L’aide US à Israël pourrait porter un coup terrible à l’industrie de la défense
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L’aide US à Israël pourrait porter un coup terrible à l’industrie de la défense

Selon les termes actuels, l'ensemble des fonds doit être dépensé aux États-Unis, faisant perdre aux fabricants locaux plus de 2 M de $ par an, et jusqu'à 22 000 emplois

Des soldats Golani dans un Namer lors d'un exercice dans les hauteurs du Golan, en août 2012 (Crédit : CC-BY-SA/Abir Sultan / IDF)
Des soldats Golani dans un Namer lors d'un exercice dans les hauteurs du Golan, en août 2012 (Crédit : CC-BY-SA/Abir Sultan / IDF)

Jusqu’à 22 000 employées de l’industrie de la défense d’Israël pourraient perdre leur emploi et des pertes annuelles pouvant s’élever à 1,3 milliard de dollars sont à envisager, à moins que le président américain Donald Trump n’accepte de changer une clause dans l’enveloppe d’aide militaire américaine pour Israël qui insiste sur le fait que les fonds doivent uniquement être dépensé sur des armes produites aux Etats-Unis, a indiqué le ministère de la Défense aux députés.

Lundi, lors d’une rencontre spéciale de la Commission des finances sur le sujet, les membres de la Knesset ont incité le gouvernement à rouvrir les négociations avec les Etats-Unis sur l’accord signé en 2016 par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le prédécesseur de Trump, Barack Obama.

L’enveloppe d’aide – la plus importante du genre dans l’histoire américaine – accordera à Israël 38 milliards de dollars d’aide militaire sur les dix prochaines années, à partir de 2019.

Une clause spécifie la mise en place progressive d’une pratique qui a permis à Israël d’utiliser 26,3 % des liquidités sur ses propres industries de défense. D’ici 2028, tout l’argent devra être utilisé sur des équipements militaires fabriqués aux Etats-Unis.

Avertissant que l’accord pourrait causer un « dommage inacceptable », le président de la Commission Moshe Gafni a dit qu’alors que l’aide allait augmenter, la société « s’effondrerait de l’intérieur ».

Moshe Gafni, membre du Yahadout HaTorah, préside la commssion des Finances de la Knesset le 5 mars 2018 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Le député de Yesh Atid Mickey Levi, qui a convoqué la réunion pour débattre , a dit que « l’administration actuelle aux Etats-Unis est différente de la précédente, et il est possible de faire quelque chose au niveau politique ».

Un représentant des entreprises impliquées dans la production du tank Merkava fabriqué en Israël a dit que les conditions de l’accord d’aide entraîneraient une coupe de presque 40 % dans les dépenses du ministère de la Défense pour l’industrie locale chaque année.

Décrivant l’accord comme un « piège de miel », il a dit qu’il menaçait les 200 entreprises locales impliquées dans la production du Merkava tout comme du véhicule blindé de transport de troupe Namer.

Un représentant de l’industrie israélienne aéronautique a dit que si 80 % de sa production étaient destinés aux exportations, 95 % des employés, des fournisseurs et des sous-traitants étaient locaux et seraient impactés par l’accord d’aide avec les Etats-Unis.

L’économiste du ministère de la Défense Zeev Zilber a dit que 1,3 milliard de dollars serait perdus par l’industrie israélienne de la défense chaque année et que jusqu’à 22 000 emplois étaient menacés, dont beaucoup dans des zones périphériques d’Israël.

L’industrie militaire locale faisait partie d’un système, a-t-il poursuivi, qui fournit un accès simple, une réponse d’urgence et une indépendance en termes de production et de technologie.

« Les ministres des Finances et de l’Economie comprennent que ce dossier demande une réponse globale du gouvernement », a-t-il ajouté.

Un soldat israélien se tient au sommet d’un char Merkava Mark IV alors que les unités prennent position près de la frontière syrienne sur le plateau du Golan le 9 mai 2018. (« AFP PHOTO / JALAA MAREY »)

Le député Eyal Ben Reuven a averti qu’Israël pourrait perdre son indépendance en cas d’urgence, par exemple au cas où l’industrie locale de la défense devrait rapidement augmenter la production de systèmes anti-missile du Dôme de Fer en période de guerre.

« La chose la plus dérangeante est que le gouvernement n’a aucune solution », a-t-il dit.

Demandant une autre discussion sur le sujet dans un mois, Gafni, président de la Commission, a dit qu’il était clair que l’accord, tel il est conçu actuellement, a des implications « très sérieuses » pour l’industrie de la défense du pays.

Parallèlement, le gouvernement devra détailler ce qu’il a fait, s’il a fait quelque chose, pour résoudre des questions comme « l’effondrement des petites entreprises », et le transfert de « dépendance sur des entreprises américaines », a-t-il dit, et que c’était le travail du gouvernement d’expliquer aux Américains que l’accord causerait un « dommage inacceptable ».

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