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Lapid : Donner de l’uranium aux Saoudiens au nom de la paix « met en danger Israël »

Le chef de l'opposition a déclaré aux démocrates américains en visite en Israël que les capacités d'enrichissement de Ryad seraient préjudiciables à toute la région

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le chef du parti Yesh Atid, le député Yaïr Lapid, s'adressant au plénum de la Knesset, le 30 juillet 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef du parti Yesh Atid, le député Yaïr Lapid, s'adressant au plénum de la Knesset, le 30 juillet 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a déclaré aux législateurs du Parti démocrate en visite en Israël qu’il s’opposait à éventuel accord de normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite qui permettrait à Ryad d’enrichir de l’uranium, selon un rapport publié jeudi.

Le Wall Street Journal a rapporté mercredi que dans le cadre de l’éventuel accord qui serait en cours de discussion, les États-Unis fourniraient de facto une aide au développement d’un programme nucléaire civil et donneraient des garanties de sécurité majeures à l’Arabie saoudite. D’autre part, Ryad prendrait des mesures importantes pour se distancer de la Chine et Israël prendrait des mesures significatives en vue de créer un État palestinien indépendant.

« Je m’oppose à tout accord prévoyant l’enrichissement d’uranium en Arabie saoudite. L’accord actuel met en danger la sécurité d’Israël et celle de la région. Il est interdit de donner à l’Arabie saoudite un quelconque niveau d’enrichissement de l’uranium », a déclaré Lapid aux représentants du Congrès, selon un reportage de la Treizième chaîne qui n’a pas fourni de citation.

La chaîne indique que Lapid est parvenu à ces conclusions après avoir rencontré à ce sujet des responsables israéliens de la sécurité. Ces derniers ont exprimé un malaise apparent face à la demande saoudienne d’un programme nucléaire civil, qui pourrait éventuellement être utilisé à des fins militaires et déclencher une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient.

Lapid a fait des remarques similaires lors d’une interview accordée jeudi à la Douzième chaîne.

« Je n’ai aucun problème avec un programme nucléaire civil. Certains pays du Moyen-Orient en ont. Ce qu’ils n’ont pas en revanche, c’est l’enrichissement de l’uranium sur leur sol. C’est ce qui est proposé aujourd’hui et on ne peut pas permettre que cela reste sur la table. Israël ne peut pas accepter l’enrichissement d’uranium en Arabie saoudite, car cela met en danger sa sécurité », a-t-il déclaré.

Le chef du protocole américain de l’époque, Cam Henderson, aidant le président américain de l’époque, Donald J. Trump, le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn Abdullatif al-Zayani, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdullah ben Zayed al-Nahyan, à présenter les documents lors de la signature des Accords d’Abraham, sur la pelouse sud de la Maison Blanche, le 15 septembre 2020. (Crédit : La Maison Blanche/Andrea Hanks, via Wikimedia Commons)

Lapid a ajouté qu’il était favorable à un accord avec Ryad, mais pas à un tel prix. « Cela nuira à notre lutte contre l’Iran. Cela conduira à une course régionale aux armements », a-t-il averti.

L’ancien conseiller à la sécurité nationale Eyal Hulata a également déclaré jeudi à la chaîne publique israélienne Kan qu’Israël ne pouvait pas soutenir un projet nucléaire civil au Moyen-Orient qui inclurait un enrichissement local.

« Légitimer l’enrichissement de l’uranium sur le sol d’autres pays du Moyen-Orient représente un danger pour Israël », a-t-il déclaré.

Le Likud a réagi jeudi aux remarques de Lapid en déclarant que « le Premier ministre Benjamin Netanyahu a conclu quatre accords de paix historiques qui n’ont fait que renforcer la sécurité et la position de l’État d’Israël, et c’est ce qu’il continuera à faire ».

Sous son précédent gouvernement, Netanyahu a conclu des accords de normalisation avec les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Maroc. Le Soudan s’est également engagé à nouer des liens, mais ce processus est depuis lors au point mort.

« Il serait préférable que Lapid, qui a donné au [groupe terroriste chiite libanais du] Hezbollah des réserves de gaz israéliennes gratuitement, ne prêche pas au Premier ministre Netanyahu », peut-on lire dans la déclaration, en référence à un accord qui a délimité une frontière maritime entre Israël et le Liban et qui a été signé sous le gouvernement de Lapid en 2022.

