La chef de Meretz : l’État « vire au fascisme »
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La chef de Meretz : l’État « vire au fascisme »

Gal-on accuse Bennett de "déclarer la guerre" aux valeurs israéliennes ; Des élus critiquent un manuel scolaire qui présente "plus le judaïsme et moins la démocratie"

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

La dirigeante du parti Meretz, la députée Zahava Gal-On, 2011. (Crédit : Abir Sultan/Flash 90)
La dirigeante du parti Meretz, la députée Zahava Gal-On, 2011. (Crédit : Abir Sultan/Flash 90)

Plusieurs députés de gauche ont critiqué mardi un nouvel manuel civique pour les lycéens, expliquant que, sous la conduite du ministre de l’Education Naftali Bennett du parti HaBayit HaYehudi, le programme obligatoire mettait en avant l’identité juive d’Israël tout en minimisant son caractère démocratique.

Le député de l’Union sioniste Micky Rosenthal a estimé que le livre contenait « plus de judaïsme, moins de démocratie ».

Le Comité d’Education de la Knesset a tenu une session mardi pour débattre du nouveau manuel qui sera enseigné dans les écoles arabes et juives, et doit être publié dans les semaines à venir. (Le Times of Israel n’a pas revu le contenu du manuel).

La chef du parti de gauche Meretz, Zahava Gal-on, a déclaré que le livre « efface le caractère démocratique d’Israël et ne le réduit qu’à son identité juive ».

Elle a affirmé que des « sujets comme les droits des minorités étaient limités et effacés dans la nouvelle édition, [et] il y a une distinction faite entre les ‘mauvais’ et les ‘bons Arabes’ qui sont loyaux et servent dans l’armée israélienne ».

Gal-on a aussi évoqué la question du début du livre. Elle affirme que l’on a remplacé un extrait de la Déclaration d’Indépendance par une prière en hébreu et une note sur la tradition juive de casser un verre lors d’un mariage en commémoration de la destruction des deux Temples juifs de Jérusalem.

« Amis, nous sommes attaqués », a-t-elle continué en notant que la récente campagne de l’organisation Im Tirzu qui accuse les groupes défendant les droits de l’homme d’être des agents étrangers « taupes », tout comme ce qu’elle a qualifié de « l’incitation effrayante que le gouvernement mène contre des groupes des droits de l’homme ».

« Un autre front, plus tranquille et beaucoup plus dangereux, est la corruption morale du ministère de l’Education et la déclaration de guerre contre tout ce en quoi nous croyons, le pluralisme, la laïcité, les droits égaux pour les citoyens, la liberté de culte et la liberté de conscience », a-t-il déclaré.

L’Etat d’Israël « vire au fascisme », a attaqué Gal-on.

« C’est devenu un endroit où il n’y a pas de place pour ceux qui ne sont pas d’accord avec la vision messianique, religieuse et nationaliste de Bennett et sa suite… Il est impératif de voir que nous sommes en guerre pour l’état, le ministère de l’Education, le futur de nos enfants, leur foyer, le nôtre. Et nous ne pouvons pas perdre ».

Le député Rosenthal a qualifié Bennett de « rédacteur » du manuel. « Celui dont on retrouve l’esprit à travers tout le livre est le ministre de l’Education Bennett, et particulièrement les figures anti-démocratiques dans son parti, HaBayit HaYehudi », a-t-il déclaré.

Rosenthal a dit que les auteurs de plusieurs des chapitres ont retiré leurs textes du livre en protestation, et plusieurs membres du comité en charge de superviser le manuel civique ont démissionné.

« La majorité des experts académiques dans le domaine civique fulminent et affirment que leurs points de vue sur les problèmes du livre ont été ignorées », a-t-il déclaré.

A la suite du débat à la Knesset, le comité a appelé le ministère de l’Education à revoir le manuel avant la publication prévue dans six semaines. Mais le ministère de l’Education a annoncé mardi soir qu’il avait approuvé le livre pour la publication, même s’il soulignait que les écoles seraient capables d’enseigner les droits civiques en se basant sur ce manuel, ou deux autres, au choix.

Le ministère a également rejeté la déclaration de Gal-on affirmant que le livre ne commence pas par la Déclaration d’Indépendance.

En 2012, le ministère de l’Education a retiré un manuel civique des classes après avoir trouvé qu’il contenait des erreurs factuelles et des commentaires désobligeants sur les immigrés issus de l’Ex-URSS.

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