Jean-Luc Mélenchon accusé de colporter des clichés antisémites
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Jean-Luc Mélenchon accusé de colporter des clichés antisémites

Le député LFI a affirmé que Jésus avait été tué par ses "propres compatriotes", un vieux poncif considéré comme l’un des mythes fondateurs de l’antisémitisme

Jean-Luc Mélenchon ce mercredi matin, invité de l'émission "Bourdin Direct" diffusée sur BFMTV et la radio RMC. (Crédit : capture d’écran BFMTV)
Jean-Luc Mélenchon ce mercredi matin, invité de l'émission "Bourdin Direct" diffusée sur BFMTV et la radio RMC. (Crédit : capture d’écran BFMTV)

Mercredi matin, Jean-Luc Mélenchon était l’invité de l’émission « Bourdin Direct » diffusée sur BFMTV et la radio RMC, animée par la journaliste Apolline de Malherbe.

À la question (à 21mn35 dans la vidéo ci-dessous) « Les forces de l’ordre doivent-elles être comme Jésus sur la croix qui ne réplique pas ? », le député La France insoumise a répondu : « Je ne sais pas si Jésus était sur la croix. Je sais qui l’y a mis, parait-il, ce sont ses propres compatriotes. »

Le responsable de gauche a aussitôt été accusé sur les réseaux sociaux de répandre des clichés antisémites.

Plusieurs responsables communautaires ont également commenté ses propos.

« On est habitués des provocations avec Jean-Luc Mélenchon », a commenté Francis Kalifat, président du CRIF, à l’antenne de la chaine i24. « On pensait que ce vieux poncif antisémite de peuple déicide était derrière nous. Non, c’est sans compter avec Jean-Luc Mélenchon qui relance le concept à travers une déclaration où il accuse les ‘compatriotes’ de Jésus de l’avoir crucifié. C’est du Mélenchon dans le texte et je crois qu’il faut aller au-delà de la provocation. M. Mélenchon a franchi une nouvelle limite. »

« Mélenchon : à l’antisionisme d’aujourd’hui s’ajoute l’antisémitisme d’hier », a écrit sur Twitter l’avocat Arno Klarsfeld.

L’avocat Gilles-William Goldnadel a lui qualifié cette sortie de « dernière folie ». « Ainsi l’accusation du peuple déicide est reprise à l’instar de son mentor Chavez. Les Romains blanchis et Vatican II annulé. Bolchofascisme fou », a-t-il ajouté.

« Non Jean-Luc Mélenchon ! Un peu d’histoire : Jésus-Christ fut condamné à la mort par crucifixion par le préfet romain Ponce Pilate, pas par ses compatriotes juifs ! La tentation était peut-être trop forte de recycler le bon vieux poncif antisémite du peuple déicide », a quant à lui posté sur Twitter le député Meyer Habib, qui avait déjà par le passé accusé son collègue député d’antisémitisme.

« Non, il n’entretient aucune ambiguïté avec l’antisémitisme. Les Juifs auraient donc tué Jésus. Rien de neuf sous le soleil », a réagi Sacha Ghozlan, l’ancien président de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF).

L’accusation de peuple déicide à l’encontre des Juifs est considérée comme l’un des mythes fondateurs de l’antisémitisme, à l’origine d’incitations à la violence de Chrétiens contre les Juifs au fil de l’histoire.

Le concile Vatican II a mis fin aux accusations de déicide en 1965.

Dans sa déclaration Nostra Ætate sur les relations de l’Église catholique avec les religions non chrétiennes, il est indiqué : « Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ, ce qui a été commis durant sa Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. »

Ce jeudi, au lendemain de sa saillie sur RMC, Jean-Luc Mélenchon a rendu hommage sur Twitter aux Juifs déportés lors de la rafle du Vel d’Hiv en 1942.

« Sinistre anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv », a-t-il écrit. « La police française obéissant sans discuter aux ordres des pétainistes arrête 13 000 personnes juives en vue de leur déportation dans les camps d’extermination. Une poignée seulement survivra. Honte ineffaçable, crime imprescriptible. »

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