La Palestinienne accusée d’avoir tenté un « suicide par soldat » nie avoir voulu mourir
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La Palestinienne accusée d’avoir tenté un « suicide par soldat » nie avoir voulu mourir

Elle a été libérée par un tribunal militaire israélien et nie avoir dit aux soldats qu'elle venait pour mourir

Bara’a Ramadan Owaisi, 13 ans, s'exprime sur la Deuxième Chaîne après avoir été libérée par un tribunal militaire israélien le 22 septembre 2016. (capture d'écran)
Bara’a Ramadan Owaisi, 13 ans, s'exprime sur la Deuxième Chaîne après avoir été libérée par un tribunal militaire israélien le 22 septembre 2016. (capture d'écran)

L’adolescente palestinienne blessée par balles mercredi par des gardes israéliens à un checkpoint en Cisjordanie, dans ce qui paraissait être une tentative de suicide, a déclaré qu’elle n’avait aucune intention de commettre un attentat, et rejette les rapports selon lesquels elle aurait dit aux gardes qu’elle venait pour mourir.

Baraa Ramadan Owaisi, âgée de 13 ans, du village de Qalqilya, avait été libérée sur ordre du tribunal militaire israélien hier, selon l’agence de presse palestinienne Maan. La cour n’a pas trouvé de preuve qu’elle planifiait un attentat. Elle n’était pas non plus en possession d’armes.

Mercredi matin, elle s’était approchée des gardes à un checkpoint du nord de la Cisjordanie. Voyant qu’elle ignorait les appels l’enjoignant à s’arrêter, un garde lui a tiré dans les jambes, avait déclaré le ministère de la Défense.

« Plus je m’approchais du checkpoint, plus le garde juif me parlait en hébreu, je ne comprenais pas ce qu’il disait », a affirmé Owaisi, réfutant le fait qu’elle aurait dit vouloir mourir.

« Je n’ai jamais dit ça. Ces soldats pensaient que j’avais un couteau, mais où est-ce que je pourrai m’en procurer un ? Je ne suis qu’une petite fille », a-t-elle argumenté.

« En plus, je ne comprends pas ces choses politiques », a-t-elle affirmé à la Deuxième Chaîne.

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Une vidéo de l’incident montre Owaisi se tenant à un checkpoint pendant que quelqu’un lui ordonne de s’arrêter. On entend un homme crier derrière : « ne tirez pas, ne lui tirez pas dessus ».

Après de nombreux appels pour qu’elle s’arrête, les gardes ont tiré sur la jambe d’Owaisi.

« Cette fille s’est approchée du point de passage à pied, un sac à la main », augmentant la suspicion des gardes de sécurité, déclarait un communiqué du ministère de la Défense publié mercredi.

Ils lui ont « ordonné de s’arrêter et ont même tiré des coups de feu en l’air pour la prévenir », a déclaré le ministère, mais quand l’adolescente a continué d’avancer malgré l’ordre de s’arrêter, le garde « lui a tiré dans les jambes pour qu’elle s’arrête ». Elle a été légèrement blessée.

Son père a déclaré à la Deuxième Chaîne qu’il était « très en colère » après que sa fille a été blessée. « Comment peut-on tirer sur une petite fille comme ça, la blesser ? ».

Il a ajouté qu’il ne pouvait pas croire qu’elle s’était rendue seule au checkpoint depuis chez eux, apparemment à pied.

Les attentats de cette année ont montré à plusieurs reprises des adolescents tentant de provoquer les forces de sécurité, les incitant à ouvrir le feu, ce qui permet à ces adolescents de se suicider.

Selon des sources provenant de l’armée israélienne, les attentats terroristes sont souvent des formes de « suicide par la police » ou « suicide par soldat ».

« La plupart de ces jeunes ont des problèmes familiaux, ou sont eux-mêmes déséquilibrés », avait confié un haut responsable du Commandement du Centre au Times of Israël.

La tante d’Owaisi, Rasha Owaisi, 23 ans, a été abattue au même checkpoint en novembre dernier, alors qu’elle brandissait un couteau en s’approchant des gardes. Elle avait laissé une lettre de suicide pour sa famille.

Maan a souligné qu’Owaisi était toujours soignée à l’hôpital Meir de Kfar Saba, et recevra la visite d’un avocat de la Société des Prisonniers Palestiniens.

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