L’armée israélienne arrête une jeune Palestinienne qui avait frappé des soldats israéliens par provocation
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L’armée israélienne arrête une jeune Palestinienne qui avait frappé des soldats israéliens par provocation

La jeune fille a été filmée en train de frapper des militaires. Selon l'armée, ces derniers ont réagi "professionnellement" en ignorant les gifles qui leur ont été données par Ahed Tamimi, 17 ans, devant la caméra

Deux jeunes femmes provoquent un soldat israélien à Nabi Saleh (Capture d'écran)
Deux jeunes femmes provoquent un soldat israélien à Nabi Saleh (Capture d'écran)

Les forces israéliennes de sécurité ont arrêté dans la nuit de lundi l’une des adolescentes qui avait été filmée en train de frapper et de harceler des soldats de l’armée israélienne en Cisjordanie, dans un effort apparent visant à susciter une riposte violente de leur part.

L’armée a fait savoir dans un communiqué que la jeune fille avait été arrêtée pour avoir participé à des émeutes violentes vendredi, dans le village de Nabi Saleh en Cisjordanie.

L’adolescente, qui a été identifiée dans les médias sous le nom d’Ahed Tamimi, 17 ans, a été interrogée par les services de sécurité du Shin Bet.

Selon l’agence de presse palestinienne Maan, les soldats israéliens ont saisi des téléphones cellulaires, des organisateurs portables et des appareils photos au domicile de Tamimi.

Elle a été arrêtée au cours d’une opération conjointe des soldats israéliens et des agents de la police des frontières.

Vendredi, Tamimi et deux autres adolescentes s’étaient filmées en train de frapper des soldats israéliens, leur criant dessus, giflant même le visage de l’un d’entre eux.

Durant toute cette rencontre, les jeunes filles ont filmé les militaires à l’aide de leur téléphone portable, ce qui semble indiquer qu’elles tentaient de susciter une riposte violente de leur part.

Les soldats ne leur rendent toutefois pas ce service. A travers toute la séquence, ils se retiennent de riposter, même s’ils se défendent des coups les plus forts.

L’armée a fait savoir dans un rapport préliminaire sur l’incident de vendredi que les soldats « ont agi de manière professionnelle et qu’ils ne se sont pas laissés aller à la violence ».

Le communiqué a également établi que les militaires auraient pu arrêter les jeunes filles au moment de l’incident parce qu’elles « ont fait usage de violence physique et empêché les soldats de faire leur devoir ».

Mercredi, la police a indiqué avoir arrêté la mère de la jeune fille palestinienne.

L’avocat de la mère a indiqué à Haaretz que sa cliente a été arrêtée pendant qu’elle tentait d’apprendre ce qui était arrivé à sa fille.

Il y a eu fréquemment des émeutes provoquées à Nabi Saleh entre les soldats et les Palestiniens, à l’initiative notamment des membres du clan Tamimi, qui est connu pour ses implications dans des interactions largement médiatisées avec l’armée israélienne.

Au mois d’août 2015, un soldat de l’armée israélienne avait été filmé en train d’arrêter Muhammad Tamimi, 12 ans, qui avait jeté des pierres pendant une manifestation violente.

Dans la séquence, le soldat semble retenir l’enfant par la force, dont le bras est dans le plâtre. A plusieurs occasions, il saisit l’enfant par la nuque et presse sa tête contre un rocher pour éviter qu’il ne bouge.

Un groupe de femmes et d’enfants, notamment la soeur de Muhammad, Ahd, commencent alors à se battre contre le soldat, la poussant de manière répétée alors qu’il tient l’enfant. Ahd en vient à mordre sa main.

La vidéo de l’échauffourée était devenue virale, attirant des millions de vues.

Des Palestiniens combattant un soldat israélien qui a tenté d’arrêter un garçon lors d’une manifestation près du village cisjordanien de Nabi Saleh, près de Ramallah, le 28 août 2015 (Crédit : AFP Photo / Abbas Momani)

Dans une vidéo de l’incident, elle est vue en train de lever son poing fermé sur le soldat, prête à le frapper. Elle ne le frappera finalement pas.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan l’avait salué et lui avait octroyé un « prix du courage » à Istanbul. Ahd, à son tour, avait encouragé Erdogan à soutenir le boycott d’Israël.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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