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L’avocat de Lady Diana et de Déborah Lipstadt conseille Netanyahu

L'avocat britannique Anthony Julius a donné des conseils au Premier ministre qui risque une mise en examen pour accords de contrepartie illicites et influence des médias

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Anthony Julius. (Capture d'écran YouTube)
Anthony Julius. (Capture d'écran YouTube)

L’éminent avocat britannique Anthony Julius a été consulté par le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans les affaires criminelles qui pèsent contre lui et pour lesquelles il risque une mise en examen pour fraude, abus de confiance et corruption, a découvert le Times of Israël.

Julius, qui est vice-président du cabinet d’avocat Mishcon de Reya qui y dirige le département des litiges, est l’un des experts juridiques non israéliens à avoir donné des conseils juridiques au Premier ministre dans ses affaires, selon des sources britanniques et israéliennes.

Au début du mois, durant les audiences préliminaires à une mise en examen, les avocats de Netanyahu ont présenté des opinions juridiques de cinq professeurs de droit américains, dont Alan Dershowitz, en faisant valoir que le fait d’enquêter sur l’influence de la couverture médiatique en tant qu’infraction pénale – la pierre angulaire de l’affaire 4 000, la plus grave retenue contre le Premier ministre – constitue un danger pour la démocratie.

Julius, spécialisé dans les affaires de diffamation, de litiges en commerce international et en loi des médias, est également conseiller juridique dans l’affaire 2000 pesant sur Netanyahu. Dans les deux affaires, Netanyahu est accusé d’avoir eu des interactions criminelles avec d’éminents propriétaires d’organe de presse israéliens. Interrogé sur les détails des consultation et sur le montant de ses honoraires, Julius a déclaré au Times of Israël qu’il ne pouvait ni infirmer ni confirmer qu’il était en relation avec le Premier ministre. Un porte-parole de Netanyahu a également refusé de s’exprimer sur les travaux de conseil de Julius.

Anthony Julius devant son bureau au centre de Londres, le 12 juillet 1996. (Crédit : AP/Charles Miller)

En tant qu’avocat spécialisé dans les litiges commerciaux, Julius est devenu célèbre lorsqu’il a représenté Diana, Princesse de Galles, lors de son divorce. Il était déjà connu pour avoir représenté plusieurs clients de haut rang dans des affaires de diffamation, notamment le magnat des médias britanniques déchu et député Robert Maxwell, décédé en 1991. En 1996, il a représenté l’historienne juive Deborah Lipstadt dans son procès contre le négationniste David Irving. Ce procès à inspiré le film « Denial« .

« Anthony est un conseiller de confiance pour ses éminents clients, et notamment pour ses actions en faveur des familles fortunées et d’individus dans des litiges personnels et commerciaux », peut-on lire dans sa biographie sur le site de Mishcon de Reya.

Eminent mécène de plusieurs organisations juives caritatives, Julius est également l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment « Trials of the Diaspora: A History of Antisemitism in Britain », un livre de 900 pages.

Netanyahu risque une mise en examen pour fraude et abus de confiance dans trois affaires et pour corruption dans l’affaire 4000.

Dans cette dernière, Netanyahu est soupçonné d’avoir conclu un accord de compromis illicite avec Elovitch, l’actionnaire majoritaire du géant des télécommunications Bezeq, en échange de la couverture positive du site Walla, qui lui appartient.

Au début du mois, le procureur général Avichai Mandelblit a organisé une audience préliminaire pour le Premier ministre, après avoir annoncé en février son intention de le mettre en examen dans les trois affaires.

Une image composite du Premier ministre Benjamin Netanyahu (D) et de l’actionnaire majoritaire de Bezeq Shaul Elovitch. (Flash90 / Ohad Zwigenberg / POOL)

La longue description par Mandelblit des transactions illicites présumées de Netanyahu avec Elovitch a constitué la majeure partie d’un document de 57 pages publié en février, dans lequel le procureur général exposait les allégations qui l’avaient amené à envisager la mise en examen du Premier ministre.

Netanyahu est soupçonné de s’être entendu avec Elovitch pendant environ quatre ans, jusqu’au début de 2017. L’accord présumé a vu Elovitch assurer une couverture favorable de Netanyahu sur Walla, le deuxième plus grand site d’information en Israël, et une couverture critique des rivaux de Netanyahu, notamment pendant les périodes électorales de 2013 et 2015.

L’affaire 2000 concerne les accusations selon lesquelles Netanyahu et Arnon Mozes, le rédacteur en chef du journal Yedioth Ahronoth, ont convenu d’affaiblir un quotidien rival en échange d’une couverture plus favorable de la part du Yedioth. Dans cette affaire, Mandelblit tentera également d’accuser le Premier ministre d’abus de confiance, tandis que Mozes sera accusé de corruption, selon l’issue de son audience préliminaire.

L’affaire 1000, concerne des accusations selon lesquelles Netanyahu aurait reçu des cadeaux et des avantages de bienfaiteurs milliardaires. Mandelblit a déclaré qu’il avait l’intention d’accuser Netanyahu de fraude et d’abus de confiance.

Le Premier ministre nie ces allégations et affirme être victime d’une chasse aux sorcières impliquant l’opposition, les médias, la police et le ministère public.

Mandelblit devrait annoncer sa décision de mise en examen au cours du mois de décembre.

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