Après la publication de l’article du Wall Street Journal, un responsable israélien et la Maison Blanche ont souligné qu’aucun progrès majeur n’avait été réalisé en vue d’un accord.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane présidant le sommet de la Ligue arabe, à Jeddah, en Arabie saoudite, le 19 mai 2023. (Crédit : Agence de presse saoudienne via AP)

En outre, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane – alias MBS – a déclaré à des collaborateurs qu’il n’était pas prêt à pleinement normaliser les liens avec Israël et qu’il n’était pas désireux de parvenir à un accord avec l’actuel gouvernement actuel de Netanyahu, qui applique une ligne radicale.

Le 27 juillet, le New York Times a également rapporté que le président américain Joe Biden n’avait pas encore décidé s’il approuverait ou non la manœuvre, mais qu’il avait chargé ses collaborateurs d’essayer de parvenir à un accord.

Dans le cadre d’un accord potentiel, Ryad cherche à obtenir un traité de sécurité mutuelle de type OTAN qui obligerait les États-Unis à se porter à son secours en cas d’attaque ; un programme nucléaire civil contrôlé et soutenu par les États-Unis ; et la possibilité d’acheter à Washington des armements plus avancés tels que le système de défense anti-missile balistique THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), qui pourrait être utilisé pour lutter contre l’arsenal de missiles de plus en plus important de l’Iran, a écrit Thomas L. Friedman dans son article du New York Times, confirmant un précédent article du Times of Israel.

En échange, les États-Unis attendent de Ryad qu’il offre un programme d’aide d’une ampleur sans précédent aux institutions palestiniennes de Cisjordanie, qu’il réduise de manière significative ses accords avec des entreprises high-tech chinoises telles que Huawei, qu’il utilise des dollars américains au lieu de la monnaie chinoise pour fixer le prix des ventes de pétrole, qu’il rejette le projet de Pékin d’établir une base militaire sur le sol saoudien et qu’il contribue à mettre fin à la guerre civile au Yémen, selon l’éditorialiste, qui a obtenu plusieurs entretiens récents avec Biden et qui est considéré comme un proche du président.

Quant aux mesures spécifiques qu’Israël devra prendre à l’égard des Palestiniens, elles n’ont pas encore été définies. Un diplomate au fait du dossier a déclaré mardi au Times of Israel que Ryad n’était pas encore suffisamment au fait de la question pour formuler des demandes spécifiques.

Le diplomate a déclaré que la question n’était pas « urgente » pour MBS et qu’il avait peu de sympathie pour la direction actuelle de l’Autorité palestinienne (AP). Toutefois, le prince héritier reconnaît également qu’il ne peut pas conclure un accord avec Israël en négligeant les Palestiniens, compte tenu de l’opinion publique en Arabie saoudite et du fait que le royaume se considère comme le gardien des lieux saints musulmans, a ajouté le diplomate.

Pour sa part, Netanyahu a confirmé cette semaine que la question palestinienne n’était qu’une case « à cocher (…) pour dire qu’on l’a fait », indiquant qu’il ne s’attendait pas à ce que les exigences sur ce front soient particulièrement élevées.

Le conseiller à la sécurité nationale Tzahi Hanegbi s’exprimant lors de la conférence de Herzliya, à l’université Reichman, le 23 mai 2023. (Crédit : Gilad Kavalerchik/Dossier)

Le conseiller à la sécurité nationale, Tzahi Hanegbi, a déclaré au Wall Street Journal qu’aucune condition n’avait encore été présentée à Israël.

« Pour l’instant, nous ne savons même pas par où commencer. Les États-Unis et l’Arabie saoudite sont encore en train de régler des questions fondamentales entre eux, de sorte qu’il est apparemment prématuré pour eux d’en discuter. »

Néanmoins, Hanegbi a déclaré qu’il était « pleinement convaincu » que « quelle que soit la décision des États-Unis » sur la question, elle répondrait aux préoccupations israéliennes.

Par ailleurs, d’autres responsables israéliens ont exprimé un malaise apparent face à la demande saoudienne d’un programme nucléaire civil.

Le ministre des Affaires étrangères, Eli Cohen, a publié un article d’opinion dans le Wall Street Journal de mardi, dans lequel il affirme que si les États-Unis acceptaient un pacte de défense avec Ryad dans le cadre d’un accord potentiel de normalisation entre l’Arabie saoudite et Israël, cela rassurerait l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe sur le fait qu’ils sont protégés de l’agression iranienne, ce qui rendrait leurs ambitions nucléaires « inutiles ».

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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