Israël, « une base terroriste » à « combattre », dit le Guide suprême iranien
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Israël, « une base terroriste » à « combattre », dit le Guide suprême iranien

La journée d'al-Quds a été marquée par un cortège à Téhéran malgré le coronavirus, et des rassemblements au Pakistan, en Syrie ou en Irak ; le défilé prévu à Berlin a été interdit

  • Des manifestants brûlent des représentations des drapeaux israélien et américain pendant le rassemblement annuel de la Journée al-Quds à Téhéran, le 7 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)
    Des manifestants brûlent des représentations des drapeaux israélien et américain pendant le rassemblement annuel de la Journée al-Quds à Téhéran, le 7 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)
  • Des manifestants brûlent des drapeaux israéliens à Téhéran, en Iran, lors de la Journée al-Quds, le 7 mai 2021. (Crédit :AP Photo/Vahid Salemi)
    Des manifestants brûlent des drapeaux israéliens à Téhéran, en Iran, lors de la Journée al-Quds, le 7 mai 2021. (Crédit :AP Photo/Vahid Salemi)
  • Un manifestant en moto tient une effigie représentant Israël et les États-Unis lors d'un rassemblement annuel de la Journée al-Quds à Téhéran, en Iran, le 7 mai 2021. (Crédit :  AP Photo/Vahid Salemi)
    Un manifestant en moto tient une effigie représentant Israël et les États-Unis lors d'un rassemblement annuel de la Journée al-Quds à Téhéran, en Iran, le 7 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)
  • Des manifestants scandent des slogans après avoir brûlé des représentations des drapeaux américain, indien et israélien pendant la journée annuelle al-Quds à Peshawar, au Pakistan, le 7 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Muhammad Sajjad)
    Des manifestants scandent des slogans après avoir brûlé des représentations des drapeaux américain, indien et israélien pendant la journée annuelle al-Quds à Peshawar, au Pakistan, le 7 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Muhammad Sajjad)
  • Une représentation du drapeau israélien aux abords d'une mosquée durant la journée al-Quds, dans le centre de Bagdad, en Irak, le 7 mai 2021. (Crédit :  AP Photo/Hadi Mizban)
    Une représentation du drapeau israélien aux abords d'une mosquée durant la journée al-Quds, dans le centre de Bagdad, en Irak, le 7 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Hadi Mizban)
  • Des enfants syriens et palestiniens lors d'un rassemblement de la Journée al-Quds, au marché couvert de Hamidiya à Damas, dans la capitale de la Syrie, le 7 mai 2021. (Crédit : Louai Beshara / AFP)
    Des enfants syriens et palestiniens lors d'un rassemblement de la Journée al-Quds, au marché couvert de Hamidiya à Damas, dans la capitale de la Syrie, le 7 mai 2021. (Crédit : Louai Beshara / AFP)
  • Les Iraniens mettent le feu à des drapeaux israéliens en piétinant des drapeaux américains pendant un rassemblement de la journée al-Quds dans la capitale de Téhéran, place Azadi (Liberté), le 7 mai 2021. (Crédit :  STR / AFP)
    Les Iraniens mettent le feu à des drapeaux israéliens en piétinant des drapeaux américains pendant un rassemblement de la journée al-Quds dans la capitale de Téhéran, place Azadi (Liberté), le 7 mai 2021. (Crédit : STR / AFP)

Vendredi, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a déclaré que l’État d’Israël « n’est pas un pays, mais une base terroriste » à combattre, en prédisant une nouvelle fois la « chute », selon lui inéluctable, du « régime sioniste ennemi ».

L’ayatollah Khamenei a tenu ces propos alors que les tensions entre la République islamique et Israël sont de nouveaux très vives depuis plusieurs mois sur fond de craintes israéliennes vis-à-vis de la présence iranienne en Syrie et du programme nucléaire de Téhéran, qui accuse les services israéliens d’avoir saboté en avril son usine d’enrichissement d’uranium de Natanz, dans le centre de l’Iran.

« Israël n’est pas un pays, mais une base terroriste contre la nation palestinienne et les autres nations musulmanes. Combattre ce régime despotique, c’est se battre contre l’oppression et le terrorisme et c’est le devoir de chacun », a déclaré l’ayatollah Khamenei à l’occasion de la « Journée de Jérusalem » célébrée par la République islamique chaque quatrième vendredi du mois de ramadan.

