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Israël s’insurge contre une avocate « inapte » à diriger l’enquête de l’ONU

Francesca Albanese a déclaré l'année dernière, qu'elle hésitait à entreprendre un projet sur les réfugiés palestiniens du fait de ses « opinions personnelles profondément ancrées »

Francesca Albanese (Crédit : Capture d'écran/ YouTube)
Francesca Albanese (Crédit : Capture d'écran/ YouTube)

Israël a formellement exprimé vendredi son objection à la récente nomination d’une avocate italienne à la tête de l’enquête ouverte du Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur le traitement réservé aux Palestiniens par Israël, arguant qu’elle nourrit une partialité anti-israélienne.

Merav Marks, conseiller juridique de la mission israélienne auprès de l’ONU à Genève, a déclaré lors de la session de clôture du Conseil des droits de l’homme que Francesca Albanese était « inapte » à assumer le rôle de Rapporteur spécial sur la Palestine.

« L’opinion du Rapporteur spécial nouvellement nommé exprimée dans de nombreux articles, événements et médias exprimant sans cesse des diffamations anti-israéliennes montre qu’elle n’est pas apte à assumer ce rôle », a déclaré Marks.

« Le Rapporteur spécial a même exprimé des inquiétudes quant à ses opinions personnelles, qui, selon elle, pourraient compromettre son objectivité lorsqu’elle aborde la situation », a-t-elle déclaré.

Israël s’oppose donc « dans les termes les plus forts » à la nomination d’Albanese au « mandat déjà unilatéral voué à délégitimer et diaboliser Israël ».

Marks semblait faire référence à une interview publiée en ligne l’année dernière par l’Institut d’études palestiniennes, dans laquelle Albanese discutait d’un livre sur les réfugiés palestiniens et l’UNWRA.

Albanese a déclaré qu’elle était initialement préoccupée par l’implication dans une nouvelle édition du livre au motif qu’au « fond de moi, je craignais peut-être qu’entreprendre des recherches sur un sujet sur lequel j’avais des opinions personnelles profondes puisse compromettre mon objectivité ».

Une Israélienne dans les décombres de sa maison détruite par un tir de roquette, à Ashdod, le 18 mai 2021. (Crédit : Avi Roccah/Flash90)

Elle a finalement accepté d’assumer cette tâche lorsqu’elle a constaté qu’il y avait « énormément de fausses idées » sur la question des réfugiés palestiniens, ajoutant qu’il y avait un besoin de solutions politiques sur la question.

UN Watch, un groupe de pression pro-israélien basé à Genève, a souligné que l’année dernière, Albanese avait animé un événement intitulé « Israeli Apartheid Exposed », et a affirmé qu’elle n’avait pas relevé de conflits d’intérêts personnels potentiels dans le cas où elle devrait assumer ce rôle.

L’État juif – parfois avec le soutien des États-Unis – accuse depuis longtemps le Conseil de parti pris anti-israélien et il a généralement refusé de coopérer avec les enquêteurs de l’instance.

La commission d’enquête de l’ONU a été dénoncée par les dirigeants israéliens lorsqu’elle a été annoncée en mai dernier, peu après la conclusion d’une guerre de 11 jours entre Israël et les combattants dirigés par le Hamas à Gaza.

La guerre de onze jours qui avait eu lieu au mois de mai – qui avait été baptisée par Israël « Opération Gardien des murs » – avait commencé par des tirs de roquette vers Jérusalem puis en direction de villes du sud d’Israël et du secteur de Tel Aviv – tuant douze personnes, dont 11 civils.

Les frappes israéliennes de représailles sur des cibles au sein de l’enclave côtière avaient tué environ 250 personnes et notamment 66 mineurs, avait fait savoir le ministère de la Santé du Hamas, qui ne fait pas la différence entre les morts des civils et celles des terroristes dans ses décomptes. Douze personnes avaient été tuées au sein de l’État juif, notamment un jeune garçon de cinq ans et une adolescente de 16 ans.

Israël avait indiqué que la majorité des personnes tuées du côté palestinien étaient des terroristes, insistant sur le fait que les militaires avaient fait tout ce qui était en leur pouvoir pour éviter les victimes civiles tandis que les groupes armés palestiniens avaient pris pour cible à dessein les zones urbaines très peuplées.

Une Palestinienne passe devant un immeuble détruit dans le quartier commercial d’al-Rimal à Gaza City, suite à une frappe israélienne, après le cessez-le-feu conclu entre Israël et les groupes terroristes palestiniens. (Crédit :Emmanuel Dunand/AFP)

Dans le même temps, la 49e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU s’est achevée vendredi, lors de laquelle les États-Unis ont voté contre un certain nombre de résolutions ciblant Israël.

Dans un communiqué, le Département d’État a déclaré que les États-Unis avaient voté contre toutes les résolutions qui « ciblaient injustement Israël ».

Ces quatre résolutions étaient les suivantes : « Les implantations israéliennes dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et dans le Golan syrien occupé ; les droits de l’homme dans le Golan syrien occupé ; la situation des droits de l’homme dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et l’obligation de garantir la responsabilité et la justice ; le droit du peuple palestinien à l’autodétermination.»

Seuls les États-Unis, le Royaume-Uni et les Îles Marshall ont voté contre toutes les résolutions.

Il s’agissait des premiers votes sur Israël depuis que les États-Unis ont rejoint le UNHCR plus tôt cette année, après que l’ancien président Donald Trump a retiré les États-Unis du conseil en raison de leur prétendu parti pris anti-israélien. Cherchant à justifier le renversement, l’actuelle Maison Blanche a fait valoir qu’elle était incapable d’influencer le dialogue international sur les droits de l’homme sans avoir un siège à la table.

Des roquettes sont lancées de la bande de Gaza vers Israël, le 10 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Khalil Hamra)

Les responsables de l’administration Biden ont insisté sur le fait qu’ils utiliseront l’adhésion renouvelée des États-Unis pour s’opposer aux mesures unilatérales visant Israël et se prononcer contre le vote 125-8-34 pour mener une enquête ouverte sur Israël après la guerre à Gaza en mai dernier.

Outre le conflit Israël-Hamas, la commission doit également enquêter sur « toutes les causes profondes sous-jacentes des tensions récurrentes, de l’instabilité et de la prolongation du conflit », y compris la discrimination et la répression, selon le texte.

La seule façon d’annuler l’enquête après que le UNHCR a voté la création d’une commission d’enquête et que l’Assemblée générale des Nations Unies a voté pour approuver un budget annuel de plus de 4 millions de dollars serait que le conseil adopte une résolution annulant la précédente – une possibilité peu probable étant donné le soutien écrasant dont bénéficie cette initiative.

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