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La Maison Blanche condamne l’antisémitisme de manifestants anti-Israël à Columbia

L'université de New York a promis de renforcer la sécurité et de restreindre l'accès au campus après qu'un rabbin a demandé aux étudiants juifs d'en rester éloignés

Des activistes pro-palestiniens et anti-Israël manifestant devant l'Université de Columbia, à New York, le 20 avril 2024. (Crédit : Leonardo Munoz/AFP)
Des activistes pro-palestiniens et anti-Israël manifestant devant l'Université de Columbia, à New York, le 20 avril 2024. (Crédit : Leonardo Munoz/AFP)

La Maison Blanche a vivement condamné dimanche les manifestations anti-Israël qui ont secoué l’Université Columbia de New York au cours de la semaine écoulée, conduisant le rabbin orthodoxe du campus de cette institution à exhorter les étudiants juifs à rester à l’écart du campus jusqu’à nouvel ordre.

« Si chaque Américain a le droit de manifester pacifiquement, les appels à la violence et à l’intimidation physique visant les étudiants juifs et la communauté juive sont manifestement antisémites, inadmissibles et dangereux – ils n’ont absolument pas leur place sur un campus universitaire, ni nulle part aux États-Unis d’Amérique », a déclaré le porte-parole adjoint de la Maison Blanche, Andrew Bates, au Times of Israel.

« Faire écho à la rhétorique de groupes terroristes, en particulier au lendemain du pire massacre commis contre le peuple juif depuis la Shoah, est méprisable. Nous condamnons ces déclarations avec la plus grande fermeté », a ajouté Bates.

Le président Isaac Herzog a quant à lui qualifié de « profondément troublants » les « actes antisémites atroces » commis lors des manifestations anti-Israël qui se sont déroulées tout au long de la semaine à Columbia.

Nous avons besoin d’un « saut dans l’action », a écrit dimanche Herzog sur X, citant le rabbin Abraham Joshua Heschel. « Des mesures fermes et énergiques doivent être prises pour prévenir l’antisémitisme sur les campus », a poursuivi Herzog. « Le monde universitaire américain doit se réveiller face à la menace, un danger clair et présent pour la liberté académique et pour la vie même des Juifs sur les campus. »

Le président américain Joe Biden a lui aussi dénoncé les récentes manifestations anti-Israël qui ont eu lieu à l’Université de Columbia dans une déclaration à l’occasion de la prochaine fête de Pessah.

« Même ces derniers jours, nous avons été témoins de harcèlement et d’appels à la violence contre les Juifs. Cet antisémitisme flagrant est répréhensible et dangereux, et il n’a absolument pas sa place sur les campus universitaires ni nulle part dans notre pays », a déclaré le président. « Le silence est synonyme de complicité. »

Biden a également reconnu les difficultés qu’endurent les familles des otages israéliens, qui se préparent à célébrer Pessah, la fête juive de la liberté, et a affirmé que son administration travaillait « 24 heures sur 24 » pour ramener leurs proches à la maison.

« Alors que les Juifs célèbrent Pessah avec des contes, des chants et des rituels, ils liront également dans la Haggadah comment, à chaque génération, ils ont été pris pour cible par ceux qui cherchaient à les détruire. Cette année, ces mots ont une résonance et une douleur encore plus grandes à la suite du mal indicible commis par le [groupe terroriste palestinien du] Hamas le 7 octobre, le jour le plus meurtrier pour le peuple juif depuis la Shoah », a déclaré Biden dans un communiqué, souhaitant aux Juifs un bon Pessah, qui commence lundi soir.

Le président américain Joe Biden s’exprimant lors de la conférence sur la construction et la maintenance de la Fraternité internationale des ouvriers en électricité (FIOE), à Washington, le 19 avril 2024. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

« Les Juifs du monde entier sont toujours confrontés au traumatisme de ce jour et de ses conséquences », a-t-il reconnu.

« Mon engagement en faveur de la sécurité du peuple juif, de la sécurité d’Israël et de son droit à exister en tant qu’État juif indépendant est inébranlable », a-t-il ajouté, précisant qu’il s’efforçait d’obtenir un « cessez-le-feu immédiat et prolongé » dans le cadre d’un accord sur les otages qui permettrait d’accroître l’aide humanitaire dans la bande de Gaza.

