Lauder à l’UNESCO: « Le monde ne doit pas se taire face à l’antisémitisme »
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Lauder à l’UNESCO: « Le monde ne doit pas se taire face à l’antisémitisme »

L'UNESCO a annoncé un nouveau programme pour former les décisionnaires à s'attaquer à l'antisémitisme via l'éducation par le biais d'un partenariat avec le Congrès juif mondial

De gauche à droite : Le directeur du Congrès juif mondial et vice-président exécutif Robert Singer, Ula directrice générale de l'UNESCO  Audrey Azoulay, le président du Congrès juif mondial Ronald S. Lauder, et le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres., au centre (Crédit :  Shahar Azran).
De gauche à droite : Le directeur du Congrès juif mondial et vice-président exécutif Robert Singer, Ula directrice générale de l'UNESCO Audrey Azoulay, le président du Congrès juif mondial Ronald S. Lauder, et le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres., au centre (Crédit : Shahar Azran).

NEW YORK – Le président du Congrès juif mondial Ronald S. Lauder s’est exprimé mercredi lors d’un événement organisé par l’Organisation des Nations unies pour l’Education, la science et la culture (UNESCO) en marge de l’Assemblée générale de l’ONU sur la force de l’éducation dans la prévention du racisme et de la discrimination, avec une focalisation sur l’antisémitisme.

Cet événement a eu pour objectif de rallier les soutiens des leaders mondiaux sur la nécessité de développer des programmes de formation pour s’attaquer à l’antisémitisme par le biais de l’éducation, et de construire une résilience des jeunes face aux idéologies extrémistes sur la base de réglementations en direction des décisionnaires politiques, qui ont été conjointement publiées par l’UNESCO et par le bureau de l’OSCE pour les institutions démocratiques et les droits de l’Homme (ODIHR).

Le Congrès juif mondial a annoncé soutenir ce nouveau projet en offrant des séminaires aux décisionnaires pour les aider à le mettre en oeuvre.

Cette mise en oeuvre marquera la première phase d’un partenariat entre l’UNESCO et le Congrès juif mondial, qui continuera au mois de novembre avec le lancement d’un site d’éducation sur la Shoah au siège parisien de l’UNESCO.

Dans son discours, Lauder a déclaré : « Combien de Juifs devront être assassinés, comme cela a déjà été le cas en France, en Belgique, en Suède et en Israël, avant qu’on ne dise quelque chose ? Comment le monde ose-t-il garder le silence face aux attaques contre les Juifs, sept décennies après la fermeture des chambres à gaz d’Auschwitz ? C’est notre réponse – nous ne garderons plus jamais le silence. Et vous ne devrez pas le garder non plus ».

Lauder a également évoqué la partialité prévalente à l’ONU, « qui ne désigne qu’un seul pays à la vindicte, encore et encore… Le seul Etat juif sur terre, Israël ».

« Entre 2012 et 2015, l’Assemblée générale a adopté 97 résolutions critiquant des pays – et 83 de ces 97 étaient contre Israël », a déclaré Lauder, ajoutant qu’à l’UNESCO seulement, entre 2009 et 2014, 47 résolutions de condamnations ont été adoptées – une contre la Syrie et 46 contre Israël.

« Audrey Azoulay, nouvelle présidente de l’UNESCO, fait beaucoup pour corriger ce biais et nous l’applaudissons pour cela. Mais après des décennies de mauvais comportements de la part de l’UNESCO, cette réputation ne peut être rectifiée du jour au lendemain. En particulier quand ce virus de l’antisémitisme hante encore le corps entier des Nations unies », a poursuivi Lauder.

Le secrétaire-général de l’ONU, Antonio Guterres, a pour sa part noté que l’antisémitisme prenait de nombreuses formes, et notamment les appels à la destruction d’Israël.

« L’antisémitisme revient toujours et il est de notre devoir de le combattre, » a-t-il remarqué, ajoutant que les Etats-membres des Nations unies ont la responsabilité de faire respecter les droits de l’Homme envers leurs citoyens.

L’ONU et l’UNESCO font un travail important dans la lutte contre l’antisémitisme, a-t-il affirmé, ajoutant : « J’appelle tous les Etats-membres à rejoindre ces efforts cruciaux ».

« L’antisémitisme a survécu pendant tout le millénaire mais il ne devrait pas avoir sa place au 21ème siècle », a ajouté Guterres. « La fidélité à notre charte implique de combattre l’antisémitisme et la haine de toutes nos forces ».

Dans ses propos, Azoulay, la directrice générale de l’UNESCO, a pour sa part indiqué : « S’attaquer à l’antisémitisme, c’est s’attaquer à l’une des forces idéologiques les plus puissantes de l’extrémisme violent. C’est défendre les libertés fondamentales et l’égale dignité de tous les être humains. Et c’est pour cela que la lutte contre l’antisémitisme ne doit pas être seulement menée par les institutions juives ».

« Il est crucial que la communauté internationale entière se mobilise », a ajouté Azoulay, soulignant que l’éducation est l’instrument le plus puissant en termes de prévention à long-terme.

Plusieurs chefs d’Etat et de hauts-responsables gouvernementaux du monde entier ont également assisté à cet événement de mercredi.

Le Premier ministre du Maroc et des ministres représentant l’Argentine, la France, la Hongrie, le Mexique, le Maroc, les Pays-Bas, l’Espagne, le Sri Lanka et le Royaume-Uni ont pris la parole devant l’auditoire.

La professeure de renommée mondiale Deborah Lipstadt et Mina Abdelmalak, éducatrice à l’initiative du musée du mémorial de la Shoah américain sur le déni de la Shoah et l’antisémitisme, se sont également exprimées.

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