Le chef du parti centriste a tenu une conférence de presse avec des réservistes
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Le chef du parti centriste a tenu une conférence de presse avec des réservistes

Lapid veut empêcher les soutiens du BDS de financer des groupes comme Breaking the Silence

Le chef du parti Yesh Atid Yaïr Lapid (au centre) avec Amit Deri (2ème à droite) et des officiers et des soldats de réserve lors d'une conférence de presse contre Breaking the Silence - le 20 décembre 2015. (Crédit : Yesh Atid)
Le chef du parti Yesh Atid Yaïr Lapid (au centre) avec Amit Deri (2ème à droite) et des officiers et des soldats de réserve lors d'une conférence de presse contre Breaking the Silence - le 20 décembre 2015. (Crédit : Yesh Atid)

Annonçant un projet de loi, le chef de Yesh Atid mentionne l’ONG Breaking the Silence, critique de l’armée, qui aurait dépassé la ‘ligne rouge des critiques vers la subversion’.

Yair Lapid, le chef de Yesh Atid, a déclaré dimanche qu’il se préparait à présenter une loi pour interdire aux organisations israéliennes à but non lucratif, dont il a dit qu’elles ‘calomnient’ l’état, d’être financées par des organisations qui soutiennent un boycott d’Israël.

Se présentant lors d’une conférence de presse avec un groupe d’officiers de réserve de l’armée et de soldats combattants, Lapid a nommé l’ONG controversée Breaking the Silence, qui rassemble des témoignages de troupes de l’armée sur des violations présumées des droits de l’Homme par des soldats.

« Nous allons proposer une loi pour enpêcher le BDS [boycott, cession et sanctions] de financer des ONG en Israël qui calomnient le pays », a déclaré Lapid.

« Je me tiens ici aujourd’hui entouré de représentants de plus de 600 de nos meilleurs officiers et combattant de l’armée, parmi lesquels des commandants de compagnie et de batallion, qui incarnent ce que l’armée représente, des valeurs et du leadership », a-t-il déclaré.

« Ils se trouvent ici pour défendre ces valeurs, l’armée défend ces valeurs. La critique nous construit en tant que société, mais il y a une différence fondamentale entre critiquer et calomnier des officiers et soldats de l’armée à l’étranger. Ce n’est pas de la critique, mais miner les fondations de l’état. Des organisations comme Breaking the Silence ont franchi cette ligne de la critique à la subversion ».

Depuis la création de Breaking the Silence en 2004 par des soldats qui ont servi dans la ville d’Hébron à l’ouest de la Cisjordanie, l’organisation s’est régulièrement confrontée aux pontes politiques et militaires, qui dénoncent ses activités comme nuisibles pour l’image d’Israël à l’étranger.

Amit Deri était présent à la conférence de presse de Lapid, un commandant de compagnie réserviste et une figure de point dans la campagne contre Breaking the Silence, qui a dénoncé l’ONG pour oser parler au nom des soldats de l’armée.

« Qui êtes-vous Breaking the Silence, pour pouvoir nous représenter, nous les combattants de l’armée, et dire que nous jetons notre code éthique par la fenêtre ? Breaking the Silence répand des calomnies terribles contre nous depuis les Etats-Unis jusqu’à l’ensemble du continent européen », a-t-il déclaré.

« Ils disent que l’armée cible délibérément des civils. On peut critiquer, mais pas mentir. L’organisation Breaking the Silence n’est pas légitime. Nous, officiers et soldats, sommes au dessus de la politique et nous ne nous arrêterons pas, c’est notre devoir, jusqu’à ce que l’organisation Breaking the Silence cesse de nous attaquer ».

La semaine dernière, le ministre de l’Education Naftali Bennett a déclaré qu’il interdirait au groupe de participer dans des écoles israéliennes, tandis que le ministre de la Défense Moshe Yaalon a déclaré dimanche qu’il empêcherait l’organisation d’entrer dans des terrains de l’armée. Dans un face-à-face tendu à la Knesset, le Premier ministre Benjamin Netanyahi a demandé au chef de l’opposition Isaac Herzog de condamner l’ONG.

En juillet, l’assistante du ministère des Affaires étrangères Tzipi Hotovely a averti des représentants de l’Union européenne que Jérusalem allait rendre illégal le financement d’ONG de gauche par leurs pays, avait annoncé Ynet à l’époque.

Des gouvernements européens ont contribué à hauteur de 100 à 200 millions d’euros aux groupes, a déclaré Hotovely, qui « travaillent activement à salir le nom d’Israël dans le monde, l’accuse de nettoyage ethnique, d’apartheid et de crimes de guerre ».

Certains de ces groupes, a affirmé Hotovely, contribuent même à financer des groupes terroristes.

B’Tselem, Breaking the Silence , le Centre Légal Adalah pour les Droits de la Minorité arabe en Israël et la Coalition des Femmes pour la Paix figurent parmi les organisations qu’Hotovely a pointé du doigt pour le soutien qu’elles reçoivent de gouvernements étrangers.

Une mesure similaire proposée par Hotovely plus tôt cette année aurait forcé n’importe quelle ONG recevant un financement de l’étranger d’avoir une approbation de la Knesset pour une exonération de taxes.

Le projet de loi a été bloqué par des groupes de la société civile, affirmant qu’il serait utilisé pour réprimer le financement des ONG de gauche.

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