« Nous continuerons à œuvrer en faveur d’une solution à deux États qui garantisse une sécurité égale, la prospérité et une paix durable pour les Israéliens et les Palestiniens. Et nous sommes à la tête des efforts internationaux visant à garantir qu’Israël puisse se défendre contre l’Iran et ses mandataires, notamment en demandant à l’armée américaine d’aider à défendre Israël contre les attaques sans précédent menées par l’Iran le week-end dernier », a déclaré Biden.

L’administration Biden a blâmé dimanche les récentes manifestations anti-Israël qui ont eu lieu à l’université de Columbia, tandis que les groupes juifs du campus ont réagi à un message envoyé par le rabbin orthodoxe de l’université aux étudiants juifs, les exhortant à rester à l’écart du campus jusqu’à ce qu’il soit à nouveau considéré comme sûr.

Des manifestants pro-palestiniens se sont régulièrement rassemblés à Columbia depuis que la guerre à Gaza a éclaté avec l’assaut barbare du groupe terroriste palestinien du Hamas sur le sud d’Israël le 7 octobre, mais les manifestations se sont intensifiées la semaine dernière après que l’université a demandé à la police de New York (NYPD) de l’aider à démanteler un campement pro-palestinien.

Dimanche en fin de journée, deux hauts responsables de l’université ont déclaré que l’établissement déploierait des mesures de sécurité supplémentaires autour des manifestations et sur l’ensemble du campus.

« Le rassemblement de grandes foules sur le campus et autour du périmètre de Morningside provoque des perturbations et une détresse considérables », a déclaré Cas Holloway, directeur des opérations de Columbia, dans un courriel, selon le journal étudiant The Columbia Spectator.

Sarah Gillman, haut responsable du Barnard College, qui fait partie de Columbia, a déclaré que des agents de sécurité supplémentaires avaient été déployés autour du campus et qu’un service de sécurité privé surveillerait son périmètre. Elle a précisé que l’accès au campus de l’Upper Manhattan serait limité aux personnes munies d’une carte d’identité de l’école.

Ces mesures ont été annoncées après que des groupes juifs eurent réclamé davantage de protection, certains demandant à l’école de faire venir la police de la ville de New York sur le campus.

Dimanche, le maire de New York, Eric Adams, s’est dit « horrifié et dégoûté » par les informations faisant état d’antisémitisme à Columbia, et a déclaré que la police « n’hésitera pas à arrêter quiconque enfreindra la loi ».

Toutefois, a-t-il ajouté, « l’Université de Columbia est une institution privée située sur une propriété privée, ce qui signifie que la NYPD ne peut pas être présente sur le campus à moins que les hauts responsables de l’université n’en fassent la demande expresse ».

Manifestation de soutien à la Palestine, devant la New School, à New York, le 21 avril 2024. (Crédit : Stephanie Keith/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/Getty Images via AFP)

Jeudi, la police a arrêté plus de 100 personnes, dont la fille de la représentante américaine Ilhan Omar, une fervente critique d’Israël, alors qu’elle retirait le campement de tentes pro-palestiniennes.

Plutôt que d’étouffer les protestations, cette action les a mieux fait connaître, les militants s’engageant à continuer de protester contre la guerre d’Israël à Gaza et sa politique à l’égard des Palestiniens. Dimanche, les manifestations de solidarité se sont étendues à la New School, dans le centre de Manhattan, où les étudiants ont installé un campement de tentes similaire.

À Columbia, les manifestants ont organisé des marches quotidiennes sur le campus, tapant souvent sur des casseroles et scandant des slogans appelant notamment à une « intifada » – à savoir, à un soulèvement contre Israël. Des centaines d’Israéliens ont été assassinés dans des attaques terroristes au cours de deux intifadas à la fin des années 1980 et au début des années 2000.

Les manifestants ont également exprimé leur identification avec le Hamas et ont appelé à d’autres attaques similaires à celle organisée par le groupe terroriste palestinien le 7 octobre.

Les universités à l’étranger, notamment aux États-Unis, ont été le théâtre de grandes manifestations anti-Israël depuis le 7 octobre, date à laquelle des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont fait irruption à la frontière de Gaza par voie terrestre, aérienne et maritime, tuant près de 1 200 personnes et prenant 253 otages, pour la plupart des civils, souvent au milieu d’actes de brutalité et d’agressions sexuelles.

