Jack Lang, président de l’IMA, interpellé pour son soutien à Houria Bouteldja
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Jack Lang, président de l’IMA, interpellé pour son soutien à Houria Bouteldja

Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes publics, a réagi à la polémique autour d'Houria Bouteldja, qui a déclaré qu'on ne "pouvait pas être Israélien innocemment"

Houria Bouteldja, alors porte-parole du parti des Indigènes de la République, dans l’émission Ce soir (ou jamais !) sur France 2 en mars 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube / Ce soir ou jamais)
Houria Bouteldja, alors porte-parole du parti des Indigènes de la République, dans l’émission Ce soir (ou jamais !) sur France 2 en mars 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube / Ce soir ou jamais)

Dimanche, Olivier Dussopt, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, chargé des Comptes publics, a réagi à la récente polémique autour d’un texte de la militante Houria Bouteldja, salariée de l’Institut du Monde arabe.

« Chacune des déclarations d’Houria Bouteldja sont abjectes et donnent la nausée. C’est le contraire de mon engagement politique », a-t-il déclaré face à Frédéric Haziza au micro de Radio J.

« Je renvoie Jack Lang à sa responsabilité de président de l’IMA […]. Il faut toujours faire attention au droit du travail, [mais] je ne serais pas heureux de l’avoir [Houria Bouteldja] dans mes équipes », a ajouté le ministre.

Houria Bouteldja, ex-porte-parole du parti des Indigènes de la République et salariée de l’Institut du monde arabe, a publié le 24 décembre dernier sur son blog Mediapart un texte depuis dépublié car ne « respectant pas la Charte de participation ».

Dans celui-ci, elle réagissait aux insultes antisémites dont a fait l’objet Miss Provence lors de la dernière élection de Miss France, écrivant notamment qu’on « ne peut pas être Israélien innocemment ».

Outre Olivier Dussopt, de nombreux responsables associatifs, communautaires et des internautes ont réagi, faisant part de leur effroi. La Licra a indiqué qu’elle « examinait l’opportunité de saisir la justice du texte d’Houria Bouteldja. Car, à supposer l’infraction pénale établie, on ne peut pas être antisémite innocemment ».

L’avocat Gilles-William Goldnadel, président d’Avocats Sans Frontières, a lui aussi annoncé sa volonté de saisir la justice contre Houria Bouteldja.

Après un bref appel du magazine Marianne à Jack Lang, lors duquel celui-ci a affirmé qu’il n’avait « aucun problème » avec Bouteldja, qu’elle respectait « absolument le droit du travail », Francis Kalifat, président du CRIF, a accusé : « Jack Lang, vous vous réfugiez derrière le droit du travail pour justifier votre absence de réaction aux propos antisémites d’Houria Bouteldja. Peut-être que la morale vous donnera l’opportunité d’une réaction et imposera le retrait de son livre Les Blancs, les Juifs et nous ? »

Dans ce livre, au titre racialiste assumé, vendue à la boutique de l’IMA, Bouteldja professait notamment : « J’appartiens à ma famille, à mon clan, à mon quartier, à ma race, à l’Algérie, à l’islam. » Elle disait également voir l’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad comme un « héros » après qu’il a nié à la tribune de l’ONU qu’il y avait des homosexuels en Iran, et dénonçait le traitement de la Shoah dans les écoles françaises, se disant avoir été « bien dressée » à pleurer Anne Frank et à « abhorrer [Adolf Hitler], l’homme de la solution finale, l’homme du judéocide ».

Parmi d’autres saillies extrêmes, Houria Bouteldja a écrit : « Mohammed Merah c’est moi et moi je suis lui. Nous sommes de la même origine et surtout de la même condition. Nous sommes des sujets postcoloniaux. Nous sommes des indigènes de la république… Je dis ce soir, je suis musulmane fondamentale. »

Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad, Jonathan, Gabriel et Aryeh Sandler, Myriam Monsonégo ont été tués entre le 11 et le 19 mars 2012 par Mohamed Merah, à Montauban et Toulouse.

Ou encore : « Les Juifs sont les boucliers, les tirailleurs de la politique impérialiste française et de sa politique islamophobe. »

Au sujet de son texte du 24 décembre pour son blog Mediapart, Houria Bouteldja a depuis écrit qu’il avait été indûment interprété comme antisémite par les « instigateurs du bad buzz qui ne perdent aucune occasion d’empoisonner le débat », et qu’il s’agissait en fait « d’une contribution à la lutte contre le colonialisme mais aussi contre l’antisémitisme ».

« La citation incriminée de mon texte n’est qu’une paraphrase d’Aimé Césaire : ‘nul ne colonise innocemment’ = ‘on ne peut pas coloniser innocemment’ = ‘on ne peut pas être Israélien innocemment’ », se défend-elle, ajoutant que « cette ‘non innocence’ n’est pas le fait des seuls Israéliens. Elle s’étend à tout État impérialiste », dont la France. « Ainsi, je peux tout aussi bien écrire : ‘aucun Français n’est innocent’, à commencer par moi », écrit-elle.

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