La cour reporte la démolition du domicile du terroriste de Barkan
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La cour reporte la démolition du domicile du terroriste de Barkan

Le juge a donné à l'Etat dix jours pour répondre aux proches d'Ashraf Naalowa, 23 ans, en fuite depuis l'assassinat de deux collègues, le mois dernier

Les soldats israéliens mènent un raid dans l'habitation de Ashraf Walid Suleiman Naalowa à Shuweika, village du nord de la Cisjordanie,  le 7 octobre 2018 (Crédit : Armée israélienne)
Les soldats israéliens mènent un raid dans l'habitation de Ashraf Walid Suleiman Naalowa à Shuweika, village du nord de la Cisjordanie, le 7 octobre 2018 (Crédit : Armée israélienne)

La haute-cour de justice a émis jeudi une injonction temporaire empêchant l’armée de démolir une partie du domicile familial d’un fugitif palestinien accusé d’avoir assassiné deux Israéliens lors d’un attentat terroriste, le mois dernier.

Un magistrat a donné à l’Etat 10 jours pour répondre à un appel déposé par la famille d’Ashraf Naalowa, 23 ans, réclamant que leur habitation située dans le village de Shuweika, en Cisjordanie, ne soit pas démolie. La cour a déclaré qu’un panel judiciaire entendrait l’appel dans les prochains jours et qu’une décision serait rendue avant le 22 novembre.

Naalowa est en fuite depuis qu’il a assassiné deux de ses collègues, Kim Levengrond Yehezkel et Ziv Hajbi, dans une usine de la zone industrielle de Barkan, le 7 octobre, dans le centre de la Cisjordanie.

Quelques jours après l’attaque, l’armée israélienne a émis un ordre de démolition pour la maison de Naalowa, maintenant la politique israélienne de démolition des habitations des terroristes palestiniens condamnés.

Dans la majorité des cas, les ordonnances de démolition sont émises après qu’un suspect a reconnu son crime ou qu’il a été condamné par le tribunal. Néanmoins, dans le cas de Naalowa, l’armée a pris la décision d’appliquer la sanction punitive dans la mesure où les services de sécurité du Shin Bet ont suffisamment de preuves contre lui, a noté le site d’information Ynet.

L’usine de la zone industrielle de Barkan où un ouvrier palestinien a tué deux Israéliens et en a blessé un troisième, le 7 octobre 2018. (Zaka)

La famille a une première fois fait appel de l’ordonnance de démolition devant l’armée mais ce dernier a été rejeté mardi, et les militaires ont réémis les ordonnances pour une partie de l’habitation.

Mercredi, les familles des victimes ont demandé des mesures de représailles plus sévères de la part d’Israël contre Naalowa et sa famille.

Lors d’un rassemblement de commémoration qui a eu lieu au complexe de Barkan, le père de Levengrond Yehezkel, Rafi, a demandé que Naalowa soit condamné à mort s’il devait être attrapé.

Kim Levengrond Yehezkel, 29 ans (à gauche) et Ziv Hajbi, 35 ans, tués dans un attentat terroriste dans la zone industrielle Barkan en Cisjordanie, le 7 octobre 2018 (Capture d’écran : Facebook)

Le frère de Hajbi, Tal, a critiqué l’armée pour la décision de ne démolir que le rez-de-chaussée et le sous-sol de l’habitation de Naalowa.

« Une démolition partielle de la maison des terroristes est inacceptable. La maison entière doit être rasée », a commenté Hajbi, et « la famille doit être expulsée ».

Selon la chaîne Hadashot, le ministère de la Défense a été en contact régulier avec les familles des victimes concernant la démolition de maison. La chaîne a fait savoir qu’un conseiller du ministre de la Défense Avigdor Liberman avait déclaré lors d’un entretien téléphonique à Rafi Yehezkel qu’il existait des contraintes légales mais que son patron œuvrait à les contourner.

Après l’émission de l’injonction, jeudi, Rafi Yehezkel a critiqué la cour et l’a accusée de « célébrer le sang de ma fille et humilier notre famille ». Le père en deuil a expliqué aux médias qu’il avait honte de vivre « dans un pays sans justice et sans compassion » et qu’il songeait à abandonner sa citoyenneté israélienne en signe de protestation.

Ashraf Walid Suleiman Naalowa, un Palestinien soupçonné d’avoir perpétré un attentat terroriste meurtrier le 7 octobre 2018 dans la zone industrielle de Barkan au nord de la Cisjordanie. (Autorisation)

Les soldats israéliens recherchent encore Naalowa, en fuite depuis l’assassinat de ses collègues, le 7 octobre.

Les militaires ont lancé une enquête sur l’attaque de Barkan pour déterminer, entre autres, comment l’arme est entrée dans le parc industriel et si le terroriste a eu l’intention de prendre en otage Levengrond Yehezkel, lui ayant ligoté les mains avant de la tuer.

Levengrond était secrétaire et Hajbi travaillait au service de comptabilité dans l’usine de l’Alon Group, dans le parc industriel. Naalowa était employé là-bas au poste d’électricien.

Plusieurs membres de la famille de Naalowa ont été arrêtés ou placés en détention suite à l’attentat. Les militaires israéliens ont émis une série d’avertissements en direction des Palestiniens de Cisjordanie, leur demandant de ne pas aider l’attaquant dans sa fuite.

Un responsable palestinien de la sécurité a confirmé au Times of Israël que les forces de sécurité de l’AP avaient apporté leur aide dans la recherche du terroriste.

(De gauche à droite) Le député Likud Oren Hazan, le président du conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, et des proches de Kim Levengrond Yehezkel et Ziv Hajbi, tués dans une attaque terroriste dans la zone industrielle de Barkan lors d’une marche à leur mémoire vers le site de l’attaque le 6 Novembre, 2018. (Conseil régional de Samarie)

Dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a donné le feu vert à l’avancée d’une loi controversée qui faciliterait la condamnation à la peine de mort à l’encontre de terroristes palestiniens reconnus coupables du meurtre de civils et de soldats.

Netanyahu aurait approuvé le texte contre l’avis de l’establishment sécuritaire. Selon la radio israélienne, Netanyahu a déclaré aux membres de sa coalition que l’opposition à la législation émanant du Shin Bet et de l’armée n’empêcherait pas l’avancée de cette législation.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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