La commission électorale fustige les soupçons émis par HaYamin HaHadash
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La commission électorale fustige les soupçons émis par HaYamin HaHadash

Le parti de Bennett et Shaked, à qui il manquait 1 461 voix pour faire son entrée à la Knesset, avait dénoncé des problèmes dans le comptage des bulletins spéciaux

Le ministre de l'Education Naftali Bennett (à droite) et la ministre de la Justice Ayelet Shaked arrivent à la première réunion du 34e gouvernement d'Israël, aux bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 15 mai 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de l'Education Naftali Bennett (à droite) et la ministre de la Justice Ayelet Shaked arrivent à la première réunion du 34e gouvernement d'Israël, aux bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 15 mai 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La commission centrale électorale a houspillé le parti HaYamin HaHadash dimanche, qui a manqué de peu une entrée à la Knesset lors du scrutin du 9 avril, pour avoir dénoncé à tort des « irrégularités » dans le décompte des voix.

La commission, qui supervise les élections dans le pays, a fait savoir dimanche qu’elle « souhaite clarifier qu’elle ne prenait pas à la légère les fausses allégations faites par HaYamin HaHadash, selon lesquelles des irrégularités sont survenues dans le comptage des bulletins à double-enveloppe ».

Ces fameux bulletins renferment les votes des personnes qui ne pouvaient pas se rendre dans leur bureau de vote local en raison de contraintes reconnues ou de leurs devoirs officiels, à savoir les soldats, les diplomates, les prisonniers, les personnes handicapées, les personnels hospitaliers et les patients hospitalisés. Ils exercent tous leur droit dans des isoloirs spéciaux mis en place à cet effet.

Dans son communiqué exceptionnellement sec de dimanche, la commission a déclaré qu’elle avait traité les inquiétudes du parti avec le plus grand sérieux, et lui avait donné accès à la base de données électorale et au processus de comptage.

« De façon exceptionnelle, au-delà du cadre permis par la loi, le président de la Commission centrale électorale Hanan Melcer a autorisé des représentants de HaYamin HaHadash à examiner les urnes des bulletins spéciaux. En outre, chaque réclamation émise par les représentants du parti, sous quelle que forme que ce soit, a été immédiatement étudiée » sans exiger que le parti passe pour cela par le processus de plainte requis », énonce le communiqué.

Et d’ajouter : « Ainsi, la commission regrette très sévèrement la propagation d’allégations erronées par HaYamin HaHadash selon lesquelles des irrégularités sont survenues dans le comptage des bulletins spéciaux, et l’absence de reconnaissance par le parti des efforts de la commission de lui donner accès à toutes les informations demandées ».

Dans les jours qui ont suivi le scrutin, lorsqu’il est clairement apparu que le parti de Naftali Bennett et Ayalet Shaked n’avait pas atteint le seuil d’éligibilité, ce dernier avait dit placer ses espoirs dans les votes des soldats.

La formation créé peu avant les élections a manqué de 1461 pour franchir le seuil d’éligibilité fixé à 3,25 %, synonyme d’entrée à la 21e Knesset.

Le juge Hanan Melcer, président de la Commission centrale électorale, et Orly Ades, directrice générale de la commission, le 21 février 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Des cadres de HaYamin HaHadash avaient laissé entendre dans les jours ayant suivi le scrutin que des milliers de bulletins spéciaux n’avaient pas été comptés par la commission.

Ces inquiétudes avaient été, par ailleurs, alimentées par des problèmes techniques ayant provoqué des écarts dans les calculs des voix : jeudi, le site de la commission indiquait que le parti avait franchi le seuil d’éligibilité, tandis que les officiels de la commission soutenaient le contraire.

La commission avait expliqué ultérieurement que des données erronées avaient été enregistrées dans ses ordinateurs, d’où la différence entre les résultats officiels et ceux publiés sur son site, tout en assurant que le décompte final du scrutin était correct.

Les préoccupations du parti se présentant comme la nouvelle droite ont peut-être également résulté du fait qu’aucun représentant de siège à la commission électorale, laquelle est composée de députés de la Knesset sortante et dirigée par un magistrat de la Cour suprême.

D’après des sources du parti et du Likud, le député David Bitan, le représentant du Likud à la commission, était constamment en contact téléphonique avec Ayelet Shaked lors du décompte des voix, faisant office de représentant de facto de HaYamin HaHadash.

Défenseur de longue date d’Ayelet Shaked, David Bitan a semblé confirmer les propos de ces sources dimanche, déclarant lors d’un entretien avec la radio de l’armée que le Premier ministre Benjamin Netanyahu lui « a demandé d’aider HaYamin HaHadash dans la commission centrale électorale à franchir le seuil ».

Les membres politiques de la commission ne sont pas impliqués dans le comptage des votes, mais ils peuvent exiger des recomptes là où ils pensent que des irrégularités et des différences se sont produites, un rôle que semble avoir assumé David Bitan pour le compte du parti déçu.

Le député du Likud David Bitan assiste à une réunion du comité à la Knesset le 5 février 2018. (Miriam Alster/Flash90)

Dans une autre interview accordée dimanche matin, David Bitan a également appelé à la nomination d’Ayelet Shaked à un poste de ministre dans le prochain gouvernement, bien qu’elle n’ait pas obtenu de siège à la Knesset.

Plusieurs partis, dont HaYamin HaHadash, Yahadout Hatorah, Meretz et d’autres sont entrés en contact avec la commission au sujet d’urnes mal traitées ou d’autres problèmes présumés dans un ou plusieurs des 10 000 bureaux de vote disponibles pour le scrutin.

La commission accepte les requêtes liées à des problèmes d’irrégularités jusqu’à mercredi, lorsqu’elle soumettra le décompte final au président Reuven Rivlin. Les partis peuvent faire appel de la décision de la commission auprès de la Cour administrative de Jérusalem jusqu’à la fin avril.

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