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La 4e dose de vaccin déterminante pour les seniors face à Omicron – étude

Des recherches préliminaires de la Clalit montrent qu'un Israélien de plus de 60 ans vacciné est mort pour cinq non-vaccinés dans la même catégorie d'âge

Un Israélien reçoit une quatrième dose de vaccin contre la COVID-19 à Modiin, le 6 janvier 2022. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)
Un Israélien reçoit une quatrième dose de vaccin contre la COVID-19 à Modiin, le 6 janvier 2022. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Une nouvelle recherche israélienne indique que l’administration d’une quatrième dose de vaccin Pfizer-BioNtech contre le coronavirus a significativement fait baisser le nombre de morts chez les Israéliens âgés de plus de 60 ans pendant la vague du variant Omicron.

Cela soulève également la question du nombre de vies qui auraient pu être sauvées dans le monde, les pays n’ayant adopté que lentement le principe d’une quatrième dose.

Les Israéliens qui ont bénéficié d’une quatrième injection en plus des trois premières ont connu une réduction du risque de mortalité des suites de complications de la COVID-19 de 78 %, selon la caisse d’assurance-maladie de la Clalit et le Sapir College.

Un calcul effectué en examinant le taux de décès parmi les Israéliens âgés de 60 ans et plus ayant reçu leur troisième dose de vaccin depuis au moins quatre mois et sur une période de quarante jours, pendant la vague Omicron. Pour cinq personnes décédées des suites du coronavirus qui n’avaient pas bénéficié d’une quatrième dose, un seul décès a été enregistré chez les personnes qui avaient reçu une quatrième injection de vaccin.

Cette étude, qui a été publiée sur Internet mais qui n’a pas encore été soumise à un comité de lecture, survient trois mois après qu’Israël a pris un risque à l’international en adoptant le principe d’une seconde piqûre de rappel pour les seniors, pour les Israéliens les plus vulnérables face à la maladie et pour les employés du secteur médical.

Les autres pays ont choisi de ne pas encore lancer leur nouvelle campagne de rappel – aux États-Unis, elle doit commencer bientôt – ou ils n’ont décidé de le faire que récemment, comme c’est le cas au Royaume-Uni. L’Organisation mondiale de la Santé, de son côté, s’est opposée avec force à la troisième et à la quatrième injection jusqu’à il y a trois semaines. Elle elle a finalement réexaminé son positionnement et estimé que les rappels étaient nécessaires.

Cette nouvelle étude offre un point de vue beaucoup plus optimiste sur l’impact de la quatrième dose que celui qui avait pu être apporté par des recherches récentes menées dans le plus grand hôpital de l’État juif. L’étude s’était focalisée sur les catégories plus jeunes de la population, s’intéressant principalement à l’infection et à la maladie plutôt qu’aux décès conséquents. Les experts étaient dans l’attente de recherches consacrées aux personnes âgées et au taux de mortalité constaté après un deuxième rappel.

L’étude de la Clalit se concentre sur ces sujets et elle comprend les données anonymisées de 563 465 Israéliens âgés de 60 ans et plus, dont 58 % ont bénéficié d’un second rappel. Après avoir intégré les données sur la mortalité sur la période examinée et les avoir ajustées selon la démographie et les éventuelles comorbidités, les scientifiques ont découvert une réduction spectaculaire du nombre de décès parmi les Israéliens âgés ayant reçu une quatrième dose.

« Cette étude montre une réduction substantielle de la mortalité des suites de la COVID-19 grâce à l’administration d’une quatrième dose chez les sujets qui y avaient droit », écrivent les auteurs.

Une infirmière se prépare à administrer une dose du vaccin COVID-19 dans un centre des services de santé Clalit à Katzrin, sur les hauteurs du Golan, le 9 janvier 2022. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Concernant la politique mise en œuvre à travers le monde concernant cette deuxième injection de rappel, Ronen Arbel, universitaire du Sapir College qui est chercheur en résultats cliniques à la Clalit et qui est également le principal auteur de l’étude, note que « l’administration de la deuxième injection de rappel est encore hautement controversée, en particulier en raison du manque de preuve de son efficacité et de préoccupations majeures concernant l’inégalité dans le monde en termes d’accès au vaccin ».

Mais l’étude « pourrait bien fournir des preuves essentielles concernant le potentiel vital d’une quatrième dose de vaccin », ajoute-t-il.

S’exprimant auprès du Times of Israël, Arbel a refusé de spéculer sur le nombre de morts entraînées par la vague Omicron dans le monde qui auraient pu être évitées grâce à la deuxième injection de rappel.

Il note toutefois que « des centaines de vies » auraient pu être sauvées au sein de l’État juif seulement si les personnes âgées qui n’ont pas bénéficié d’une quatrième dose étaient allés se faire vacciner à nouveau.

Photo d’illustration : Un employé des pompes funèbres emmène le corps d’un patient décédé du coronavirus, le 28 janvier 2021. (Crédit : Gili Yaari / Flash90)

Arbel explique que l’étude transmet un message immédiat aux seniors en Israël. « Si vous avez plus de 60 ans et que vous avez bénéficié d’une première injection de rappel il y a quatre mois ou plus, vous devez aller vous faire injecter une quatrième dose », explique-t-il.

L’impact de ce rappel est apparu de manière très claire dans toutes les catégories d’âge des populations de plus de 60 ans.

Parmi les participants à la recherche âgés de 60 à 69 ans, il y a eu cinq morts du côté des 111 776 personnes qui avaient reçu une quatrième injection. D’un autre côté, parmi les 123 786 personnes qui n’avaient pas bénéficié de ce deuxième rappel, il y a eu 32 morts.

Dans la population des 70 à 79 ans, il y a eu 22 décès parmi les 134 656 personnes ayant bénéficié d’une quatrième dose et 51 morts dans l’échantillon bien moins important de 74 717 personnes qui n’avaient pas reçu le second rappel.

Chez les Israéliens âgés de 80 à 100 ans, il y a eu 65 morts chez les 82 165 personnes qui n’avaient pas bénéficié d’une seconde injection de rappel et 149 décès parmi les 36 365 Israéliens qui n’avaient pas eu de quatrième dose.

Arbel déclare que « les recherches menées à l’hôpital Sheba ont suggéré que la quatrième dose n’était pas vraiment efficace dans la prévention de l’infection mais ce n’est finalement pas ce qui est en jeu ici – le jeu, ici, c’est de réduire le nombre de morts et à ce point de vue, le deuxième rappel est réellement efficace ».

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