Le centre Anne Frank nie comparer djihadistes et Juifs persécutés par les nazis
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Le centre Anne Frank nie comparer djihadistes et Juifs persécutés par les nazis

L'organisme basé à Francfort fait face à des critiques après avoir semblé comparer sur Twitter la loi révoquant la citoyenneté des terroristes aux Juifs persécutés par les nazis

Un panneau portant la mention "On ne veut pas de Juifs ici", érigé quelque part en Allemagne à la suite de l'introduction par les nazis des lois raciales de Nuremberg en 1935. (Capture d'écran Youtube)
Un panneau portant la mention "On ne veut pas de Juifs ici", érigé quelque part en Allemagne à la suite de l'introduction par les nazis des lois raciales de Nuremberg en 1935. (Capture d'écran Youtube)

Un centre d’éducation sur la Shoah à Francfort, en Allemagne, a rejeté les critiques cette semaine après avoir semblé comparer le projet de Berlin de révoquer la citoyenneté des combattants de groupes terroristes aux actions du régime nazi à l’égard des Juifs.

Le Centre éducatif Anne Frank, à ne pas confondre avec le Centre Anne Frank pour le respect mutuel aux Etats-Unis [Anne Frank Center for Mutual Respect], a déclaré que sa série de tweets sur la question n’avait pour but que de mettre la question « dans son contexte historique » et a nié avoir assimilé les deux sujets.

Au début du mois, des responsables allemands ont déclaré que le gouvernement envisageait d’introduire une législation qui permettra aux autorités de déchoir les Allemands ayant la double nationalité de leur citoyenneté allemande s’ils combattent pour un groupe terroriste à l’étranger. Les nouvelles règles ne s’appliqueront que pour les cas futurs.

Commentant l’affaire dans une série de tweets le 6 mars, le Centre éducatif Anne Frank de Francfort a tweeté que le projet de loi « prévoit que les combattants allemands [de l’Etat islamique] capturés sont déchus de leur nationalité – à condition qu’ils soient majeurs et ne deviennent pas apatrides conséquemment ».

« Beaucoup de protestations ont éclaté, notamment en ce qui concerne le Troisième Reich. En fait, les nazis ont utilisé massivement les moyens d’expatriation. En plusieurs vagues, plus de 39 000 personnes au total ont été expatriées, en particulier des Juifs ».

« A partir de novembre 1941, ces personnes perdent automatiquement leur citoyenneté lorsqu’elles franchissent les frontières du Reich – qu’elles aient ‘émigré’ ou qu’elles aient été déportées ‘volontairement' », est-il dit. « Entre autres choses, Albert Einstein a été concerné au motif qu’il avait violé ‘le devoir d’être fidèle au Reich et au peuple' ».

Le centre a ajouté : « Dans les démocraties, la privation de la citoyenneté est un moyen qui prive le ressortissant, le citoyen, de la possibilité d’y participer. C’est pourquoi les avocats plaident en faveur d’une approche modérée de ce moyen ».

Ces messages ont été accueillis avec indignation, les commentateurs accusant le centre d’assimiler les victimes juives du nazisme aux djihadistes qui se joignent de plein gré aux groupes terroristes.

L’officier à la retraite de l’armée britannique, le colonel Richard Justin Kemp, qui écrit sur les questions de défense, a envoyé un tweet, « Une terrible insulte [de la part du centre Anne Frank]. Ils devraient effacer ce tweet honteux ».

Le centre a défendu ses commentaires en envoyant un tweet à Kemp, « Non, nous n’avons pas comparé ou assimilé les victimes juives de la Shoah aux terroristes de l’Etat islamique. Et nous l’avons dit très clairement après que certains ont mal interprété notre tweet de cette façon. Nous n’avons en aucun cas défendu les djihadistes. Ce n’est tout simplement pas vrai ».

Samedi, le centre a tweeté : « Nous n’avons en aucun cas fait de parallèles entre les juifs et les terroristes islamiques. Nous n’avons pas du tout écrit cela ».

« Et pour tous ceux qui lisent ça dans notre tweet : nous avons été très clairs sur notre position. Non, nous ne défendons pas l’Etat islamique. Non, nous n’assimilons en aucune façon les victimes de la Shoah aux terroristes », a écrit le centre.

Il a en outre précisé que « nous replaçons les moyens de retrait de la citoyenneté dans leur contexte historique ».

« Dans le droit fondamental, la protection contre l’expatriation est d’une grande importance, surtout à cause des expériences du national-socialisme. Certains utilisateurs ont compris le lien comme une équation entre les victimes juives du national-socialisme et les membres allemands de la milice terroriste Etat islamique. Nous regrettons vivement que notre formulation ait laissé cette place à cette interprétation. Une telle équation n’était, bien sûr, pas notre intention ».

Le centre est dirigé par le Dr Meron Mendel, né en Israël. Il est soutenu par la Fondation Anne Frank de Bâle, en Suisse, créée par le père d’Anne Frank, Otto, après la guerre. C’est l’un des nombreux centres éducatifs dans le monde qui se consacrent au récit de l’histoire d’Anne Frank.

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