L’ancienne présidente de la Cour suprême dirigera l’enquête sur Meron
Mordechai Karelitz représentera les 'haredim au sein du panel de trois membres, aux côtés de l'ancien chef de la planification de Tsahal ; la tragédie du 30 avril a fait 45 morts
La commission gouvernementale chargée d’enquêter sur la catastrophe du 30 avril au Mont Meron, qui a fait 45 morts et plus de 150 blessés, sera dirigée par l’ancienne présidente de la Cour suprême Miriam Naor, a-t-il été annoncé dimanche.
La commission, composée de trois membres, comprendra également l’ancien maire de Bnei Brak, le rabbin Mordechai Karelitz, et l’ancien chef de la planification de Tsahal, le major-général (de réserve) Shlomo Yanai.
Lors de sa première réunion officielle, le 20 juin, le cabinet a approuvé une proposition soumise par le ministre de la Défense, Benny Gantz, et le ministre des Finances, Avigdor Liberman, visant à créer une commission d’enquête gouvernementale sur la catastrophe.
Les membres de la commission ont été nommés par l’actuelle juge en chef Esther Hayut.
Le nouvel organe a été chargé par le gouvernement de mener une enquête détaillée sur la catastrophe et de recommander des changements spécifiques au lieu saint, qui accueille chaque année une célébration en l’honneur du Sage du IIe siècle, le rabbin Shimon Bar Yochai, attirant des centaines de milliers de fidèles, ce qui en fait le plus grand événement juif annuel au monde.
Mais la commission est également chargée de formuler des recommandations sur les politiques et réglementations appropriées pour les événements de masse, en particulier les événements religieux, au-delà de Meron.
Karelitz, le membre ‘haredi du groupe, a également siégé au sein de la commission Tal, qui a cherché un compromis au recrutement militaire des jeunes ‘haredi. Dans l’annonce des nouveaux membres, Hayut a écrit que Karelitz combinait une longue expérience de la planification et de la construction avec « une grande expertise de l’expérience religieuse entourant la célébration du Rashbi. »
La nomination de Karelitz intervient après que la décision du cabinet du 20 juin ait demandé au comité de tenir compte du contexte religieux et des sensibilités de l’enquête, notant que le pèlerinage de Meron est fréquenté principalement par des ‘haredim et que la plupart des victimes étaient ‘haredi.
M. Yanai a servi en tant que chef du commandement sud de l’armée et de sa direction de la planification. Depuis qu’il a quitté l’armée, il a été PDG d’une entreprise et a présidé une organisation à but non lucratif qui aide les jeunes en difficulté.
La commission disposera d’un budget de 6 millions de shekels et enquêtera – en coordination avec le procureur général et d’autres enquêtes parallèles en cours – sur le déroulement de la catastrophe et sur les processus décisionnels qui ont autorisé l’événement.
Selon la proposition de Gantz et Liberman, qui a été acceptée par le cabinet, le mandat du groupe de travail sera d’enquêter sur « l’ensemble des questions professionnelles et juridiques concernant les procédures de sécurité lors des rites religieux et des lieux publics qui les accueillent, en particulier les événements qui attirent une participation massive ». Il cherchera également à établir les outils « à la disposition du gouvernement et des autres autorités pour permettre une utilisation efficace et saine des lieux. »
En se félicitant de ces nominations, M. Gantz a déclaré dimanche que les conclusions de la commission « permettront de sauver des vies à l’avenir. »
La commission devrait enquêter sur la conduite et la prise de décision de l’ancien ministre de la Sécurité intérieure Amir Ohana, de l’ancien ministre de l’Intérieur Aryeh Deri et de l’ancien ministre du Logement Yaakov Litzman, qui étaient tous en fonction au moment des faits, selon les médias israéliens. Deri et Litzman se sont opposés à la formation de la commission.
Selon un rapport de la Douzième chaîne la semaine dernière, d’autres responsables devraient faire l’objet d’une enquête par le groupe de travail, notamment le commissaire de la police israélienne Yaakov Shabtai et le chef de la police du district nord, Shimon Lavi.
Le rabbin Shmuel Rabinowitz, président de la Fondation du patrimoine du Kotel, qui a été choisi pour diriger une commission chargée du site l’année dernière, devrait également être interrogé, ainsi que Yossi Schwinger, chef du Centre national pour le développement des lieux saints, l’organisme gouvernemental officiellement chargé du lieu, pour n’avoir pas suffisamment assuré la sécurité du site.
Le cabinet a également décidé que le ministère de la Protection sociale aiderait et accompagnerait les familles des victimes dans l’obtention d’une indemnisation et que le groupe de travail publierait des rapports intermédiaires sur ses progrès, si nécessaire.
La tragédie s’est produite le 30 avril, alors que des milliers de personnes célébrant Lag Baomer sur la tombe de Rabbi Shimon Bar Yochai s’engouffraient dans un passage étroit. Le passage était recouvert d’un plancher métallique, qui, selon certaines hypothèses, était humide, ce qui a provoqué la chute de certaines personnes pendant la ruée vers la sortie. Certaines sont apparemment tombées dans le passage et ont dévalé une volée d’escaliers se trouvant à son extrémité, chutant sur ceux qui se trouvaient en dessous et provoquant un effet domino mortel.
Quelques semaines plus tard, un autre incident a fait deux morts et plus de 150 blessés lorsqu’un gradin s’est effondré sous les pieds des fidèles dans une synagogue de Givat Ze’ev, juste avant le début des fêtes de Shavuot. La semaine dernière, une troisième victime a succombé à ses blessures, subies lors de l’effondrement.
Le Premier ministre Naftali Bennett, qui a supervisé la réunion du cabinet au cours de laquelle la commission a été approuvée, a déclaré à l’époque que cette décision était cruciale.
« Quarante-cinq personnes ont perdu la vie dans cette terrible catastrophe et la responsabilité d’en tirer les leçons et de prévenir la prochaine catastrophe repose sur nos épaules », a déclaré Bennett. « Une commission ne peut pas ramener ceux qui ont péri, mais le gouvernement peut tout faire pour éviter des pertes de vie inutiles à l’avenir. »