« Le cessez-le-feu, l’abandon des captifs », pour les parents de Hadar Goldin
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« Le cessez-le-feu, l’abandon des captifs », pour les parents de Hadar Goldin

Avant une rencontre avec le Premier ministre, les parents du soldat dont la dépouille serait retenue depuis 2014 par le Hamas notent que leur fils a été enlevé pendant une trêve

Leah Goldin, (à droite), et son mari Simcha Goldin et d'autres membres de la famille et soutiens se rassemblent à proximité de la cérémonie mémorielle de l'Etat pour l'Opération Bordure protectrice sur le mont Herzl le 23 juillet 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
Leah Goldin, (à droite), et son mari Simcha Goldin et d'autres membres de la famille et soutiens se rassemblent à proximité de la cérémonie mémorielle de l'Etat pour l'Opération Bordure protectrice sur le mont Herzl le 23 juillet 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Les parents d’un soldat de l’armée israélienne mort au combat, dont la dépouille est retenue par le Hamas depuis 2014, ont fustigé Benjamin Netanyahu en amont d’une réunion qui a eu lieu, dimanche, avec le Premier ministre, disant qu’un cessez-le-feu s’apparentait à l’abandon de leur fils et des autres Israéliens retenus en captivité par le groupe terroriste.

Simcha et Leah Goldin, dont le fils, le Lieutenant Hadar Goldin, avait été tué pendant l’opération Bordure protectrice, faisaient apparemment référence à la fin de la flambée de violences qui a eu lieu, la semaine dernière, entre Israël et le second groupe terroriste le plus important de l’enclave côtière, le Jihad islamique palestinien – des affrontements dont le Hamas serait resté largement en marge.

« Après cinq années et quatre mois durant lesquels rien n’a véritablement été fait, nous attendons d’entendre de la bouche de Netanyahu quand il récupèrera les soldats et les civils qui se trouvent encore entre les mains du Hamas », ont-ils déclaré.

« Hadar a été enlevé pendant un cessez-le-feu qui avait été violé par le Hamas. Tout autre cessez-le-feu mis en place par le gouvernement israélien sans restitution des soldats est une suite de l’abandon du Lieutenant Hadar Goldin et du sergent Oron Saul, laissés entre les mains de l’ennemi », a ajouté le couple de parents endeuillés.

Photo montage des soldats de Tsahal Oron Shaul (à gauche) et Hadar Goldin (à droite).

Le Hamas n’a pas pris activement part dans les affrontements de quarante-huit heures qui se sont déclarés entre Israël et les combattants du Jihad islamique de la bande – un geste de neutralité qui a été considéré par certains comme une nouvelle ouverture en faveur de l’établissement d’une trêve à long-terme avec l’Etat juif.

Et si deux roquettes du Hamas ont été tirées en direction de Beer Sheva, samedi, les responsables israéliens semblent estimer que cette attaque a été menée par des membres du groupe qui auraient agi sans autorisation préalable des leaders de l’organisation.

Le Hamas, qui gouverne la bande de Gaza et qui a juré de détruire Israël, conserverait les dépouilles de deux soldats israéliens, Oron Shaul et Hadar Goldin, dont les corps auraient été capturés par le groupe terroriste après leur mort au cours de l’opération Bordure protectrice, dans l’enclave côtière.

Le groupe terroriste retient aussi en otages deux citoyens israéliens — Avraham Abera Mengistu et Hisham al-Sayed — qui seraient entrés dans la bande de Gaza de leur propre gré en 2014-2015.

Les parents des soldats décédés et la famille Mengistu ont exprimé leur frustration répétée face à Netanyahu et au manque d’initiatives prises par le gouvernement pour négocier le retour de leurs enfants.

