La police inspecte les établissements pour s’assurer du respect des restrictions
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La police inspecte les établissements pour s’assurer du respect des restrictions

L'état de l'homme dans un état grave s'améliore, il respire de façon autonome ; tous les événements sportifs sont annulés ; l'armée impose de nouvelles restrictions au personnel

Une école fermée à Hadera, le 13 mars 2020. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)
Une école fermée à Hadera, le 13 mars 2020. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

La police israélienne a annoncé vendredi avoir élargi ses opérations pour lutter contre l’épidémie de coronavirus dans le pays, menant des centaines d’inspections à divers endroits du pays la veille, pour vérifier que l’interdiction de rassembler plus de 100 personnes était bien respectée.

Parallèlement, l’état d’un chauffeur de bus hospitalisé dans un état grave après avoir contracté le Covid-19 s’est amélioré vendredi, selon les autorités sanitaires. L’homme de 38 ans, originaire de Jérusalem-Est, est désormais en mesure de respirer de manière autonome et il est considéré dans un état de santé de gravité modérée. L’homme est tombé malade après avoir conduit un groupe de touristes qui ont ensuite été diagnostiqués positifs.

Le nombres de malades a atteint 126 vendredi. Il a triplé au cours de la dernière semaine. Parmi les derniers cas enregistrés figurent un bébé de 6 mois, un enfant de 4 ans et un adolescent, tous issus de la même famille. La hausse du nombre de cas a conduit les autorités à conclure que des milliers d’Israéliens pourraient être infectés sans jamais être diagnostiqués.

Le ministère de la Santé a introduit dimanche une nouvelle fonctionnalité à la carte de ses potentiels foyers et lieux d’exposition, permettant aux utilisateurs d’entrer une adresse pour visualiser les zones dangereuses qu’ont visité les individus malades.

La police a déclaré que l’écrasante majorité des commerces inspectés jeudi, notamment des salles d’évènements, les boites de nuit, les restaurants et les bars, se conformaient aux restrictions. Des mesures ont été prises à l’encontre de 14 lieux qui ont enfreint les directives gouvernementales.

Les autorités ont indiqué que la campagne de répression se poursuivra pendant le week-end.

Elles ont indiqué qu’un groupe de travail était chargé de se rendre, de manière aléatoire, chez des individus en confinement, pour vérifier qu’ils respectent les protocoles d’isolation. A ce jour, 21 enquêtes criminelles ont été ouvertes contre des individus ayant violé leur quarantaine.

Une voiture de police dans la ville côtière israélienne de Bat Yam, le 27 février 2017. (Moti Karelitz/Flash90)

Vendredi, le ministère de la Culture et des Sports a annoncé que le calendrier sportif de l’ensemble du pays serait suspendu jusqu’à nouvel ordre, s’alignant à la fermeture des écoles, des universités, des théâtres, de nombreux hôtels et à l’annulation de plusieurs évènements, alors que le pays se retire de la sphère publique en raison de la menace d’infection.

Vendredi, le bureau du Premier ministre a également annoncé que la réunion hebdomadaire du dimanche aura lieu par vidéo-conférence.

L’armée israélienne a émis de nouvelles directives, encore plus contraignantes, pour les militaires, annulant tous les exercices pour les réservistes jusqu’à après Pessah, limitant les rassemblements en intérieur à 100 personnes et à 500 en extérieur, interdisant les activités hors des bases et donnant l’ordre au personnel médical d’éviter de se réunir avec plus de 15 personnes.

Les synagogues israéliennes devraient limiter à 100 personnes le nombre de fidèles pendant les offices de Shabbat, conformément aux instructions du ministère de la Santé, et certaines communautés se sont scindées en plusieurs groupes pour éviter toute promiscuité. Celles avec des espaces exigus devraient limiter encore davantage leur fréquentation afin d’éviter tout contact étroit entre les fidèles. Les personnes les plus exposées au risque ont été invitées à prier chez elles.

Au mur Occidental de Jérusalem, les autorités ont limité les entrées dans les espaces fermés et installé des tentes pour abriter jusqu’à 100 personnes. Mais la Western Wall Heritage Foundation, qui supervise le site, affirme qu’aucune restriction ne s’applique au lieu saint, qui est un endroit « ouvert et large ».

A LIRE : Covid-19 : embrasser ou pas, telle est la question pour les fidèles à Jérusalem

Un homme portant un masque pour se protéger du coronavirus, le 13 mars 2020. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Les écoles et les universités du pays ont également été fermées vendredi matin et ce, jusqu’à nouvel ordre, le Premier ministre Benjamin Netanyahu ayant appelé le public à « s’abstenir autant que possible de tout rassemblement en général ».

Bien que les écoles maternelles et les jardins d’enfants restent encore ouverts, le journal Haaretz a rapporté que des centaines d’enseignants de ces établissements avaient déposé des arrêts maladies afin de manifester contre la décision de ne pas les fermer.

Le ministère de l’Éducation a cependant affirmé que 85 % des écoles maternelles avaient ouvert normalement.

Partout dans le monde, afin d’empêcher la propagation du virus, les autorités ont annulé des événements sportifs, des pièces de théâtre, des enregistrements d’émissions télévisées, des concerts et tout ce qui peut attirer les foules.

Ces annulations et fermetures représentent le dernier coup porté à la société israélienne après une série de mesures qui ont vu la vie publique en Israël et dans le monde ralentir de manière significative dans l’espoir de réduire les rencontres humaines et les risques de propagation du virus.

L’industrie du voyage reste soumise à une interdiction presque intégrale du tourisme international entrant. Une centaine d’hôtels à travers Israël ont fermé leurs portes aux clients, selon les médias jeudi. 100 autres hôtels devraient fermer dimanche.

Jeudi, Netanyahu a qualifié la pandémie « d’événement mondial différent de tout ce que le pays avait connu ». Il a averti que « le nombre potentiel de morts est très élevé et nous devons prendre des mesures afin d’éviter cela ».

Il a déclaré que les efforts d’Israël restaient axés sur le ralentissement de la propagation du virus afin qu’il ne provoque pas l’hospitalisation massive de citoyens malades au même moment et n’accable le système de santé.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tient une conférence de presse au Bureau du Premier ministre, le 12 mars 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Il a appelé son rival politique, Benny Gantz, du parti Kakhol lavan, à le rejoindre et à former immédiatement un gouvernement d’urgence temporaire après une impasse politique d’un an. Gantz a indiqué sa volonté de faire ainsi, mais les termes d’un tel gouvernement n’ont pas pu être immédiatement définis.

Les nouvelles restrictions ont été annoncées après que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que l’épidémie de COVID-19 était une pandémie mondiale.

Plus de 134 000 cas de coronavirus ont été confirmés à travers le monde, ainsi que plus de 5 000 décès.

Afin de freiner la propagation du virus en Israël, tous les Israéliens rentrant de l’étranger ont été invités à se mettre en quarantaine chez eux pendant 14 jours. Les ressortissants non-Israéliens ne sont plus autorisés à entrer dans le pays, à moins qu’ils ne puissent prouver de leur capacité à se mettre en auto-quarantaine pendant deux semaines.

Les mesures de quarantaine en Israël sont parmi les plus drastiques à avoir été introduites par un pays afin de lutter contre le coronavirus. Le 26 février, Israël était devenu le premier pays au monde à déconseiller à ses citoyens tous les voyages non essentiels à l’étranger.

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