La Cour Suprême appelle à restituer les corps d’attaquants palestiniens
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La Cour Suprême appelle à restituer les corps d’attaquants palestiniens

Selon des chiffres palestiniens, Israël détient les dépouilles de 18 attaquants tués ; la confiscation des corps fait polémique dans les rangs du gouvernement israélien

Des Palestiniens portent le corps d'Amjad Abu Omar Sakari, qui a été abattu pendant qu'il menait une attaque contre des soldats israéliens près de l'implantation de Beit El, pendant ses funérailles à Jamain, un village du sud de Naplouse, le 1er février 2016. (Crédit : AFP / JAAFAR ASHTIYEH)
Des Palestiniens portent le corps d'Amjad Abu Omar Sakari, qui a été abattu pendant qu'il menait une attaque contre des soldats israéliens près de l'implantation de Beit El, pendant ses funérailles à Jamain, un village du sud de Naplouse, le 1er février 2016. (Crédit : AFP / JAAFAR ASHTIYEH)

La Cour Suprême israélienne a appelé jeudi le gouvernement à permettre la restitution à leurs familles des corps des terroristes Palestiniens tués en menant des attaques anti-israéliennes, une décision allant à l’encontre d’une politique qui divise les Israéliens.

Les membres des familles de neuf Palestiniens avaient fait appel à la cour pour récupérer les corps, mais au cours de l’audience, le représentant de l’Etat a déclaré que les autorités avaient retiré leurs objections au retour des corps.

La plus haute juridiction israélienne a rendu publique une recommandation, qui n’est pas une décision contraignante, laissant au gouvernement la possibilité de l’ignorer au risque de s’attirer de nouvelles critiques.

Le président de la Cour Suprême, Elyakim Rubinstein, a enjoint « la police à se coordonner avec les familles afin de rendre les corps avant le Ramadan », le mois de jeûne dans le calendrier musulman qui commence début juin.

M. Rubinstein a appelé à ce que les corps soient sortis des chambres froides 48 heures avant d’être rendus, des familles s’étant plaintes de devoir attendre que la dépouille de leur proche décongèle avant de pouvoir l’enterrer.

L’organisation de défense des droits de l’Homme Adallah et Addameer avait saisi la plus haute juridiction au nom des familles d’attaquants palestiniens dont les corps sont toujours aux mains d’Israël, certains d’entre eux depuis plus de six mois.

Mardi, les autorités ont remis aux Palestiniens le corps d’un homme qui avait percuté et blessé trois soldats de Tsahal près de l’implantation de Cisjordanie Dolev plus tôt ce soir-là.

Certains des corps, qui seront retournés par étape, pourraient être rendus dès la semaine prochaine.

Selon le rite musulman, comme le rite juif, les corps doivent être enterrés le plus tôt possible après la mort.

Les familles palestiniennes estiment qu’il s’agit d’une mesure de vengeance des autorités israéliennes, qui a décuplé leur peine.

La mesure divise les dirigeants israéliens. Son principal promoteur, le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, soutient qu’elle permet d’éviter que les funérailles des attaquants tués ne se transforment en rassemblements incitant à la haine et qu’elle avait un effet dissuasif sur de potentielles attaques. Mais des responsables militaires la jugent contre-productive.

Ya’alon, soutenu par les recommandations de Tsahal et du Shin Bet, est opposé à cette politique, affirmant que la pratique entraîne une plus grande colère chez les Palestiniens et sape les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne qui travaillent avec Israël pour prévenir les attaques.

Selon des chiffres palestiniens, Israël détient les corps de 18 attaquants tués, 12 originaires de Jérusalem-Est, et les autres de Cisjordanie.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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