L’armée place un droit de rétention sur le compte bancaire d’un vétéran
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L’armée place un droit de rétention sur le compte bancaire d’un vétéran

L’armée veut qu’un officier qui avait été blessé dans un attentat commis par le Hezbollah rende l’argent d’une prime qu’il avait reçu après avoir accepté de prolonger ses états de service. Le soldat avait ensuite changé d’avis

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Deux véhicules militaires israéliens brûlés suite à une attaque revendiquée par le Hezbollah le long de la frontière libanaise le 28 janvier 2015. (Capture d'écran : Deuxième chaîne)
Deux véhicules militaires israéliens brûlés suite à une attaque revendiquée par le Hezbollah le long de la frontière libanaise le 28 janvier 2015. (Capture d'écran : Deuxième chaîne)

Les forces armées israéliennes ont maintenu un droit de rétention sur le compte bancaire d’un ancien officier pendant presque un an dans le contexte d’une querelle portant sur une indemnité accordée au militaire comme prime venant récompenser le prolongement de son service, mais qui lui a été réclamée lors de son départ anticipé de l’armée après une blessure subie lors d’une embuscade tendue par le Hezbollah.

L’ancien soldat avait accepté de prolonger de deux ans ses états de service, en accord de quoi il lui avait été promis qu’il suivrait une formation pour devenir commandant de sa compagnie ainsi qu’un poste significatif au sein de son bataillon, a rapporté mardi le site Ynet.

Pour rendre l’accord encore plus attractif pour l’officier, qui servait au sein de la brigade d’infanterie de Givati, l’armée israélienne lui avait accordé une prime de 34 000 NIS (8 920 dollars) en 2014. Le soldat, dont l’identité n’a pas été révélée dans le reportage, avait pris l’argent et signé les papiers attestant du prolongement de son service. Toutefois, il n’avait pu accéder dans les délais escomptés à sa formation d’officier supérieur.

Déçu par le retard, l’officier avait demandé à être immédiatement libéré de l’armée. Mais avant qu’il ait pu signer les papiers régularisant son départ, en janvier 2015, son unité a été envoyée pour renforcer les forces présentes sur la frontière avec le Liban après que le commandant du Hezbollah Jihad Mughniyeh et 11 autres – parmi lesquels des membres du corps des Gardiens de la révolution iraniens — aient été tués sur le plateau de Golan, côté syrien, lors de frappes aériennes attribuées à Israël.

La riposte était survenue quelques jours plus tard. Le Hezbollah avait lancé des missiles anti-tank sur un convoi de l’armée israélienne dans la région du mont Dov, le long de la frontière libanaise.

Des milliers de partisans du Hezbollah participent aux funérailles de l'un des six combattants du groupe terroriste chiite libanais tués dans un raid aérien israélien le 19 janvier 2015 (Crédit : AFP)
Des milliers de partisans du Hezbollah participent aux funérailles de l’un des six combattants du groupe terroriste chiite libanais tués dans un raid aérien israélien le 19 janvier 2015 (Crédit : AFP)

Un commandant de compagnie et un autre soldat avaient été tués, et l’officier au centre du conflit financier avait été modérément blessé par un éclat d’obus. Après s’être remis pendant six mois et de retour au sein de son unité, il avait demandé à être déchargé après avoir appris qu’il aurait besoin d’attendre encore un an pour suivre sa formation en raison de “contraintes systémiques”.

Dans le document qu’il avait signé, le militaire, reconnu comme handicapé suite aux blessures occasionnées lors de son service, avait apparemment admis que l’argent devrait être rendu. Il a toutefois noté que, selon les propos tenus par ses commandants, cette dette serait effacée.

Malgré ces assurances ostensibles, un droit de rétention a été placé en décembre 2015 sur son compte bancaire, Tsahal lui demandant de régler la somme de 51,784 NIS (13 600 dollars).

Le soldat, qui vit dorénavant avec sa mère, a expliqué à Ynet qu’il avait offert de rembourser la somme par mensualités mais clame que l’armée lui demande de rendre un montant forfaitaire.

“La banque ne me donnera ni un prêt, ni des chèques. Je n’ai aucun moyen de rembourser cette somme”, a-t-il indiqué.
L’armée israélienne a fait savoir dans un communiqué qu’elle demandait l’argent car il n’y avait aucun lien entre les blessures du soldat et son départ de Tsahal.

“Dans le passé, on avait expliqué à l’officier que s’il décidait de raccourcir son temps de service, il devrait rembourser la prime qui lui avait été donnée pour son engagement à prolonger son service, comme c’est la norme dans l’armée israélienne”, dit le communiqué.

L’armée israélienne maintient par ailleurs que l’officier a choisi de mettre un terme à son service et qu’il a même insisté, même s’il lui avait été précisé qu’il serait en mesure de suivre sa formation au grade de commandant dans l’avenir.

Lors de son départ, il avait signé un document admettant qu’il savait qu’il devrait rembourser l’argent, a ajouté l’armée, ainsi que des sommes supplémentaires correspondant à un excès de jours de vacances qu’il avait pris. De plus, en mai 2015, il avait signé un document attestant du fait qu’il avait conscience qu’une action juridique serait entamée s’il ne devait pas rembourser la somme engagée, selon Tsahal.

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