Le numéro un iranien a tenu ces propos au lendemain de heurts dans un quartier de Jérusalem-Est, au cœur d’une vive bataille devant les tribunaux sur le sort de familles palestiniennes menacées d’éviction.

À Genève, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a exhorté vendredi Israël à mettre fin à toute expulsion forcée de Palestiniens à Jérusalem-Est, avertissant que de telles actions pourraient constituer des « crimes de guerre ».

Et signe de la persistance du conflit israélo-palestinien, la police aux frontières israélienne a annoncé vendredi avoir abattu deux assaillants et en avoir blessé un troisième en déjouant une tentative d’attaque dans le nord de la Cisjordanie.

Dans son discours, M. Khamenei s’en est pris à « l’accord du siècle », ainsi qu’a été présenté le « plan de paix » pour le Proche-Orient de l’ex-président américain, embrassé par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, mais rejeté en bloc par les Palestiniens.

Il a aussi répété sa condamnation des récentes normalisations des relations entre Israël et plusieurs pays arabes.

Sur cette photo publiée par le site officiel du bureau du guide suprême iranien, le Guide suprême de l’Iran, l’Ayatollah Ali Khamenei, parle à un groupe d’habitants de la ville de Qom, à Téhéran, en Iran, le 8 janvier 2020. (Crédit : Bureau du Guide suprême iranien via AP)

« Tumeur cancéreuse »

« ‘L’accord du siècle’ qui est un échec et les tentatives de normalisation des relations entre le régime d’occupation et quelques gouvernements arabes faibles sont de lâches entreprises (de la part de ceux qui y participent) pour échapper au cauchemar (qu’est pour eux) l’unité des musulmans », a déclaré M. Khamenei.

« Je le dis avec force : ces efforts ne mèneront nulle part. Le déclin et le mouvement du régime sioniste vers sa chute ont commencé et ne s’arrêteront pas », a-t-il encore affirmé.

La République islamique instaurée en Iran en 1979 ne reconnaît pas l’État d’Israël fondé en mai 1948 après le vote par l’ONU du partage de la Palestine sous mandat britannique entre un « État arabe » et un « État juif ».

L’hostilité affichée de la République islamique à l’égard d’Israël est une constante de la politique iranienne depuis la révolution de 1979.

Téhéran soutient ouvertement des groupes armés et terroristes palestiniens comme le Hamas ou le Jihad islamique, ainsi que le Hezbollah libanais, ennemi d’Israël à sa frontière nord dont le chef Hassan Nasrallah doit aussi s’exprimer vendredi à l’occasion de la « journée d’al-Quds ».

En juin 2018, M. Khamenei, avait réaffirmé la « position » ancienne de Téhéran selon laquelle Israël est pour le Moyen-Orient « une tumeur cancéreuse maligne qui doit être enlevée et éradiquée ».

Si des généraux iraniens affirment régulièrement que l’Iran détruira Israël ou des villes comme Tel Aviv et Haïfa si Israël attaque la République islamique, la rhétorique officielle iranienne affirme qu’Israël cessera d’exister (d’ici à 2040 selon une prophétie du Guide) à cause de sa propre « arrogance » et non du fait d’une attaque de l’Iran.

À Téhéran, les manifestations organisées normalement pour la journée de Qods ont été annulées vendredi à cause de la pandémie de COVID-19.

Un manifestant en moto tient une effigie représentant Israël et les États-Unis lors d’un rassemblement annuel de la Journée al-Quds à Téhéran, en Iran, le 7 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Mais un cortège automobile a eu lieu dans la matinée, selon un journaliste de l’AFP, et la télévision d’État a montré les habituelles images de manifestants ayant décidé de sortir de chez eux « spontanément » pour brûler des drapeaux israéliens.

De leur côté, à Peshawar, au Pakistan, des protestataires ont brûlé des drapeaux américains, israéliens et indiens.

Des rassemblements ont aussi eu lieu en Syrie, et des drapeaux israéliens ont été peints au sol de manière à ce que les voitures circulent dessus sur les routes irakiennes.

Berlin, pour sa part, a interdit le défilé anti-israélien organisé pour la journée d’al-Quds, cette année. C’est la première fois que le pays se positionne contre l’événement depuis qu’il est devenu une tradition locale en 1966. Il est illégal, en Allemagne, d’appeler à la destruction d’Israël.

Au sein de l’État juif, le mois dernier, une unité de renseignements a averti que des attaques coordonnées contre le pays pourraient marquer la journée d’al-Quds et la fin du mois du Ramadan.

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