Le frère d’Avera Mengistu (à droite) et le père de Hisham al-Sayad posent pour une photo alors qu’ils organisent une conférence de presse demandant la libération des deux citoyens israéliens prisonniers du Hamas, le 6 septembre 2018. (Hadas Parush/FLASH90)

Au début du mois, le principal négociateur pour la libération des Israéliens détenus par le Hamas a indiqué que le groupe terroriste palestinien se refusait à adopter un positionnement qui permettrait des progrès réels dans des pourparlers en vue d’un possible échange de prisonniers.

« Malheureusement, et malgré de réels efforts de notre côté, le Hamas refuse de prendre une position réaliste qui mènerait à des progrès réels dans le dossier », a estimé Yaron Blum, vétéran du Shin Bet, nommé en 2017 comme négociateur en chef israélien pour les prisonniers de guerre et les soldats portés-disparus, dans une déclaration faite au micro de Kan.

Ces propos de Blum sont venus répondre à l’information qu’une délégation israélienne, composée notamment de hauts-responsables, se trouvait au Caire pour des négociations avec le Hamas par l’intermédiaire d’officiels égyptiens et que des progrès avaient été réalisés.

Selon un article paru la semaine dernière dans la version arabe du journal Independent Arabia, qui est publié au Royaume Uni, une source conservant l’anonymat a stipulé qu’il « y a eu des progrès ces derniers jours entre les deux parties ».

Selon le même article, qui est paru avant la flambée de violences entre Israël et Gaza, l’accord se serait centré sur la restitution des dépouilles des soldats israéliens en échange d’un « nombre indéterminé de corps de Palestiniens détenus en Israël », et d’aides pour l’enclave.

Le Hamas aurait demandé la libération de 50 prisonniers contre celle des deux civils israéliens et l’Etat juif aurait suggéré d’en libérer la moitié, selon Independent Arabia.

Ces progrès présumés dans les négociations pourraient être dus au « désir du Premier ministre Benjamin Netanyahu de clore ce dossier », selon la source non-identifiée, en amont de la formation potentielle d’une coalition par Benny Gantz, le chef de Kakhol lavan, ou d’un autre scrutin.

La source a également dit que « les délégations israélienne et du Hamas se trouvent dans le même hôtel mais les Egyptiens jouent les médiateurs ».

Au début du mois, le chef du Hamas, Yahya Sinwar, a pour sa part démenti que des pourparlers sur un accord officiel avaient effectivement lieu, citant le manque de gouvernement au sein de l’Etat juif après les élections.

Israël est dirigé par un gouvernement par intérim depuis le mois de décembre, quand la Knesset a voté sa propre dissolution et appelé à l’organisation d’un scrutin anticipé pour le mois d’avril. Deux élections en quelques mois ont toutefois échoué à produire un gouvernement. Netanyahu est toujours Premier ministre intérimaire tandis que son rival, Benny Gantz, s’efforce actuellement de former une coalition après l’échec de Netanyahu à rassembler une majorité.

Yaron Blum, coordonnateur pour les négociations sur le retour des prisonniers de guerre et des disparus, le 3 avril 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les propos de Blum avaient fait écho à une déclaration préalable, dans laquelle il avait estimé que les demandes du Hamas étaient irréalistes.

Blum avait indiqué à ce moment-là que l’Etat juif oeuvrait à travers un certain nombre de canaux intermédiaires à obtenir la libération des prisonniers mais que le Hamas « n’est pas encore prêt pour un accord – ses demandes sont démentes. Il ne comprend pas que le public israélien a changé et qu’il n’y aura pas un nouvel accord Shalit ».

Gilad Shalit, soldat au sein de l’armée israélienne, avait été capturé en 2006 et finalement libéré par le Hamas en 2011 en échange de la libération de plus de 1 027 prisonniers palestiniens par Israël.

Un accord conclu sur la libération des captifs et la restitution des dépouilles israéliens serait l’un des problèmes empêchant la conclusion d’une trêve à long-terme entre l’Etat juif et le Hamas, à l’issue de mois entiers de tensions et de flambées de violences.

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