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Les victimes du 7 octobre

Kim Dukarker, 22 ans : Policière en repos qui est restée pour son amie

Assassinée alors qu'elle tentait de fuir le festival de musique Supernova le 7 octobre dernier

Kim Dukarker, de la Police des frontières. (Crédit : Autorisation)
Kim Dukarker, de la Police des frontières. (Crédit : Autorisation)

L’inspectrice Kim Dukarker, une agente de la Police des frontières de 22 ans qui n’était pas en service, a été assassinée par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre alors qu’elle tentait de s’enfuir du festival de musique Supernova.

Kim, une résidente de Yavne, laisse derrière elle ses parents et ses deux jeunes frères. Ses funérailles ont eu lieu le 12 octobre.

Une page Instagram créée à la mémoire de Kim montre des instants de sa vie : en uniforme militaire, ses cheveux noirs raides attachés en queue de cheval ; lors d’un entraînement sur le terrain ; chantant et faisant la fête avec des amis ; vêtue d’une fleur rose, le regard pensif de ses grands yeux verts tournés vers le futur ; en robe de soirée turquoise sans manches, les cheveux attachés en chignon ; habillée comme un papillon et entourée de papillons à une soirée.

Kim « excellait dans tout ce qu’elle faisait » et était un « modèle » pour beaucoup de ceux qui la connaissaient, a indiqué son père Israel dans une interview. Elle était déterminée à devenir officier, à progresser dans sa carrière et à apporter une contribution significative à son pays.

Alors qu’elle était hors service, Kim s’est rendue à la rave-party avec deux amies proches, Neta David et Raz Mizrahi. Lorsque les sirènes de roquettes ont retenti, elles ont fui les lieux du festival en direction du kibboutz Beeri, où elles se sont réfugiées dans un abri anti-bombes, sans se douter que le kibboutz et tout le secteur avaient également été infiltrés par des terroristes.

Kim et Raz ont toutes deux été assassinées par des terroristes qui ont lancé six grenades dans l’abri où elles s’étaient réfugiées avec d’autres festivaliers.

Son amie Raz, qui avait survécu à un attentat à la voiture piégée à Jérusalem-Est en 2021, souffrait de stress post-traumatique et était terrifiée. Elle refusait de quitter l’abri, alors même que des coups de feu retentissaient à l’extérieur et que les trois amies commençaient à réaliser que leur abri risquait de se transformer en piège mortel. Neta a supplié ses amies de sortir, mais Kim a déclaré qu’elle ne pouvait pas abandonner Raz, qui tremblait.

Les laissant là, avec une quarantaine d’autres personnes, Neta a arrêté une voiture qui passait, elle a sauté dans le véhicule au moment où des coups de feu éclataient et a réussi à s’échapper, alors même que le conducteur et d’autres passagers avaient été blessés par les balles. Ils ont par la suite dû abandonner la voiture endommagée et se mettre à l’abri avant de quitter la zone à haut risque.

Pendant ce temps, des terroristes du Hamas se sont approchés de l’abri dans lequel Kim et Raz s’étaient cachées. Ils ont lancé six grenades dans l’abri avant de le cribler de balles.

Kim était en contact avec sa mère et ses collègues de la police depuis 6h30 ce matin-là, lorsque les alarmes de roquettes ont retenti. Elle leur a dit où elle se trouvait et leur a demandé d’envoyer une équipe de secours. À 7h58, elle a envoyé un SMS à son petit ami Lidor Oshri – « Imaleh », a-t-elle écrit – ce qui signifie « Maman », un terme utilisé lorsque l’on a peur. Elle a également envoyé un message à sa mère pour lui dire qu’on leur tirait dessus. C’est le dernier message qu’elle a envoyé.

Pressé par la mère de Kim, son père, Israel, a parcouru les hôpitaux et le camp de Shura, transformé en morgue où les cadavres étaient identifiés, à la recherche de nouvelles de Kim. Le troisième jour, toujours sans nouvelles, il est parti avec quelques amis dans la zone de conflit pour retrouver sa fille, en utilisant la localisation de son téléphone portable, traversant Netivot et les champs.

En chemin, ils ont été arrêtés et interrogés par des soldats. « Je leur ai dit que j’étais un père et que je voulais retrouver ma fille », dit Israel dans l’interview. Les soldats les ont autorisés à poursuivre leur chemin. « Ils m’ont dit ‘vas-y, et cherche' », ajoute-t-il, précisant que les soldats lui avaient dit qu’ils n’étaient pas là pour trouver des personnes blessées ou tuées, mais pour s’occuper des terroristes.

Lorsqu’ils sont arrivés à l’abri, ils ont trouvé des restes de corps (les corps avaient déjà été emmenés à la morgue) et des morceaux du téléphone portable de Kim. Mais pas de Kim. Pendant deux jours, ils ont fouillé la région, criant son nom dans les champs, espérant qu’elle soit cachée ou blessée quelque part. Chaque soir, ils rentraient chez eux en pleurant, pour revenir le lendemain matin avec un espoir renouvelé et poursuivre leurs recherches.

Mercredi à 18 heures, après cinq jours d’incertitude et d’angoisse, ils ont reçu un appel du camp Shura les informant que le corps de Kim avait été identifié, a raconté Israel dans l’interview.

« Je ne cesse de me demander ce qui l’a poussée à renoncer à sa vie et à entrer dans ce piège qu’était le refuge… c’était un piège », a déclaré Israel, dont les yeux verts rappellent ceux de Kim. « Je suppose que c’était l’amitié. L’amitié. Elle ne pouvait pas faire face à une réalité… où on abandonne ses amis. » « Une très grande partie de la vie de notre famille nous a été enlevée », ajoute-t-il.

Meshi Yakovian, la cousine de Kim, interviewée par la Quatorzième chaine, l’a décrite comme une « fille extraordinaire, une guerrière… elle était courageuse, toujours la plus généreuse, la plus gentille… elle a choisi l’amitié jusqu’au dernier moment », a-t-elle déclaré.

Elles ont grandi ensemble, célébré les fêtes et les événements juifs ensemble, comme deux sœurs, a expliqué Yakovian. Kim, a-t-elle ajouté, était allée à la rave Supernova pour s’amuser et danser, et « elle n’est pas revenue. Et cela fait mal. C’est très difficile ».

« Notre famille n’est pas très grande », a-t-elle ajouté, « perdre un membre, c’est perdre tout un monde… Nous essayons de nous entraider, les uns pour les autres ; nous n’y parvenons pas toujours… mais nous essayons ».

Sa famille a collecté des fonds pour offrir un rouleau de Torah en son nom.

« Ma Kim était un ange vivant, ma première compagne et mon plus grand amour, je ne sais pas comment souffrir et je n’ai plus de larmes. Je veux juste qu’elle soit fière de moi depuis le ciel », a écrit son petit ami Lidor sur Instagram.

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