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L’artiste française Annette Messager au coeur d’une retrospective à Tel-Aviv

L'exposition au Musée d'Art rassemble des pièces ayant jalonné son œuvre depuis une cinquantaine d'années, un univers ludique, inquiétant et déconstruisant les stéréotypes féminins

L'artiste visuelle française Annette Messager pose pour un portrait au musée d'art de Tel Aviv, le 23 février 2022. (Crédit : RONALDO SCHEMIDT / AFP)
L'artiste visuelle française Annette Messager pose pour un portrait au musée d'art de Tel Aviv, le 23 février 2022. (Crédit : RONALDO SCHEMIDT / AFP)

De ses réalisations intimistes des années 1970 à ses récents dessins macabres : le travail de l’artiste plasticienne française Annette Messager, qui se dit toujours « obsédée » par le processus créatif, est au cœur d’une rétrospective inaugurée lundi à Tel-Aviv.

Il s’agit de la première exposition monographique consacrée en Israël à l’artiste de 78 ans, récompensée d’un Lion d’Or à la Biennale de Venise en 2005.

Sous le titre « Désirs-Désordres » – une allusion au goût d’Annette Messager pour les jeux de mots – l’exposition au Musée d’Art de Tel-Aviv, se tient jusqu’au 3 septembre. Elle rassemble des pièces ayant jalonné son œuvre depuis une cinquantaine d’années, un univers ludique, inquiétant et déconstruisant les stéréotypes féminins.

Son installation « Casino », inspirée du voyage de Pinocchio et pour laquelle elle a été récompensée à Venise, y tient une place centrale. On retrouve aussi ses animaux empaillés et habillés, ou encore ses installations photographiques de parties de corps.

L’ombre de la pandémie de Covid-19 plane sur l’exposition, dont les préparatifs avaient commencé en 2019.

Pendant deux ans, Annette Messager « a travaillé seule produisant des centaines de dessins », explique la commissaire de l’exposition Marie Shek.

La peur de la mort rôde dans ses dernières œuvres réalisées en 2020 et 2021, comme « YouMe », cœur rose à la ligne tremblante dont le sommet est formé par deux têtes de mort se touchant.

« On est quand même tous obsédés par ce qui s’est passé, par ce que nous vivons actuellement, les masques que nous portons, tous les morts qu’il y a eu et qu’il y a encore », confie l’artiste à l’AFP.

« Le monde a changé (…) et sûrement mon travail aussi », dit-elle.

Annette Messager, qui a eu pour compagnon de route un autre artiste français de renom, Christian Boltanski, décédé en juillet, se dit particulièrement sensible à la vitalité qu’elle perçoit à Tel-Aviv.

Israël « est un pays en guerre, mais je n’ai jamais vu autant de vie, d’enthousiasme dans une ville comme (Tel-Aviv) », affirme l’artiste, soulignant la foule au musée d’art moderne et les terrasses de café bondées.

« Il y a une vie formidable qui justement est due au fait, je pense, (…) qu’on vit (ici) dans l’instant », ajoute celle qui a séjourné dans un kibboutz, un village collectiviste israélien dans les années 1970.

Aujourd’hui l’artiste se dit toujours « obsédée » par la création: « Il n’y a que ça qui m’intéresse, à vrai dire. (…) C’est ma vie. »

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