Itamar Ben Gvir : Meir Kahane a été victime d’un « assassinat » par les médias
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Itamar Ben Gvir : Meir Kahane a été victime d’un « assassinat » par les médias

Dans son premier discours à la Knesset, Itamar Ben Gvir a rejeté les accusations d'incitation portées contre lui et a appelé à des réformes majeures du système juridique israélien

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Itamar Ben Gvir, député du Parti sioniste religieux, s'adresse au plénum de la Knesset le 26 avril 2021. (Noam Moscowitz/Bureau du porte-parole de la Knesset)
Itamar Ben Gvir, député du Parti sioniste religieux, s'adresse au plénum de la Knesset le 26 avril 2021. (Noam Moscowitz/Bureau du porte-parole de la Knesset)

Le président du parti extrémiste Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, a profité de son tout premier discours en plénière en tant que membre de la Knesset, lundi, pour insister sur le fait que les médias avaient procédé à un « assassinat » de son mentor, le rabbin radical Meir Kahane.

« Ils ont procédé à un assassinat de personnage. Oui, le rabbin Kahane, que [les médias] aiment détester. Le rabbin Kahane qui a immigré des États-Unis après s’être battu pour combattre l’antisémitisme dans ce pays. Le rabbin Kahane qui a donné sa vie pour les Juifs soviétiques, et qui l’a fait par grand amour pour Israël », a déclaré Ben Gvir en faisant l’éloge du fondateur du mouvement Kach, fondé par Kahane, qui figure sur la liste noire des groupes terroristes aux États-Unis et en Israël.

Kahane s’est prononcé contre la coexistence des Juifs avec les Arabes, qu’il considérait comme un « cancer », et a demandé qu’ils soient expulsés de l’État d’Israël. Il a été élu à la Knesset en 1984, mais les membres de la Knesset, toutes tendances confondues, quittaient la salle lorsqu’il prenait la parole et son parti, le Kach, a ensuite été interdit par la Knesset pour cause de racisme ; il n’a donc pas pu se représenter aux élections de 1988. Il a été assassiné en 1990 à New York par un Américain d’origine égyptienne.

Le député Meir Kahane, (au centre avec la barbe), vote pendant la première session de la Knesset à Jérusalem, le 13 août 1984. (AP Photo/Anat Givon)

Ces dernières années, Ben Gvir a cherché à se distancier de Kahane, affirmant qu’il n’allait pas aussi loin que son mentor spirituel et qu’il ne soutenait que l’expulsion des Arabes « déloyaux », tandis que ceux qui jurent fidélité à l’État juif peuvent être autorisés à rester.

Ben Gvir est figure en troisième positition sur liste d’extrême droite du Parti sioniste religieux, qui a réussi à entrer à la Knesset grâce à une fusion orchestrée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu entre le parti de l’Union nationale de Bezalel Smotrich, le parti néo-kahaniste Otzma Yehudit et le parti anti-LGBT Noam.

Le leader du Parti sioniste religieux Bezalel Smotrich (à gauche) et le candidat Itamar Ben Gvir à la soirée électoral au siège du parti à Modiin le 23 mars 2021. (Sraya Diamant/Flash90)

Le législateur d’extrême droite a ensuite critiqué les anciens hauts fonctionnaires du bureau du procureur général, Shai Nitzan et Talia Sasson, pour avoir déposé « 53 inculpations infondées et délirantes » contre lui. Ben Gvir a mis en exergue le fait que tous ces actes d’accusation, sauf sept, ont été abandonnés. Ce militant d’extrême droite a été condamné pour incitation à la violence et soutien à une organisation terroriste dans ses jeunes années avant de devenir un avocat connu pour avoir défendu des juifs ultranationalistes accusés d’avoir commis des crimes haineux et des attaques terroristes contre des Palestiniens.

« Dans un pays normal, ces mêmes avocats auraient été renvoyés chez eux, mais en Israël, ce duo a été autorisé à diriger le pays », a déclaré Ben Gvir à propos de Nitzan et Sasson.

Le député fraichement élu a déclaré qu’il s’efforcerait de réformer le système juridique, notamment en donnant à la Knesset plus de pouvoir sur la nomination des juges, en adoptant une loi permettant à la Knesset d’annuler les décisions de la Cour suprême de justice et en répartissant certains des pouvoirs du procureur général entre d’autres fonctionnaires du ministère de la Justice.

Ben Gvir a également promis de lutter contre la reconnaissance du mouvement réformé en Israël ; en faveur des soldats de Tsahal accusés d’avoir fait un usage excessif de la force contre des Palestiniens ; en faveur des résidents du sud qui, selon lui, souffrent depuis longtemps de la criminalité bédouine, des tirs de roquettes du Hamas et de la négligence du gouvernement ; en faveur de la minorité haredi, qui, selon lui, est devenue un punching-ball sociétal ; en faveur des Juifs qui désirent prier sur le Mont du Temple, où cette pratique est actuellement interdite ; et en faveur des résidents israéliens du sud de Tel Aviv, qui, selon lui, ont souffert de l’afflux de demandeurs d’asile africains.

Plus tôt dans la journée de lundi, M. Smotrich, chef du Parti sioniste religieux de Ben Gvir, a déclaré que les Arabes israéliens étaient des citoyens d’Israël « pour le moment« .

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