Dermer : La guerre couve avec les mandataires de l’Iran en Syrie
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Dermer : La guerre couve avec les mandataires de l’Iran en Syrie

L’envoyé israélien aux Etats-Unis avertit que l’influence croissante de l’Iran peut mener à un conflit militaire dans ce qui serait "une question de semaines

L'ambassadeur israélien aux Etats-Unis Ron Dermer parle à l'hôtel Omni Shoreham de Washington, DC, le 9 juin 2017 (Crédit : Mark Wilson/Getty Images via JTA)
L'ambassadeur israélien aux Etats-Unis Ron Dermer parle à l'hôtel Omni Shoreham de Washington, DC, le 9 juin 2017 (Crédit : Mark Wilson/Getty Images via JTA)

L’ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Ron Dermer, a indiqué lundi que le pays est plus proche d’un conflit militaire d’ampleur sur sa frontière nord que l’on peut le penser.

Dans une interview fleuve accordée au site américain Politico, Dermer a répété qu’Israël ne tolérera pas la présence des groupes mandataires de l’Iran en Syrie.

« Si l’Iran n’est pas repoussé en Syrie, alors les risques de confrontation militaire sont croissants. Je ne veux pas vous dire que c’est une question d’années ou de mois. Je dirais même une question de semaines », a-t-il mis en garde.

Téhéran est responsable d’avoir attisé les tensions en Syrie, a-t-il ajouté. « Parce que plus ils nous poussent, plus nous devons renforcer nos lignes rouges et il y a toujours une perspective d’escalade, même quand les parties ne le le veulent pas, parce que nous ne permettrons pas à l’Iran d’établir cette présence ainsi qu’un autre front terroriste contre Israël en Syrie », a-t-il poursuivi.

Interrogé sur le niveau de probabilité d’une guerre, Dermer a répondu : « Je ne ferais pas de pourcentage à ce sujet, mais je pense qu’il est plus élevé qu’on peut le penser ». Il a également estimé que la probabilité d’un conflit au Liban, où est basé le puissant groupe terroriste du Hezbollah, mandataire de l’Iran, est plus forte que ce n’était le cas il y a deux ans.

« Absolument. C’est indubitable. Et il est bien plus élevé en Syrie », a-t-il dit. « Je veux dire qu’Assad est un vassal du régime iranien. Et les forces qui sont sur le terrain, les milices chiites et le Hezbollah ».

Une affiche à l’effigie de Bashar el Assad et d’Hassan Nasrallah, à Damas le 7 septembre 2017. (Crédit : AFP PHOTO / LOUAI BESHARA)

Toutefois, a-t-il indiqué, Israël ne voit pas de problème à ce que la Russie s’implante durablement en Syrie.

Cela fait longtemps qu’Israël avertit que l’Iran tente d’établir une présence permanente en Syrie, afin de contrôler un couloir terrestre qui s’étendrait depuis l’Iran jusqu’à la mer Méditerranée alors que la République islamique cherche à étendre son influence au Moyen-Orient.

Netanyahu a souvent dit qu’Israël n’autorisera pas l’Iran à établir une présence militaire permanente en Syrie et il aurait envoyé une mise en garde sur le sujet via un tiers au président syrien Bashar el-Assad.

Israël aurait, depuis des années, mené des frappes aériennes sur des systèmes d’armement avancés en Syrie – notamment des missiles anti-aériens russes et des missiles iraniens – ainsi que sur des positions du Hezbollah. Israël, pour sa part, n’a que rarement confirmé de telles opérations sur une base individuelle.

Vendredi soir, les avions israéliens auraient frappé une base militaire iranienne en cours de construction en Syrie, à environ 50 kilomètres de la frontière nord de l’Etat juif, tuant, selon des informations, 12 militaires iraniens.

Des images satellite publiées lundi ont montré les destructions faites sur le site, la base d’al-Qiswah, située au sud de Damas. D’autres informations ont fait état d’une autre frappe aérienne lundi dans la soirée, que le chef du parti travailliste, Avi Gabbay, a confirmée.

Des chances « modérées à élevées » de paix régionale

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à droite, à l’aéroport international Ben Gurion avant le départ de Trump, le 23 mai 2017. (Crédit : Koby Gideon/GPO)

Dans son interview, Dermer a également évoqué la relation étroite entre Israël et l’administration Trump, déclarant qu’il était optimiste concernant la réalisation d’un accord de paix régional, tout en restant sceptique sur l’accord des Palestiniens.

« Je considère les chances que nous puissions être sur la voie de ce processus comme modérées à élevées », a-t-il commenté.

« Une fois encore, que les Palestiniens, 71 ans après la résolution des Nations unies, la résolution de la Partition, franchissent le Rubicon qu’ils n’ont jamais voulu franchir au cours des 70 dernières années, je suis un peu sceptique à ce sujet. Mais il se pourrait que les chances qu’ils traversent le Rubicon augmentent s’ils constatent que la région est prête à se réconcilier avec Israël ».

L’ambassadeur a refusé d’entrer dans les détails pour dire si Israël savait que l’ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn avait parlé aux Russes au sujet du rejet de « la résolution anti-israélienne à l’ONU » mais il a indiqué qu’à l’époque – au mois de décembre 2016, avant que Trump ne prenne ses fonctions – Israël s’était adressé à tous ceux que le pays avait pu joindre, notamment des membres de l’administration de Trump à venir, pour tenter de contrer l’une des dernières initiatives prises par le président Barack Obama.

Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité nationale, au premier jour de la Convention nationale républicaine à Cleveland, dans l’Ohio, le 18 juillet 2016. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)

« Si l’équipe du président a tenté d’entrer en contact avec des gens et avec qui, et tous les détails, je ne le sais pas. Mais de notre point de vue, plus il y en a eu, et mieux cela a été, parce qu’ils ne rendaient pas seulement service à Israël ce faisant mais bien aussi à eux-mêmes », a-t-il dit.

Dermer a souligné qu’indépendamment de la forte popularité de Trump parmi les Israéliens, l’administration d’Obama avait également fait beaucoup de choses pour venir en aide à l’Etat juif.

« Il y a de nombreuses choses qui ont été faites par le président Obama dont nous sommes reconnaissants. Nous avons signé – et j’ai été profondément impliqué là-dedans – un protocole d’accord sur une assistance militaire à long terme. Il a été signé sous l’administration Obama », a-t-il noté.

« Les partages de renseignement et la coopération sécuritaire et de nombreuses autres choses sont arrivées sous l’administration Obama ».

Lors de l’entretien, Dermer a également beaucoup évoqué l’accord sur le nucléaire iranien, expliquant qu’Israël ne veut pas son abrogation mais espère que Trump et les nations européennes seront en mesure d’amender le pacte controversé pour garantir que l’Iran ne sera pas capable d’acquérir l’arme nucléaire dans quelques années.

« Israël pense encore qu’il y a un moyen de régler les failles de l’accord », a-t-il dit. « Et ce réglage pourrait être préférable à l’éloignement seul des Etats-Unis ».

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