuant des travaux communautaires dans le monde entier.

Des soldates israéliennes près de tombes au cimetière militaire de Kiryat Shaul, à Tel Aviv, à l’occasion de Yom HaZikaron, le 14 avril 2021. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Les célébrations se poursuivent ce jeudi avec des événements publics et des rassemblements privés – sur les plages, les parcs et lors de repas en plein air.

Jeudi matin et en début d’après-midi, des avions de l’armée de l’air survolent une grande partie du pays, un élément populaire et emblématique des célébrations.

Cette année, le survol passera au-dessus de plus de villes que d’habitude, « pour saluer tous les citoyens d’Israël », a déclaré un porte-parole de l’armée en amont de la parade.

Contrairement à l’année dernière, les foules seront autorisées à se rassembler pour regarder les jets et autres avions militaires passer, suite à la levée majeure des restrictions liées au coronavirus.

En 2020, lors du début de la pandémie de coronavirus en Israël, la démonstration de voltige avait salué le personnel médical au-dessus des hôpitaux du pays.

Une flottille naviguera le long de la côte méditerranéenne entre Herzliya et Tel Aviv.

Les municipalités seront autorisées à organiser des célébrations du Jour de l’Indépendance pour les personnes vaccinées. Dans les endroits où le risque d’infection est limité, en fonction de la taille du lieu, jusqu’à 3 000 personnes vaccinées seront autorisées à se réunir à l’intérieur, et 5 000 à l’extérieur.

Le passage de Yom HaZikaron à Yom HaAtsmaout est un élément clé de l’expérience vécue par les Israéliens lors de l’anniversaire de leur pays, garantissant qu’aucune commémoration n’exclut le sacrifice des morts et de leurs proches, et que l’exaltation de l’indépendance n’est jamais loin de la prise de conscience de son coût.

Ce changement soudain est perçu comme une transition difficile pour de nombreuses familles endeuillées.

Cette année, Yom HaZikaron est spéciale, et ce de façon douce-amère, en cela qu’elle enregistre le moins de décès causés par la violence nationaliste dans l’histoire d’Israël, mais a été assombri par l’auto-immolation d’un ancien combattant devant un bureau du ministère de la Défense.

Trois Israéliens – un soldat et deux civils – ont été tués dans des attaques violentes et nationalistes au cours de l’année dernière, ce qui est de loin le chiffre le plus bas de l’histoire du pays.

Au total, 23 928 personnes sont reconnues comme étant tombées au combat au nom de l’État depuis 1873 et victimes du terrorisme.

Au cours de l’année écoulée, 112 noms ont été ajoutés à cette liste – 43 d’entre eux étant des militaires actifs et 69 ayant été reconnus comme morts de blessures subies lors de guerres ou d’attentats terroristes. Parmi ces 112 personnes figurent celles qui ont été tuées dans des accidents ou sont décédées de maladie au cours de l’année écoulée, ainsi que des personnes décédées il y a des années mais qui n’ont été reconnues officiellement que maintenant comme étant décédées de blessures liées à leur service militaire ou à un attentat.

Des personnes regroupées à l’endroit où le vétéran de l’armée israélienne Itzik Saidyan s’est immolé restent immobile pendant les sirènes de Yom HaZikaron, le 14 avril 2021. (Crédit : Flash90)

À la veille de Yom HaZikaron, Itzik Saidyan, 26 ans, s’est aspergé de liquide inflammable devant le bureau du ministère de la Défense chargé de la réadaptation des soldats blessés, un acte désespéré qui a secoué le pays et attiré l’attention sur la souffrance des anciens combattants.

Saidyan est actuellement hospitalisé dans un état critique. L’Association des vétérans de Tsahal a déclaré que l’homme était frustré par le traitement que lui réservaient les autorités. Le ministère de la Défense avait reconnu qu’il souffrait d’une invalidité de 25 % due à son syndrome de stress post-traumatique, mais il avait demandé une reconnaissance de 50 %. Le ministère avait refusé, affirmant qu’au moins une partie de sa maladie était imputable à un traumatisme survenu dans son enfance, et non à son service militaire.

Saidyan a servi dans la brigade d’infanterie Golani pendant le conflit. Il a participé à la féroce bataille de Shuja’iyya, un quartier de la ville de Gaza qui a connu certains des affrontements les plus violents du conflit.

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, et le directeur général du ministère de la Défense, Amir Eshel, ont ordonné une enquête sur l’incident afin de déterminer ce qui a motivé les actions de Saidyan et que peuvent être les mesures que le ministère peut prendre immédiatement.

La détresse de Saidyan a suscité des protestations et des appels à la réforme et a fait l’objet d’une couverture médiatique pendant toute la durée de Yom HaZikaron. Netanyahu, Rivlin, Gantz et le chef d’état-major Aviv Kohavi ont exprimé leur chagrin à la suite de cet incident.

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