La Flandre annonce de nouvelles réglementations pour l’abattage rituel
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La Flandre annonce de nouvelles réglementations pour l’abattage rituel

Les dirigeants juifs n'ont pas donné leur accord sur ces changements qui impacteront la production de viande cacher et halal

Illustration : une boucherie.  (Crédit : Tom Adriaenssen/CC BY/WikiCommons)
Illustration : une boucherie. (Crédit : Tom Adriaenssen/CC BY/WikiCommons)

Un bureau du ministère de la région flamande (la Flandre est l’une des trois régions de la Belgique fédérale) a annoncé qu’une majorité de députés ont décidé d’imposer de nouvelles limitations sur l’abattage rituel pour 2019.

Ben Weyts, le ministre flamand de la Mobilité et des Travaux publics, du Bien-Être animal et du Tourisme, a déclaré jeudi au quotidien Gazet van Antwerp qu’une « décision de principe avait été prise et que tout le monde devra la respecter ».

Il répondait aux critiques de certains juifs et musulmans en Belgique sur l’annonce faite mercredi au Parlement flamand, indiquant que les nouvelles règlementations sur l’abattage des animaux sans étourdissement entreront en vigueur le 1er janvier 2019.

Aucun des représentants élus des communautés juives de la région flamande ni d’aucune région de Belgique n’ont manifesté leur consentement au projet de nouvelles limitations, que Weyts a décrit comme un « compromis » et un « accord historique ».

Contrairement à certains articles parus dans les médias, le parlement flamand n’a pas voté d’interdiction, selon le De Morgen Daily. Au lieu de cela, le projet d’introduire de nouvelles limitations a été introduit mercredi. C’est le fruit d’un accord passé entre les membres de la coalition de centre droite au pouvoir, la Nouvelle Alliance Flamande.

La nature de nouvelles limitations proposées par le gouvernement flamand n’a pas été rendue publique et n’a pas été finalisée. Des négociations avec les représentants des communautés juives et musulmanes doivent avoir lieu, selon le quotidien Gazet van Anterwpen.

Pinchas Kornfeld, un influent rabbin d’Anvers, porte-parole de la communauté pour la région et président du Conseil Européen de Chehita, a refusé de s’exprimer sur les détails inhérents aux limitations, selon le journal juif Joods Actueel.

Le mot chehita est la dénomination hébraïque de la méthode d’abattage d’animaux selon la loi juive, qui exige que l’animal soit conscient au moment où il est égorgé. Certains jugent cette pratique cruelle, mais d’autres assurent qu’elle est plus douce que d’autres méthodes mécaniques utilisées dans des abattoirs non casher. Les musulmans égorgent leur viande de façon similaire, avec toutefois moins de restrictions, pour obtenir la certification halal.

Selon Joods Actueel, le ministre va proposer au dirigeant juifs et musulmans un accord, qui implique que les petits animaux soient électriquement étourdis de façon non-létale avant d’être égorgés. Les animaux plus gros subiront un « étourdissement irréversible », ce qui signifie que les bovins recevront une tige perforante dans le cerveau, quelques secondes après que leur gorge sera tranchée. Cette procédure, appelée post-cut stunning, ou étourdissement juste après l’égorgement. Certaines communautés orthodoxes et leurs dirigeants spirituels, notamment en Autriche, ont accepté ce protocole.

Kornfeld a refusé de s’exprimer sur cette proposition. « Nous l’étudierons calmement et ensuite nous réagirons », a-t-il déclaré à Joods Actueel.

L’Association juive européenne, un lobby basé à Bruxelles, a condamné cette annonce du gouvernement flamand sur l’introduction de nouvelles limitations sur l’abattage rituel. Le groupe a indiqué que cette annonce équivalait à interdire cette pratique.

« Arrêtons de prétendre qu’interdire l’abattage rituel cache ait quelque chose à voir avec le bien-être animal », a déclaré Menachem Margolin, chef du groupe. C’est « douteux, déconcertant et contraire aux preuves [scientifique », a ajouté Margolin, un rabbin affilié au mouvement hassidique Habad Loubavitch. Son association a indiqué que le gouvernement de la région wallonne de Belgique prévoit d’annoncer un projet similaire l’an prochain.

Anvers, la capitale de la région flamande, héberge 18 000 juifs, soit près de la moitié de la population juive de Belgique. Les abattoirs de la ville fournissent de la viande à de nombreuses communautés juives d’Europe.

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