Rechercher

La fête juive éthiopienne de Sigd célébrée dans des communautés juives US

Une directrice régionale de l'Agence juive, en poste aux États-Unis, aide les Juifs américains à connaître sa culture

Illustration : Des Israéliennes de la communauté juive éthiopienne priant pendant la fête de Sigd, marquant le désir de "retourner à Jérusalem", depuis une colline de la ville sainte surplombant le mont du Temple, le 16 novembre 2017. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)
Illustration : Des Israéliennes de la communauté juive éthiopienne priant pendant la fête de Sigd, marquant le désir de "retourner à Jérusalem", depuis une colline de la ville sainte surplombant le mont du Temple, le 16 novembre 2017. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)

JTA – Les synagogues et les écoles juives aux États-Unis désirant aider leurs communautés à célébrer Sigd, une fête juive éthiopienne, ont reçu un coup de pouce cette année, grâce à Sigal Kanotopsky,

Kanotopsky est la première juive éthiopienne à occuper un poste de direction régionale à l’Agence juive pour Israël, une organisation à but non lucratif associée au gouvernement israélien qui encourage l’immigration en Israël. Elle supervise actuellement les opérations de l’agence dans le nord-est des États-Unis.

Elle avait 7 ans lorsque sa famille est arrivée en Israël en 1983, faisant partie d’une vague d’immigrants éthiopiens qui avaient traversé le Soudan et d’innombrables difficultés, en grande partie à pied.

Ces immigrants éthiopiens ont apporté à l’État juif le Sigd, qui a lieu 50 jours après Yom Kippour et célèbre la nostalgie d’Israël. (La fête qui dure une journée a commencé mardi soir.) Les actions de sensibilisation menées au sein de la communauté ont convaincu Israël d’adopter Sigd comme fête nationale en 2008. Pourtant, cette fête est restée largement méconnue dans les autres pays, et même en Israël, jusqu’à ces dernières années, qui ont vu un regain d’intérêt pour la diversité juive.

« Au cours d’une année marquée par une nouvelle prise de conscience généralisée de l’importance du Movement for Black Lives, la célébration de Sigd fournit aux Juifs américains une occasion unique de stimuler notre sens de la diversité raciale de la communauté juive », ont écrit Ruth Abusch-Magder et Beza Abebe en 2020 sur le site juif Kveller. « En célébrant Sigd ici aux États-Unis, nous envoyons un message puissant qui montre que nous faisons tous partie du peuple juif mondial. »

L’année dernière, PJ Library avait envoyé à des milliers de familles juives américaines Pumpkin Pie for Sigd, une bande dessinée racontant l’histoire d’une Américaine en Israël qui se sent réconfortée à Thanksgiving en se joignant aux célébrations de Sigd de son ami. Et aujourd’hui, sous l’égide de Kanotopsky, l’Agence juive a publié ce qu’elle a appelé « Sigd in a Box« , une collection de ressources digitales que les communautés peuvent utiliser pour enseigner la musique, la nourriture et les coutumes juives éthiopiennes.

« En se connectant à Sigd-in-a-Box, les communautés juives du monde entier peuvent se rapprocher – d’abord en apprenant à connaître les coutumes et les cultures uniques des uns et des autres, puis en servant d’ambassadeurs de facto pour Sigd », a déclaré Kanotopsky, qui est basée à l’extérieur de Philadelphie depuis l’année dernière. Elle visite en personne quelques communautés pour partager les traditions de la fête Sigd.

La reconnaissance croissante du Sigd parmi les juifs non-éthiopiens a généré des réactions compliquées pour certains. « C’est un sentiment étrange de voir toutes les invitations et les publications concernant la fête du Sigd sur les réseaux sociaux », a écrit Shula Mola, une universitaire israélienne d’origine éthiopienne venue passer une année aux États-Unis, dans une tribune pour la Jewish Telegraphic Agency l’année dernière. Elle y racontait son ambivalence face à la réception de Sigd en Israël, se souvenant de la pression qu’elle a ressentie devant le fait d’être l’ambassadrice d’une culture que de nombreux Israéliens ont longtemps semblé ne pas vouloir connaître et consciente du fait que de nombreux Juifs éthiopiens continuent de se sentir marginalisés.

Cette année, la population d’immigrants éthiopiens en Israël a augmenté.

Dans le dernier épisode d’une saga interminable et profondément douloureuse de cette immigration, des centaines de Falash Mura – descendants de Juifs éthiopiens qui se sont convertis au christianisme il y a environ 200 ans et qui sont apparentés aux Juifs de Beta Israel qui ont été transportés par avion en Israël en 1991 – ont reçu l’autorisation de s’installer en Israël au cours de l’été. Mais quelque 10 000 d’entre eux sont encore en Éthiopie, et l’Agence juive, en collaboration avec le gouvernement israélien, tente d’en faire venir davantage en Israël.

« Sigd est une merveilleuse occasion pour notre communauté juive à travers le monde de se rapprocher alors que nous célébrons ce jour émouvant de réflexion communautaire », a déclaré le président de l’Agence, Doron Almog, dans un communiqué sur les nouvelles ressources de Sigd. « C’est un moment pour nous d’en apprendre davantage sur la riche culture juive éthiopienne et aussi d’honorer le voyage ardu que beaucoup ont fait – et que beaucoup attendent encore de faire – vers Jérusalem. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...