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La droite critique Michaeli pour l’inauguration d’une ligne de bus pendant Shabbat

Shlomo Karhi, député du Likud, a déclaré que la ministre des Transports a rejoint les rangs des "plus grands oppresseurs d'Israël"

Un bus Metronit à Haïfa. (Crédit : Wikimedia Commons/Nirvadel)
Un bus Metronit à Haïfa. (Crédit : Wikimedia Commons/Nirvadel)

La ministre des Transports, Merav Michaeli, a été confrontée à des réactions négatives de la part de législateurs de droite jeudi, suite à son projet de tenir une conférence de presse lors de l’inauguration d’une nouvelle ligne de Metronit, un système de transit rapide par bus (BRT), à Haïfa, pendant Shabbat.

Michaeli a déclaré aux médias qu’elle arriverait à l’hôpital Rambam de Haïfa à 11 heures samedi pour inaugurer officiellement la nouvelle ligne 5a Metronit, qui a commencé à circuler vendredi. La cheffe du parti Avoda se rendra ensuite au centre commercial BIG avec le bus de 11h15.

La nouvelle ligne relie de l’hôpital à l’intersection Yagur, connectant Haifa à la ville voisine de Nesher. Certaines lignes Metronit circulent durant Shabbat, ce qui est rare pour les transports publics en Israël.

« Je me demande si Merav Michaeli se positionne en future partenaire pour réguler les relations entre la religion et l’État par le biais d’accords généraux, ou si sa seule préoccupation est de contrarier ceux qui ne pensent pas comme elle », a tweeté l’ancien vice-ministre des Affaires religieuses Matan Kahana, en réponse à la décision de Michaeli.

Shlomo Karhi, député du Likud, a déclaré que Merav Michaeli revendique une « place au premier rang parmi les plus grands oppresseurs d’Israël depuis des temps immémoriaux », et est allé jusqu’à affirmer que son « âme est noire » pour avoir transgressé le Shabbat.

La ministre des Transports Merav Michaeli arrivant à la réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 18 septembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

En réponse aux commentaires sévères de Karhi, Michaeli a rappelé le silence du législateur du Likud au sujet de la voiture financée par l’État du chef de sa faction, Benjamin Netanyahu.

« Lorsque le chef de son parti circule chaque Shabbat dans une voiture financée par l’État – Karhi reste silencieux. Mais quand j’inaugure une nouvelle ligne de Metronit qui permet aux citoyens israéliens de sortir du siège [qu’ils subissent] le Shabbat – il devient fou. »

Son collègue Gilad Kariv a pris sa défense, qualifiant les remarques de Karhi de « calomnieuses ». Kariv s’est demandé si la prochaine étape ne serait pas un rituel de « Pulsa Dinura » – une malédiction de mort mystique que les Juifs orthodoxes extrémistes ont déployé dans le passé contre des politiciens qu’ils considéraient comme des ennemis.

Michaeli a récemment fait l’objet de critiques pour sa volonté de promouvoir les transports publics le jour du Shabbat. La semaine dernière, elle a annoncé qu’elle prévoyait de faire circuler le tramway, qui sera très prochainement en service, dans la région de Tel Aviv et ses environs pendant le Shabbat, à partir de l’année prochaine.

En Israël, les bus et les trains ne circulent généralement pas dans les villes à majorité juive le vendredi soir et le samedi jusqu’au coucher du soleil.

La nouvelle station souterraine Allenby de la « Ligne Rouge » à Tel Aviv, le 23 juin 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Cette pratique est née d’un accord conclu entre la communauté ultra-orthodoxe et le premier Premier ministre d’Israël, David Ben Gurion, avant la formation de l’État.

Cependant,  Haïfa a une population mixte juive et arabe, et les transports publics fonctionnent dans la ville depuis avant la création de l’État.

En 2019, la municipalité de Tel-Aviv avait lancé une initiative qui assurait le transport public pendant le Shabbat, offrant des services de minibus aux résidents de la ville et des environs.

Un sondage réalisé par le groupe de défense Hiddush dans le sillage de l’initiative de Tel Aviv a révélé que, parmi les Israéliens juifs, 71 % étaient en faveur des transports le week-end, dont 94 % qui se disent laïques.

Les autres groupes qui soutiennent la mesure sont les Juifs traditionnels qui se disent « pas si religieux », à 82 %, et les Juifs traditionnels « proches de la religion », à 59 %.

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