La chanteuse-compositrice juive Jewlia Eisenberg décède à 50 ans
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La chanteuse-compositrice juive Jewlia Eisenberg décède à 50 ans

La leader du groupe Charming Hostess était une figure incontournable des scènes musicales avant-gardistes et expérimentales de San Francisco et de New York depuis les années 1990

Jewlia Eisenberg (Crédit : Charming Hostess via JTA)
Jewlia Eisenberg (Crédit : Charming Hostess via JTA)

JTA – Jewlia Eisenberg, qui est devenue une star improbable en créant des airs entraînants inspirés en partie par des traditions poétiques et intellectuelles obscures, est décédée des suites d’une maladie auto-immune rare. Elle avait 50 ans.

Première chanteuse du groupe Charming Hostess, Eisenberg était une figure incontournable des scènes musicales avant-gardistes et expérimentales de la baie de San Francisco et de New York depuis les années 1990. Sa musique explore souvent les thèmes et l’esthétique juifs au sein d’un genre qu’elle a elle-même inventé et qu’elle a baptisé nerdy-sexy-commie-girly music.

La musique de Charming Hostess puise dans des influences telles que le blues, les danses folkloriques des Balkans et le piyyout sépharade, une poésie liturgique. Un premier album intitulé « Trilectic » emprunte à la philosophie de Walter Benjamin. « Trilectic » a été suivi par « Sarajevo Blues », un enregistrement construit autour de textes du poète bosniaque Semezdin Mehmedinovic.

Selon une critique de « Sarajevo Blues » parue en 2005 dans le Boston Phoenix, Eisenberg a été confrontée à une partie importante de son identité à la suite d’un voyage en Bulgarie et en Roumanie où elle a documenté les traditions musicales locales.

« J’ai réalisé que je ne voulais pas être une ethnomusicologue, mais une rock star », aurait-elle déclaré.

À en juger par l’effusion de chagrin à l’annonce de sa mort, Eisenberg a réussi. Pour d’innombrables fans et amis, elle est devenue l’incarnation de la capacité humaine de compassion et de créativité. Presque tous les hommages rendus ont reconnu en elle à la fois une artiste et une véritable radicale politique engagée dans la poursuite du tikkun olam (« réparation du monde ») par le biais de rites et de la construction de communautés.

« Elle a toujours été une présence féroce et chaleureuse, et une antifasciste bien avant que le mot antifa ne soit mentionné à la télévision », a déclaré Blake Eskin, ami d’Eisenberg depuis leur enfance à New York.

Eisenberg, qui est décédée la semaine dernière, a grandi dans la communauté très soudée de Starrett City, à Brooklyn. Elle a reçu une éducation laïque dans un environnement qui n’avait de juif que les valeurs de justice sociale.

Plus tard, elle a étudié la musique et l’histoire à l’université de Californie, à Berkeley, et c’est dans la région de San Francisco qu’elle a adopté une identité juive plus explicite, modifiant l’orthographe de son prénom pour signaler cette identité.

« Elle n’était pas seulement une grande musicienne, elle voulait nous apprendre à chanter », a déclaré Eskin. « Elle aimait inclure les gens dans sa musique. Elle voyait la musique comme la clé de la communauté, que ce soit dans le mouvement syndical ou les rassemblements juifs. »

Elle a passé les derniers moments de sa vie entourée de son épouse, AnMarie Rodgers, de sa mère, Anne, et de ses amis proches.

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