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Israël va augmenter le nombre de travailleurs palestiniens de Gaza

Pour le ministre de la Défense, la « politique humanitaire » pourrait être renforcée en échange du calme à la frontière sud et d'un progrès sur la question des prisonniers

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, en tournée dans le pays, ici au point de passage avec la bande de Gaza, le 1er mars 2022. (Ariel Hermoni/Ministère de la  Défense)
Le ministre de la Défense, Benny Gantz, en tournée dans le pays, ici au point de passage avec la bande de Gaza, le 1er mars 2022. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a déclaré mardi qu’Israël prévoyait d’augmenter le nombre de travailleurs palestiniens autorisés à entrer en Israël depuis la bande de Gaza.

« Nous avons l’intention d’intensifier [notre] politique humanitaire à destination des populations civiles, notamment par une augmentation immédiate du quota de travailleurs [palestiniens] [autorisés à entrer en Israël] », a déclaré Gantz lors d’une visite à la frontière sud en compagnie de responsables militaires.

En octobre, dans le cadre du cessez-le-feu en cours avec le Hamas, Israël avait étendu le bénéfice du programme de permis de travail à un maximum de 10 000 travailleurs. Il n’était alors pas évident de savoir dans quelle mesure Israël avait l’intention de renforcer encore le programme.

Depuis une quinzaine d’années, Israël et l’Égypte ont mis en place un contrôle strict des mouvements à l’intérieur et à l’extérieur de Gaza. Israël estime que de telles mesures sont nécessaires pour contrôler la menace que constituent les dirigeants du Hamas à Gaza.

Les groupes de défense des droits de l’homme, cependant, déplorent l’impact de ces restrictions sur les civils dans l’enclave appauvrie. Environ la moitié des Gazaouis sont au chômage, dont de nombreux jeunes diplômés.

« Si, tout en maintenant un calme relatif, nous parvenons également à avancer sur la question du retour des prisonniers israéliens et des personnes disparues, nous serons en mesure d’étendre le bénéfice de cette politique et de développer la bande de Gaza », a ajouté Gantz, évoquant le cas de deux civils israéliens et de la dépouille de deux soldats de Tsahal détenus par le groupe terroriste dans l’enclave côtière.

Des Palestiniens se rassemblent pour demander des permis de travail en Israël, au camp de réfugiés de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, le 6 octobre 2021. (Crédit : Mahmud Hams / AFP)

A l’issue d’une guerre de 11 jours en mai l’an dernier, Israël avait renforcé les mesures restrictives imposées à Gaza. Les responsables israéliens avaient assuré à plusieurs reprises qu’il « n’y aurait pas de retour à la période précédente » en matière de politique avec l’enclave. Dans les mois qui ont suivi, bien que les tensions à la frontière sud aient fluctué, les choses sont largement revenues au statu quo d’avant la guerre de mai 2021.

Israël a toutefois précisé qu’il n’autoriserait pas de reconstruction complète de Gaza sans un accord sur la question des prisonniers. Le Hamas retient en effet en captivité deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, ainsi que les corps de deux soldats israéliens, Hadar Goldin et Oron Shaul.

« Malheureusement, les habitants de Gaza sont captifs des dirigeants du Hamas, qui les privent d’un accès à de meilleures conditions de vie et de perspectives d’avenir pour leurs enfants. Si la paix à Gaza ou ailleurs est perturbée, les dirigeants du Hamas et les habitants de Gaza en porteront la responsabilité », a averti Gantz.

L’agence de sécurité Shin Bet a mis en garde, à plusieurs reprises, contre les risques posés par l’entrée des Gazaouis en Israël, évoquant plusieurs cas d’individus ayant utilisé leur permis, ces dernières années, pour se livrer à des activités – notamment l’espionnage- pour le compte du Hamas.

Aaron Boxerman a contribué à cet article.

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