L’avocat d’Elor Azaria soumet une requête pour présenter de nouveaux témoignages
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L’avocat d’Elor Azaria soumet une requête pour présenter de nouveaux témoignages

Yoram Sheftel veut démontrer qu'il existe 15 précédents impliquant des blessures par balle sur des Palestiniens commises par des soldats israéliens qui n'ont jamais été jugés pour autant. Certains s'appuieraient sur des enquêtes collectées par B'Tselem

Le père d'Elor Azaria, Charlie, au centre, sa mère Oshrat et son avocat Yoram Sheftel, pendant une conférence de presse annonçant leur décision de faire appel de la condamnation du soldat, à Tel Aviv, le 1er mars 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)
Le père d'Elor Azaria, Charlie, au centre, sa mère Oshrat et son avocat Yoram Sheftel, pendant une conférence de presse annonçant leur décision de faire appel de la condamnation du soldat, à Tel Aviv, le 1er mars 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)

L’un des avocats de la défense du soldat de l’armée israélienne Elor Azaria, reconnu coupable au mois de janvier d’homicide involontaire pour avoir blessé mortellement par balle un terroriste palestinien désarmé et neutralisé l’année dernière, a déposé une requête pour soumettre une nouvelle preuve dans le dossier.

Le mois dernier, Yoram Sheftel, avocat d’Azaria, a fait une demande en appel contre le verdict de culpabilité et la la condamnation à 18 mois de prison décidée par un Tribunal militaire de Jaffa, qui a fait appel de son côté en réclamant une révision à la hausse de sa condamnation entre 30 mois et cinq ans d’emprisonnement.

Jeudi, la Dixième chaîne a fait savoir que Sheftel avait demandé de pouvoir soumettre de nouveaux témoignages, qui comprennent une documentation portant sur au moins quinze affaires où des soldats de l’armée israélienne ont tiré sur des Palestiniens sans pour autant avoir été jugés.

Selon le reportage, certains détails des incidents qui attesteraient de précédents similaires ont été collectés lors d’une enquête lancée par le groupe de défense des droits de l’Homme israélien B’Tselem.

Un militant palestinien du groupe avait filmé Azaria, 21 ans, blessant mortellement Abed al-Fattah al-Sharif par balles, quelques minutes après une attaque au couteau contre des soldats commise par Sharif et un autre homme dans la ville de Hébron, en Cisjordanie. Au moment du tir, Sharif était à terre, désarmé et perdant du sang, déjà blessé par des tirs de riposte. L’incident est survenu le 24 mars 2016.

Cette vidéo avait fait les gros titres à l’international à l’époque et le dossier avait créé de fortes divisions au sein de la société israélienne, certains, à gauche de l’échiquier politique, considérant cette affaire comme un test de l’engagement de l’armée à faire respecter loi et l’ordre en son sein et d’autres, à droite, qui considéraient qu’Azaria avait été victime des circonstances et ne devait pas être sanctionné.

Après le verdict, plusieurs législateurs de droite, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avaient appelé à sa grâce.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman avait immédiatement après l’incident exprimé un vif soutien à l’égard d’Azaria, avant de modérer sa position une fois qu’il avait pris la tête de son ministère, au mois de juin dernier.

Il a toutefois récemment comparé le sort d’Azaria à une affaire qui s’est déroulée au Royaume-Uni.

Elor Azaria, jugé coupable d'homicide après avoir tué un terroriste palestinien neutralisé, avec sa mère devant le tribunal militaire de Tel Aviv, le 21 février 2017. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Elor Azaria, jugé coupable d’homicide après avoir tué un terroriste palestinien neutralisé, avec sa mère devant le tribunal militaire de Tel Aviv, le 21 février 2017. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Il y a deux semaines, la famille d’Azaria s’est représentée devant le Parlement israélien pour affirmer que la peine de leur fils devait être commuée.

S’exprimant aux abords de la Knesset, le 16 mars, avant de pénétrer dans l’institution, Oshra Azaria, lors de l’un de ses rares commentaires à la presse, a ainsi expliqué que son fils « a été envoyé au service de l’état et je demande qu’on me le rende ».

Charlie Azaria, le père, d’Elor, a pour sa part demandé une grâce au président Reuven Rivlin.

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