La Turquie et Israël sur le point de normaliser leurs relations
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La Turquie et Israël sur le point de normaliser leurs relations

Lors de sa visite aux Etats-Unis la semaine dernière, le président turc s'est entretenu avec des représentants d'associations juives

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours adressé aux mukhtars (dirigeants des gouvernements locaux) au complexe présidentiel d'Ankara, le 16 mars 2016. (Crédit : AFP/Adem Altan)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours adressé aux mukhtars (dirigeants des gouvernements locaux) au complexe présidentiel d'Ankara, le 16 mars 2016. (Crédit : AFP/Adem Altan)

La Turquie et Israël se sont entendus, au terme d’une nouvelle session de négociations jeudi à Londres, pour « finaliser » rapidement un accord de normalisation de leurs relations, en crise depuis 2010, a annoncé le ministère turc des Affaires étrangères.

« Les équipes [des deux pays] ont fait des progrès en vue de finaliser l’accord […] et ont convenu que l’accord serait finalisé au cours de la prochaine réunion qui sera convoquée très prochainement », a indiqué le ministère dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi.

Contacté par l’AFP, le ministère israélien des Affaires étrangères a refusé de commenter.

Les discussions qui se sont tenues à Londres ont été menées par le sous-secrétaire d’Etat au Affaires étrangères Feridun Sinirlioglu côté turc. Israël était représenté par l’envoyé spécial du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Joseph Ciechanover, et le président par intérim du Conseil de sécurité nationale, le général Jacob Nagel, selon Ankara.

Les précédentes sessions de négociations s’étaient déroulées à Genève (Suisse).

Les relations entre Ankara et l’Etat hébreu sont gelées depuis l’assaut mortel lancé en 2010 par des commandos israéliens contre plusieurs bateaux affrétés par une ONG islamique turque, proche du régime de l’actuel président islamo-conservateutr Recep Tayyip Erdogan, qui voulait rompre le blocus imposé à Gaza.

L’opération s’était soldée par la mort de 10 Turcs.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait présenté des excuses officielles.

Après plusieurs années de froid, les liens entre les deux pays se sont réchauffés et ont permis aux deux pays de renouer un contact.

Erdogan s’est entretenu au téléphone avec son homologue israélien Reuven Rivlin après l’attentat-suicide qui a tué le 19 mars à Istanbul quatre touristes étrangers, dont trois Israéliens.

Simha Dimri (à gauche), 60 ans, Yonathan Süher (au centre), 40 ans, et Avraham Goldman (à droite), 69 ans, les trois Israéliens qui ont été tués dans un attentat suicide à Istanbul en Turquie, le 19 mars, 2016 (Crédit : autorisation des familles / Facebook via JTA)
Simha Dimri (à gauche), 60 ans, Yonathan Süher (au centre), 40 ans, et Avraham Goldman (à droite), 69 ans, les trois Israéliens qui ont été tués dans un attentat suicide à Istanbul en Turquie, le 19 mars, 2016 (Crédit : autorisation des familles / Facebook via JTA)

Lors de sa visite aux Etats-Unis la semaine dernière, le président turc s’est également entretenu avec des représentants d’associations juives.

Dans un entretien accordé vendredi, avant le communiqué du ministère, au quotidien Vatan, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a estimé que « d’importants progrès ont été accomplis » par les deux parties.

La Turquie a posé trois conditions à une normalisation : des excuses publiques pour l’incident de 2010, des indemnisations pour les victimes et la levée du blocus imposé depuis 2006 par Israël à Gaza, contrôlé par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Le ministère turc des Affaires étrangères n’a pas précisé la nature des « progrès » accomplis à Londres mais Ankara a toujours précisé que la levée du blocus de Gaza, hautement improbable selon les analystes, était indispensable à un accord.

La Turquie est un des plus fidèles soutiens du Hamas et Erdogan qualifie régulièrement de « génocide » la politique israélienne envers les Palestiniens.

« Nos conditions n’ont pas changé depuis 2010 », a encore rappelé jeudi M. Davutoglu devant la presse.

Les analystes suggèrent que le désir de rapprochement manifesté par Ankara a été accéléré par la crise diplomatique qui affecte ses relations avec la Russie autour de la guerre en Syrie, avec un intérêt particulier pour les réserves de gaz israéliennes.

Moscou est le principal fournisseur d’hydrocarbures d’Ankara.

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