La femme entrée en Syrie dit aux enquêteurs qu’elle était « en quête d’aventure »
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La femme entrée en Syrie dit aux enquêteurs qu’elle était « en quête d’aventure »

La civile détenue par le régime syrien et qui a ensuite été rapatriée via Moscou ne regrette pas d'avoir franchi la frontière : La Syrie était pour moi une destination de voyage

La femme israélienne qui a pénétré en Syrie et qui a été rapatriée dans le cadre d'un accord négocié par la Russie, sur une photo diffusée par la Treizième chaîne, le 20 février 2021. (Capture d'écran de la Treizième chaîne)
La femme israélienne qui a pénétré en Syrie et qui a été rapatriée dans le cadre d'un accord négocié par la Russie, sur une photo diffusée par la Treizième chaîne, le 20 février 2021. (Capture d'écran de la Treizième chaîne)

La femme israélienne qui est entrée en Syrie il y a deux semaines, et qui a été rapatriée dans le cadre d’un accord obscur négocié par la Russie, aurait dit aux enquêteurs qu’elle « était en quête d’aventure » et n’a pas présenté d’excuses ni exprimé de regrets concernant son acte.

Le franchissement de la frontière par cette femme est devenu un incident international majeur. Son rapatriement a fait l’objet de plus d’une semaine de querelles diplomatiques et a coûté très cher.

Les enquêteurs du service de sécurité du Shin Bet ont mis fin à l’interrogatoire de la femme dimanche soir. La femme a ensuite été transférée en garde à vue et devrait être placée en résidence surveillée.

Les enquêteurs ont déterminé qu’elle n’a pas coopéré avec des entités ennemies en Syrie et examinent s’il faut l’inculper d’une quelconque infraction.

« J’étais en quête d’aventure, et je n’avais pas l’intention de rencontrer quelqu’un en particulier », a-t-elle déclaré aux enquêteurs selon la Douzième chaîne. « La Syrie était, pour moi, une destination de voyage comme une autre. »

La femme serait âgée d’une vingtaine d’années, originaire de la ville de Modiin Illit et parlerait couramment l’arabe.

Sa page Facebook montre qu’elle voyage souvent à l’intérieur d’Israël, y compris dans plusieurs régions arabes, et en Cisjordanie.

Un avant-poste militaire israélien sur le plateau du Golan est photographié depuis la ville syrienne de Quneitra, le 26 mars 2019. (Louai Beshara/AFP)

Dans un message, elle a écrit : « Je ne reconnais pas vos lignes, qu’elles soient vertes, bleues ou violettes, et même une ligne rouge ne m’arrêtera pas ».

La « Ligne verte » marque les frontières de 1967 entre Israël et la Cisjordanie, la « Ligne bleue » fait référence à la frontière délimitée par les Nations unies entre Israël et le Liban et la ligne de cessez-le-feu entre Israël et la Syrie est connue sous le nom de « Ligne violette ».

Dans un autre billet, elle a écrit : « Personne ne limitera mes mouvements ou ne bloquera l’air que je respire, même si je meurs demain ou dans la seconde qui suit. Jusqu’à mon dernier moment, je serai libre ».

Dans un autre : « Je suis l’éternelle nomade. Je me sens toujours chez moi dans mon lieu présent et étrangère dans mon lieu de naissance ».

Une de ses anciennes camarades de classe d’un internat de filles ultra-orthodoxe a déclaré à la Douzième chaîne que cette jeune femme était une personne optimiste et sociable.

« Je ne comprends pas comment elle s’est retrouvée dans cette situation », a déclaré l’ancienne camarade de classe.

L’aventure en Syrie n’a pas été le premier contact de la femme avec les frontières interdites.

Elle avait déjà été repérée par le Hezbollah à la frontière libanaise, selon un journaliste affilié au groupe terroriste.

Le journaliste Ali Choeib, de l’agence pro-Hezbollah Al-Manar, a déclaré que la femme avait été vue près de la frontière dans un 4×4 avec une vitre ouverte en octobre 2020.

Une photo publiée par un journaliste affilié au Hezbollah montre une femme israélienne regardant la frontière libanaise en octobre 2020. Le visage a été flouté par le « Times of Israel » pour dissimuler l’identité de la femme, conformément aux exigences de la censure. La photo n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante. (Ali Choeib via Twitter)

Selon les autorités israéliennes, elle a tenté à deux reprises d’entrer dans la bande de Gaza dirigée par le groupe terroriste du Hamas – une fois par voie terrestre et une fois sur un radeau de fortune – et une fois de passer en Jordanie. Les trois fois, elle a été arrêtée par l’armée ou la police.

La femme a été rapatriée en Israël vendredi grâce à un accord d’échange négocié par la Russie, deux semaines après avoir franchi la frontière syrienne. Les détails de l’affaire, y compris le nom et la photo de la femme, ont été censurés par les militaires.

Israël a libéré deux bergers syriens capturés du côté israélien de la frontière, et réduit la peine d’un prisonnier de sécurité de nationalité syrienne, dans ce qui a été largement considéré comme un accord d’échange. Israël a déclaré qu’il avait fait ces démarches comme un geste de bonne volonté.

La femme a atterri à l’aéroport international Ben Gurion sur un vol en provenance de Russie aux premières heures de vendredi matin.

Samedi soir, la Douzième et la Treizième chaîne ont publié plusieurs images floutées de la femme, pour éviter qu’elle ne soit identifiée.

Les photos, ainsi que les clips vidéo, pris sur sa page Facebook, montrent la femme en train de se promener dans la nature.

Selon un reportage de la Treizième chaîne, la femme souffre de « problèmes personnels », elle a été traitée avec douceur et n’a pas été interrogée de manière agressive pour son passage de la frontière.

La femme est entrée en Syrie le 2 février dans la région des contreforts du mont Hermon, une zone où les clôtures sont peu nombreuses et où la couverture des caméras de surveillance est irrégulière. On ne sait pas exactement comment elle a su que cet endroit était un bon point de passage. L’armée a déclaré qu’elle enquêtait sur l’incident.

Après être entrée en Syrie pendant la nuit, elle est entrée dans le village druze de Khader, où elle a été capturée parce qu’on la soupçonnait d’être une espionne et remise aux services de renseignements syriens. Cependant, selon la Treizième chaîne, les autorités ont rapidement réalisé qu’elle n’était pas une espionne, mais plutôt une civile ayant des problèmes personnels.

Damas a informé la Russie de l’affaire, et Moscou a transmis l’information à Israël, ce qui a déclenché des négociations pour la récupérer.

Vendredi après-midi, M. Netanyahu s’est entretenu avec la mère de la jeune femme, qui l’a remercié pour les efforts qu’il a déployés pour sa libération, selon une déclaration du bureau du Premier ministre. Netanyahu lui a adressé ses vœux et a déclaré qu’Israël agirait toujours pour le retour des citoyens captifs.

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