Si les manifestations à Columbia ont été largement pacifiques, elles ont semé l’inquiétude parmi les Juifs du campus et les communautés juives en général en raison d’appels et de slogans considérés comme prônant la fin d’Israël en tant qu’État et patrie juive, ce qui est considéré par beaucoup comme une position antisémite.

Plusieurs cas de harcèlement antisémite et au moins une agression ont été signalés, a déclaré la semaine dernière la présidente de l’université, Nemat Shafik, lors d’une audition au Congrès.

Des étudiants et des activistes anti-Israël campant sur le campus de l’Université Columbia, à New York, le 19 avril 2024. (Crédit : Alex Kent/AFP)

Selon le journal étudiant The Columbia Spectator, lors d’une manifestation samedi soir, « un groupe d’une dizaine de contre-protestants pro-Israël a été confronté à des cas d’antisémitisme » au Sundial, lieu emblématique du campus.

Les tensions ont incité le rabbin orthodoxe de l’université à envoyer un message aux étudiants juifs dimanche matin, les exhortant à rester à l’écart du campus jusqu’à ce qu’il soit à nouveau considéré comme sûr.

Dans une lettre rapportée par CNN et confirmée par courriel, le rabbin Elie Beuchler a déclaré que les manifestations anti-Israël quasi-quotidiennes étaient « terribles et tragiques », ajoutant que même si cela le « peinait profondément », il recommandait aux étudiants juifs de rester chez eux « jusqu’à ce que la réalité à l’intérieur et autour du campus se soit drastiquement améliorée ».

« Il ne nous appartient pas, en tant que Juifs, d’assurer notre propre sécurité sur le campus. Personne ne devrait avoir à endurer un tel niveau de haine, et encore moins à l’école », a-t-il écrit.

Des policiers new-yorkais en tenue anti-émeute montant la garde alors que des manifestants pro-palestiniens et anti-Israël scandent des slogans à l’extérieur du campus de l’Université Columbia, à New York, le 18 avril 2024. (Crédit : Mary Altaffer/AP)

À la suite de la lettre de Beuchler, l’Université de Columbia a accepté de permettre aux étudiants d’assister aux cours à distance, selon des messages envoyés par des groupes d’étudiants pro-Israël.

Les messages indiquaient également que les étudiants juifs qui avaient besoin d’un endroit où rester le dimanche soir se verraient proposer un hébergement chez des professeurs.

L’association Hillel de Columbia a publié sa propre déclaration, rompant avec le rabbin orthodoxe, affirmant qu’elle ne pensait pas que les étudiants juifs devaient quitter le campus et qu’elle resterait ouverte pour servir la communauté.

Dans le même temps, Hillel a clairement indiqué qu’il attendait de l’université et de la ville de New York qu’elles fassent davantage pour protéger les étudiants juifs.

Un homme brandissant un drapeau palestinien alors que des militants pro-palestiniens et anti-Israël manifestent devant l’Université de Columbia, à New York, le 20 avril 2024. (Crédit : Leonardo Munoz/AFP)

« Nous demandons à l’administration de l’université d’agir immédiatement pour rétablir le calme sur le campus. La ville doit veiller à ce que les étudiants puissent se promener sur Broadway et Amsterdam sans craindre d’être harcelés », a déclaré Columbia Hillel.

L’Association des anciens étudiants juifs de Columbia a exprimé « l’urgence et la profonde inquiétude concernant la sécurité des étudiants juifs » dans une lettre adressée à Shafik.

« Les étudiants juifs sont ouvertement menacés et harcelés et la réponse de l’administration a été jusqu’à présent tout à fait inadéquate », a écrit l’association des anciens élèves, demandant au président de s’attaquer aux menaces qui pèsent sur les étudiants juifs sur le campus.

« Plus que jamais, il est temps de faire preuve d’un véritable leadership : appliquer les règles de l’université en matière de manifestations et de harcèlement et rétablir l’ordre et la sécurité sur le campus. Si vous ne pouvez pas arrêter les foules masquées, demandez à la NYPD de le faire », poursuivait la lettre.

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