La pionnière de l’accouchement naturel meurt à 100 ans
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La pionnière de l’accouchement naturel meurt à 100 ans

Elisabeth Bing qui avait fui l'Allemagne nazie est devenue la mère du mouvement américain Lamaze

La cofondatrice de Lamaze international Elisabeth Bing (Capture d'écran / YouTube)
La cofondatrice de Lamaze international Elisabeth Bing (Capture d'écran / YouTube)

Elisabeth Bing, la cofondatrice de Lamaze International est décedée vendredi dernier à l’âge de 100 ans à son domicile de New York. Réfugiée d’origine juive d’Allemagne, Bing avait révolutionné l’accouchement aux Etats-Unis, au début des années 1950.
 
Au cours des dernières décennies, Bing a été plus connue pour les cours de préparation à l’accouchement qu’elle organisait pour les futurs parents dans le studio qu’elle avait créé dans l’Upper West Side. Mais avant cela, Bing avait promu au niveau national des exercices de respiration à la place de l’anesthésie pendant l’accouchement.

Pendant la deuxième moitié du 20e siècle, elle a été l’un des visages les plus connus du mouvement pour l’accouchement naturel aux États-Unis, prônant et enseignant ce qu’elle préfère appeler « l’accouchement éduqué ».

Née Elisabeth Dorothea Koenigsberger dans une banlieue de Berlin en 1914, ses parents juifs se sont convertis au protestantisme avant sa naissance.

Malgré tout, sa famille a souffert de l’antisémitisme pendant sa jeunesse. Selon une notice nécrologique du New York Times, deux de ses frères -un historien et un architecte- n’ont pas pu trouver de travail à cause de leur origine juive, et elle-même a été expulsée de l’université dès le début de sa première année.

Après que le père de Bing soit mort en 1932, elle a déménagé en Angleterre avec la plupart de sa famille.

A Londres, elle a étudié la physiothérapie, et parmi ses patients il y avait des femmes dans les maternités qui avaient été confinées au lit jusqu’à 10 jours après leur accouchement. Bing a commencé à ne pas être d’accord avec le fait que les femmes soient sous sédation pendant l’accouchement et n’aient peu ou pas de contrôle sur le processus de la naissance.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Bing a poursuivi l’étude de l’accouchement naturel de façon indépendante parallèlement à son travail de conductrice d’ambulance.

En 1949, elle est allée visiter sa sœur qui avait immigré aux États-Unis, et a constaté qu’elle pouvait y aider les obstétriciens qui ne sont pas au courant de l’accouchement mené d’une manière alternative aux pratiques standard de l’époque.

Bing a fini par rester aux États-Unis et à exercer à New York après avoir rencontré Fred Max Bing, l’homme qui allait devenir son mari.

Après qu’elle ait commencé à donner des cours privés de preparation à l’accouchement, l’hôpital Mount Sinai à New York l’a approchée en 1951 pour qu’elle enseigne dans sa maternité, récemment ouverte.

Au début des années 1960, alors qu’elle était déjà une professeur adjointe de clinique au New York Medical College, elle et Marjorie Karmel ont créé l’American Society for Psychoprophylaxis in Obstetrics, connue maintenant sous le nom de Lamaze International, afin de diffuser l’approche à l’accouchement développée par l’obstétricien français le Dr Fernand Lamaze.

Bien que Bing encouragait les femmes à compter sur des techniques de relaxation pour faire face aux douleurs de l’enfantement, elle ne rejetait pas la possibilité d’utiliser l’anesthésie en cas de nécessité.

« Vous ne devez ressentir aucune culpabilité ou de sentiment d’échec si vous avez besoin de certains médicaments, ou si vous ressentez une gêne », a-t-elle écrit en 1967 dans un livre « Six leçons pratiques pour un accouchement plus facile ».

En fait, elle finit par avoir une péridurale quand elle a donné naissance à 40 ans à son fils unique Peter.

Bing, qui portait ses cheveux blancs frisés attachés en queue de cheval, et qui même à un âge avancé continuait de se déplacer à un rythme soutenu, a declaré qu’elle ne s’est jamais considérée motivée par une sensibilité féministe ou politique, malgré le caractère révolutionnaire de ses réalisations.

Elle pensait tout simplement que les femmes, plutôt que d’être allongées sur le dos avec les pieds dans des étriers, méritaient d’avoir un rôle actif en donnant naissance à leurs enfants, et que les pères devraient être autorisés à être présents et de les soutenir dans la salle d’accouchement.

Le fait que les nouveaux parents connaissent aujourd’hui quelques autres façons d’amener au monde leurs fils et leurs filles est un témoignage du succès qu’était Bing.

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