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La fresque murale d’un artiste juif qui a fui les nazis sauvée, et l’église classée

La décision de conserver "La Crucifixion" de Mayer-Marton, achevée en 1955, des années après qu'il a fui l'Autriche pour le Royaume-Uni, intervient après une longue incertitude

Une photo non datée de "The Crucifixion", une fresque murale réalisée par l'artiste hongrois George Mayer-Marton, dans l'ancienne église Holy Rosary de la ville d'Oldham, en Grande-Bretagne. (Crédit : PROPRIÉTÉ DE G MAYER-MARTON)
Une photo non datée de "The Crucifixion", une fresque murale réalisée par l'artiste hongrois George Mayer-Marton, dans l'ancienne église Holy Rosary de la ville d'Oldham, en Grande-Bretagne. (Crédit : PROPRIÉTÉ DE G MAYER-MARTON)

Une fresque murale créée en 1955 pour une église catholique par un réfugié juif qui avait échappé au régime nazi des années auparavant a récemment été sauvée de la destruction après que le gouvernement britannique a désigné l’église dans laquelle elle se trouve comme un monument historique, selon The Guardian.

George Mayer-Marton, Juif hongrois, était un artiste éminent dans le monde de l’art de Vienne, avant de fuir l’Autriche après son annexion par l’Allemagne nazie en 1938, connue sous le nom d’Anschluss.

Mayer-Marton s’est alors installé à St John’s Wood, dans le nord de Londres, où il a entrepris de poursuivre ses activités artistiques tout en enseignant au Liverpool College of Art après la guerre. Il a notamment proposé ses services aux églises catholiques, qui l’ont engagé pour réaliser de grandes peintures murales.

C’est ainsi qu’est née « The Crucifixion », une fresque de près de 8 mètres de haut, faite de pierres et de tesselles de verre, représentant Jésus sur sa croix, réalisée pour l’église Holy Rosary dans la ville d’Oldham, juste à côté de Manchester.

Tristram Hunt, directeur du Victoria and Albert Museum, un musée de renommée mondiale, l’a décrite comme un ouvrage d’une « beauté éblouissante ».

Mais des décennies plus tard, la congrégation de l’église s’est éparpillée et le bâtiment qui l’abritait est resté abandonné, attirant l’attention des promoteurs immobiliers désireux de développer de nouveaux projets sur le site.

Selon The Guardian, l’œuvre d’art qui avait été commanditée à Mayer-Marton aurait été endommagée récemment à la suite d’un acte de vandalisme.

Ces dommages, combinés à une campagne menée depuis des années par Nick Braithwaite, petit-neveu de Mayer-Marton, ont apparemment convaincu le gouvernement britannique de classer le bâtiment et la peinture murale qu’il abrite comme monument historique justifiant des mesures de préservation.

« La fresque est très inhabituelle et peut être même unique dans le pays de par sa combinaison esthétique saisissante de mosaïque néo-baroque et de fresque moderniste d’influence cubiste appliquée de manière inventive à l’iconographie chrétienne traditionnelle dans une évocation profondément personnelle de la souffrance et de la rédemption », peut-on lire dans un rapport de Historic England, un organisme public britannique chargé de protéger le patrimoine historique de l’Angleterre en préservant et en répertoriant les bâtiments, monuments et parcs historiques.

Il est en outre précisé dans le rapport que la fresque constitue « une pièce importante de [l’œuvre de Mayer-Marton], dont une grande partie a été perdue. La qualité de l’exécution et de l’artisanat est superbe, créant une pièce d’une puissance considérable ».

La seule autre peinture murale réalisée par Mayer-Marton après la Seconde Guerre mondiale qui ait survécu à ce jour s’intitule « La Pentecôte » et est exposée à la Cathédrale métropolitaine de Liverpool.

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