La victoire de Taika Waititi et 5 moments forts juifs des Oscars 2020
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La victoire de Taika Waititi et 5 moments forts juifs des Oscars 2020

Le film satirique du cinéaste judéo-maori se veut une réponse à la "résurgence de la haine, de l'intolérance et des discours de haine"

Les stars juives Natalie Portman, Taika Waititi, et Timothée Chalamet aux Oscars, le 9 février 2020. (Crédit : Steve Granitz/WireImage via JTA)
Les stars juives Natalie Portman, Taika Waititi, et Timothée Chalamet aux Oscars, le 9 février 2020. (Crédit : Steve Granitz/WireImage via JTA)

(JTA) — Quand Adam Sandler a été exclu des nominations aux Oscars de cette année pour « Uncut Gems », les Oscars ont perdu la chance d’avoir un discours aussi hilarant que celui que l’acteur a prononcé samedi aux Independent Film Spirit Awards.

Mais les Oscars de cette année ont néanmoins été marqués par des moments juifs assez merveilleux. En voici un résumé.

La grande soirée du réalisateur, écrivain et acteur juif maori Taika Waititi

Le cinéaste de 44 ans a remporté l’Oscar de la meilleure adaptation pour « Jojo Rabbit ». Il s’agit de sa première statuette et de la première distinction accordée à un réalisateur aborigène.

Sa satire « anti-haine », sur un jeune garçon et son ami imaginaire Adolf Hitler, était nommé dans six catégories.

Le metteur en scène a déclaré que son prix était un prix pour « tous les gamins aborigènes du monde qui veulent faire de l’art, de la danse, écrire des histoires. Nous sommes les premiers conteurs et nous pouvons le faire ici aussi. » Son père est originaire de la tribu maorie Te Whānau-ā-Apanui.

Taika Waitititi, au centre, a écrit et réalisé ‘Jojo Rabbit’, dans lequel joue Roman Griffin Davis, à sa droite. (Crédit : Kimberley French/Twentieth Century Fox Film Corp. via JTA)

Il s’est également adressé à sa mère, de confession juive : « merci d’être ma mère, et pour beaucoup d’autres choses, mais merci de m’avoir donné le livre que j’ai adapté. Ce film n’aurait pas existé si tu n’avais pas fait cela ».

C’est en effet sa mère, Robin Cohen, qui l’avait encouragé à lire Caging Skies, de Christine Leunens, dont le film satirique de Taika Waititi est adapté.

« Aujourd’hui, nous connaissons Hitler comme l’homme diabolique qui a orchestré la torture et le meurtre de millions de personnes », a-t-elle indiqué à Variety. « Mais si nous ne réfléchissons pas plus profondément à la façon dont il a convaincu la moitié du monde de l’aider, nous laissons la porte ouverte à une réédition. Lorsque Taika le dépeint comme le héros affable de l’imagination d’un petit garçon, notre idée d’Hitler est faussée, comme une aiguille qui gratte un disque. Cet Hitler imaginaire nous rappelle une réalité inconfortable – que dans un climat approprié, ce que nous en arrivons à imaginer peut s’avérer mortel ».

Ce sont les comédiens juifs Natalie Portman et Timothée Chalamet qui ont remis le prix au réalisateur.

Taika Waititi accepte un Oscar pour “Jojo Rabbit” aux Oscars, le 9 février 2020. (Crédit : Kevin Winter/Getty Images via JTA)

Dans la salle de presse après sa victoire, il s’est fait l’écho du sentiment de sa mère sur la prescience du film. Il a déclaré avoir fait le film en réponse à une « résurgence de la haine, de l’intolérance et des discours de haine ».

« A la fin de la guerre, il y avait une règle très claire : si vous étiez un nazi, vous alliez en prison. Maintenant, les règles ont un peu changé : si vous êtes un nazi, vous pouvez organiser un rassemblement sur la grande place et inviter tous vos camarades. Alors, quelque chose a changé et quelque chose ne va pas ».

La chanson d’Idina Menzel

Idina Menzel, la voix d’Elsa dans « La Reine des Neiges » (et sa suite) a interprété la chanson « Into the Unknown », nommée aux Oscars, avec des choristes du monde entier.

C’est Josh Gad, sa co-vedette juive de « Frozen », qui a présenté la mère de famille et a tenu à prononcer son nom correctement, en disant : « l’iconique et brillante Idina Menzel, ça se prononce comme ça s’écrit ». (Il s’agissait d’une pique à l’adresse de John Travolta, qui n’a pas pu prononcer son nom lors de la cérémonie de 2014).

Il n’y avait malheureusement pas de chanteur juif.

La robe de Natalie Portman

Les noms des réalisatrices Lorene Scafaria (« Queens »), Lulu Wang (« L’adieu »), Greta Gerwig (« Little Women »), Marielle Heller (« Un Ami extraordinaire »), Melina Matsoukas (« Queen & Slim »), Alma Har’el (« Honey Boy »), Céline Sciamma (« Portrait d’une jeune fille en feu) et Mati Diop (« Atlantique ») étaient brodés sur le liseré de la cape que portait l’actrice israélo-américaine.

La réalisatrice israélienne Alma Har’el, dont le nom figurait sur la robe, a tweeté : « Ma première fois aux Oscars n’aurait pas pu être plus belle. » Plus tard sur Twitter, elle a également fait part de son enthousiasme pour Bong Joon Ho, le réalisateur sud-coréen dont le long-métrage « Parasite » est devenu le tout premier non anglophone à remporter le prix du meilleur film.

Des stars juives ont fait des apparitions mémorables en tant que remettants.

Portman et Chalamet faisaient partie des nombreuses célébrités juives à avoir remis des prix, aux côtés de Beanie Feldstein, Gal Gadot, Steven Spielberg et Maya Rudolph.

Taika Waititi est également revenu pour honorer les populations autochtones du sud de la Californie, rendant hommage aux Tongva, aux Tataviam et aux Chumash qui vivaient dans ce qui est aujourd’hui Los Angeles : « nous les reconnaissons comme les premiers peuples de cette terre sur laquelle la communauté cinématographique vit et travaille. »

Des stars juives honorées à titre posthume

Présenté par le réalisateur juif Steven Spielberg – le volet « in memoriam » a rendu hommage à ceux qu’Hollywood a perdus cette année. Comme Billie Eilish l’a chanté, l’émission a rendu hommage au producteur de « La liste de Schindler » et survivant de la Shoah Branko Lustig, à l’actrice juive emblématique Sylvia Miles et à Buck Henry, scénariste de « Le Lauréat » et « Prête à tout ». La cérémonie a également salué la mémoire de Kirk Douglas, l’acteur né Issur Danielovich, décédé la semaine dernière à l’âge de 103 ans.

Et en dehors des Oscars…

L’humoriste juive Chloe Fineman, nouvelle recrue de l’émission satirique SNL, a réalisé des imitations parfaites des nommés.

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