Le changement de climat pourrait entraîner un deuxième Holocauste
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Le changement de climat pourrait entraîner un deuxième Holocauste

Selon le professeur Timothy Snyder, la lutte pour nourrir des populations peut "encourager des nouvelles variations sur les idées d’Hitler"

Timothy Snyder, professeur d'histoire à Yale  (Capture d'écran YouTube)
Timothy Snyder, professeur d'histoire à Yale (Capture d'écran YouTube)

JTA — Dans un article audacieux du New York Times publié le week-end dernier, le professeur d’histoire à l’Université de Yale, Timothy Snyder, estime que le changement climatique pourrait conduire à la résurgence d’une pensée géopolitique proche de celle d’Hitler.

« L’Holocauste peut sembler une horreur lointaine dont les leçons ont déjà été apprises, écrit-il. Mais tristement, les anxiétés de notre propre époque pourraient une fois de plus donner lieu à la recherche de boucs émissaires et d’ennemis imaginaires, tandis que les stress environnementaux contemporains pourraient encourager de nouvelles variations des idées d’Hitler, tout particulièrement dans des pays inquiets de nourrir leur propre population grandissante ou de maintenir un niveau de vie croissant ».

Snyder, l’auteur du nouveau livre « La Terre Noire : l’Holocauste comme histoire et avertissement », trace un parallèle dans l’article entre la Seconde Guerre mondiale et des batailles plus récentes pour des ressources.

Adolf Hitler a envahi l’Union Soviétique pour prendre le contrôle des terres fertiles de l’Ukraine, tout comme tuer les Juifs y vivant, écrit Synder.

Le dictateur nazi était motivé, explique-t-il, par son obsession de sécuriser les ressources de l’Europe pour le peuple allemand.

Plus récemment, le génocide du Rwanda en 1994 « a suivi un déclin dans le production industrielle pendant plusieurs années avant », note Snyder.

Et au Soudan, écrit-il, des sécheresses ont participé au début de génocide du Darfour en forçant des Arabes à migrer sur des terres habitées par des groupes ethniques non arabes. Qui pourrait être la prochaine victime de ce malheureux schéma ? La Chine, évoque Snyder.

« Le danger n’est pas que la Chine puisse véritablement mourir de faim dans le futur proche, pas plus que les Allemands ne l’auraient fait dans les années 1930. Le risque est qu’un pays développé capable de projeter une puissance militaire pourrait, comme l’Allemagne d’Hitler, tomber dans une panique écologique, et prendre des mesures drastiques pour protéger son niveau de vie », écrit Snyder.

Snyder poursuit en argumentant que l’effort de négation générale du changement climatique dans la politique américaine est réminiscente de l’attitude d’Hitler envers la science.

Hitler pensait que la guerre était nécessaire parce qu’il refusait de croire que des avancées technologiques comme l’irrigation, les récoltes hybrides et les engrais pourraient aider à nourrir son peuple. La négation du changement climatique pourrait encore une fois pousser le monde vers un conflit, écrit Snyder.

« En polluant l’atmosphère avec des gaz à effet de serre, les Etats-Unis ont fait plus que n’importe quelle autre nation pour entraîner la prochaine panique écologique, et pourtant, c’est le seul pays où la science du climat fait face à une telle résistance par des membres de l’élite politique et des affaires, écrit-il. Ces personnes qui nient ont tendance à présenter les conclusions empiriques de scientifiques comme une conspiration et questionnent la validité de la science, une position intellectuelle qui est incomfortablement proche de celle d’Hitler ».

Les commentaires ont provoqué la colère de certains penseurs conservateurs, y compris l’écrivain du Washington Examiner, David Freddoso.

Des historiens ont également remis en doute d’autres affirmations dans le livre de Snyder.

Dans le National Interest, le professeur David A. Bell de l’Université de Princeton a écrit que Snyder se concentre beaucoup trop sur la participation polonaise dans l’Holocauste.

L’importante chercheuse de l’Holocauste Deborah Lipstadt a déclaré au Times of Israel : « Je ne suis pas d’accord avec tout ce qui est dans « Terre Noire ». Mais [Snyder est] un penseur et un écrivain si audacieux, sérieux et perspicace qu’il me fait faire marche arrière et réévaluer ce dont je crois être sure ».

Snyder conclut son article en présentant les enjeux du monde comme il les perçoit.

« Aujourd’hui, nous faisons face à un choix crucial entre la science et l’idéologie que les Allemands ont eu à confronter à une époque. Accepterons-nous des preuves empiriques et soutiendrons-nous des nouvelles technologies de l’énergie, ou permettrons nous à une vague de panique écologique de se répandre dans le monde ? écrit-il. Nier la science met en danger le futur en convoquant les fantômes du passé ».

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