Israël salue les USA qui cessent le financement du Conseil des droits de l’Homme
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Israël salue les USA qui cessent le financement du Conseil des droits de l’Homme

Un ministre a salué Bolton pour cette annonce, ajoutant que l'instance est devenue un "vivier d'extrémisme anti-israélien, de campagnes de haine et de boycott"

Le ministre de la Sécurité intérieure et des Affaires stratégiques, Gilad Erdan, arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet, au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 31 juillet 2016. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool/Flash90)
Le ministre de la Sécurité intérieure et des Affaires stratégiques, Gilad Erdan, arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet, au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 31 juillet 2016. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool/Flash90)

Un ministre israélien a salué jeudi le conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump, John Bolton, qui a annoncé que les Etats-Unis réduiraient leur financement au Conseil de sécurité des droits de l’Homme de l’organisation des Nations unies et celui du Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme de l’institution.

« Les instances des droits de l’Homme de l’ONU ont été à l’encontre de leurs valeurs fondatrices en devenant des viviers d’extrémisme anti-israélien, de campagnes de haine et de boycott », a expliqué le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan dans un communiqué.

Dernier coup donné par l’administration américaine aux Nations unies, Bolton a annoncé jeudi lors d’un entretien avec l’AP : « Nous allons dé-financer le Conseil des droits de l’Homme ».

Il a averti que d’autres agences des Nations unies pourraient connaître une réduction des fonds versés par l’administration américaine.

« Si l’annonce faite par l’ambassadeur Bolton amène les Nations unies à investir dans l’exposition des pires contrevenants aux droits de l’Homme dans le monde plutôt que dans la délégitimation de la seule véritable démocratie au Moyen-Orient, des millions de personnes dans le monde en seront gagnantes », a dit Erdan, qui est également ministre des Affaires stratégiques.

L’administration Trump s’était retirée de l’instance forte de 47 membres au mois de juin, l’accusant de partialité anti-israélienne et de permettre à des pays avec d’importants antécédents en termes de violations faites aux droits de l’Homme de figurer parmi ses membres.

L’initiative annoncée par Bolton signifie que le Conseil des droits de l’Homme va perdre l’un de ses plus grands donateurs.

Bolton, critique fréquent des Nations unies, a été ambassadeur américain auprès de l’institution sous l’administration de George W. Bush.

Le conseiller à la sécurité nationale John Bolton donne une conférence de presse après une réunion avec son homologue turc à la mission américaine de Genève, le 23 août 2018 (Crédit : AFP Photo/Fabrice Coffrini)

Dans son interview, Bolton a rejeté les affirmations de certains responsables des Nations unies qui ont insisté sur le fait que le Conseil obtenait son financement par le biais du budget habituel de l’ONU – ce qui signifie que ses dépenses ne peuvent pas être spécifiquement prises pour cible.

Les Etats-Unis paient environ 22 % du budget de l’institution – ce qui fait du pays son premier donateur individuel – dans le cadre d’une « estimation » effectuée sur la base du poids économique et autres facteurs.

« Nous calculerons 22 % du budget du Conseil des droits de l’Homme et de celui du Haut-commissaire et nos versements à l’ONU, cette année, diminueront de 22% de ce coût – et nous dirons spécifiquement que nous le faisons », a expliqué Bolton. « Et nous espérons que cet impact se répercutera sur le conseil des droits de l’Homme ».

Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Zeid Raad Al Hussein prend la parole lors de l’ouverture de la 38e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies le 18 juin 2018 à Genève. (AFP PHOTO / ALAIN GROSCLAUDE)

Au mois de juin, les Etats-Unis avaient annoncé leur décision de quitter le Conseil en condamnant « l’hypocrisie » de ses membres et leur « partialité acharnée » contre Israël.

L’instance, basée à Genève, a été établie en 2006 pour promouvoir et pour protéger les droits de l’Homme à travers le monde mais ses positionnements et ses procès-verbaux ont souvent entraîné la colère des Etats-Unis – notamment pour sa focalisation permanente du conseil sur les politiques israéliennes envers les Palestiniens.

Israël est le seul pays à avoir un point à l’ordre du jour qui lui est consacré lors des réunions du Conseil. La présence de ce point est particulièrement défendu par le bloc des pays arabes.

Israël, qui n’est pas membre du Conseil, avait salué la décision américaine à ce moment-là, le Premier ministre Benjamin Netanyahu qualifiant le Conseil des droits de l’Homme « d’organisation partiale et hostile anti-israélienne ».

« Au lieu de s’intéresser à des régimes qui violent systématiquement les droits de l’Homme, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU se focalise de manière obsessionnelle sur Israël, la seule démocratie authentique au Moyen-Orient », avait dit Netanyahu.

Raphael Ahren a contribué à cet article.

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