Rechercher

Le colonel iranien tué aurait été impliqué dans des attaques anti-israéliennes

Israël aurait renforcé son état d'alerte ; Khodayari aurait, entre autres, programmé l'attaque contre un diplomate à New Delhi en 2012 qui avait blessé l'épouse de ce dernier

Le corps d'un haut responsable des Gardiens de la révolution iraniens, identifié comme étant le colonel Hassan Sayad Khodaeï, qui a été assassiné à Téhéran le 22 mai 2022. En médaillon : Khodaeï (Crédit: Twitter/screenshot)
Le corps d'un haut responsable des Gardiens de la révolution iraniens, identifié comme étant le colonel Hassan Sayad Khodaeï, qui a été assassiné à Téhéran le 22 mai 2022. En médaillon : Khodaeï (Crédit: Twitter/screenshot)

Le colonel du Corps des Gardiens de la Révolution islamique qui a été abattu à Téhéran, dimanche, avait été à l’origine d’une série d’attaques contre des envoyés israéliens dans plusieurs pays en 2012, selon un article paru dans le média iranien d’opposition Iran International.

Selon l’article, le colonel Hassan Sayyad Khodayari, assassiné au cœur de Téhéran, avait été responsable d’un attentat à la voiture piégée qui avait pris pour cible un diplomate israélien à New Delhi. Sa femme avait été blessée. Khodayari aurait aussi été l’initiateur d’une série d’attentats à la bombe ratés, vingt-quatre heures plus tard, qui avaient visé des envoyés israéliens en Thaïlande.

Téhéran a juré de venger cet assassinat et n’a pas attribué explicitement sa responsabilité à Israël. Des informations parues dans les médias israéliens affirment que des renseignements laissent penser que seule une instance étrangère a pu avoir mené une attaque aussi audacieuse contre Khodayari.

Les auteurs de cet assassinat sont encore en fuite même si Téhéran affirme le contraire, a noté la Treizième chaîne, lundi soir.

Les autorités iraniennes doivent encore retrouver les suspects, même si l’incident a eu lieu au cœur de l’un des secteurs les plus sécurisés de Téhéran – dans la rue Mohahedine Eslam, qui accueille d’autres hauts responsables du Corps des gardiens de la révolution et de ses forces al-Quds d’élite.

L’Iran a pris soin de faire circuler des infox au sujet de l’enquête consacrée à la mort du colonel pour détourner l’attention de son incapacité à rattraper les auteurs de l’attaque, a expliqué la chaîne qui n’a pas cité ses sources.

Khodayari a été tué aux abords de son domicile par des tireurs non-identifiés qui circulaient en moto. Les attaquants ont lancé cinq balles en direction de sa voiture.

L’Iran n’a pas officiellement accusé Israël d’être responsable du meurtre, comme la république islamique avait pu rapidement le faire après des tentatives d’assassinat de responsables de haut-rang. Même si le Corps n’a donné que de rares détails sur cette attaque survenue en plein jour et au cœur de la capitale iranienne, le groupe a attribué ce meurtre à « l’arrogance mondiale » – une façon de désigner les États-Unis et Israël.

L’assassinat n’a pas été revendiqué.

Israël, qui n’a fait aucun commentaire sur l’incident, aurait renforcé son niveau d’alerte dans ses ambassades et dans ses consulats du monde entier, craignant une attaque de représailles iranienne. Le reportage non-sourcé de la Treizième chaîne a aussi cité la crainte que des Juifs puissent être visées à l’étranger et il a précisé que l’État juif était aussi en alerte face à une possible riposte, qui pourrait prendre une forme ou une autre, sur sa frontière nord.

L’assassinat de Khodayari est l’assassinat de plus haut-rang à s’être produit sur le territoire iranien depuis le meurtre, au mois de novembre 2020, du plus éminent scientifique travaillant sur le programme nucléaire de Téhéran, Mohsen Fakhrizadeh.

Les membres de la famille du colonel Hassan Sayyad Khodayari pleurent autour de son corps, dans sa voiture, après son assassinat par deux hommes armés à Téhéran, le 22 mai 2022. (Crédit : Islamic Republic News Agency, IRNA via AP)

Le président iranien Ebrahim Raisi a juré, lundi, de venger l’assassinat de Khodayari, insistant sur « la poursuite des meurtriers par les responsables de la sécurité ».

Selon la Treizième chaîne, Khodayari était lui-même responsable des opérations de représailles à l’étranger.

Des informations parues dans les médias israéliens et iraniens expliquent qu’il avait programmé des kidnappings et autres types d’attaque contre des cibles israéliennes et juives dans le monde entier, et qu’il avait la charge de recruter des dealers de drogues et autres entités criminelles pour mener à bien ces missions.

Le nouveau président iranien, Ebrahim Raissi, s’exprime lors de sa cérémonie d’assermentation au parlement iranien, dans la capitale Téhéran, le 5 août 2021. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Selon le reportage d’Iran International, Khodayari aurait été responsable d’un attentat à la voiture piégée visant un diplomate israélien à New Delhi en 2012 – l’épouse du diplomate avait été blessée – et d’une série d’attaques à la bombe manquées survenue vingt-quatre heures plus tard en Thaïlande, visant à tuer des envoyés israéliens. Les médias israéliens ont expliqué, dimanche, qu’il avait aussi programmé des kidnappings et d’autres types d’agression à l’encontre de cibles israéliennes et juives dans le monde entier.

Il aurait aussi été impliqué dans des tentatives d’assassinat et de kidnappings contre des Israéliens en Turquie, au Kenya, en Colombie et à Chypre, selon la Treizième chaîne.

Les funérailles de Khodayari doivent avoir lieu mardi à Téhéran.

Le colonel était, selon un communiqué du Corps des gardiens de la révolution islamique, un « défenseur du sanctuaire » – une référence aux opérations menées par la république islamique en Syrie et en Irak par les forces al-Quds, l’unité d’élite des gardiens de la révolution chargée des raids à l’étranger.

Peu d’informations supplémentaires ont été révélés sur Khodayari, les officiers des forces al-Quds ayant tendance à être des personnalités qui restent dans l’ombre, menant des missions militaires secrètes en soutien au groupe terroriste libanais du Hezbollah ou en soutien à d’autres milices en Syrie, en Irak ou ailleurs.

The car that was carrying Tal Yehoshua Koren burns outside the Israeli Embassy in New Delhi, February 2012 (photo credit: Joji Philip Thomas, via Twitter)
La voiture qui transportait Tal Yehoshua Koren brûle devant l’ambassade d’Israël à New Delhi, au mois de février 2012. (Crédit : Joji Philip Thomas via Twitter)

Le Corps des gardiens de la révolution islamique a été désigné organisation terroriste par l’administration du président américain Donald Trump, après le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien qui est officiellement connu sous le nom de JCPOA (Plan d’action global commun).

L’unité militaire d’élite a fait beaucoup parler d’elle, ces derniers mois, après que Téhéran a demandé sa suppression de la liste noire des organisations terroristes aux États-Unis comme condition préalable à la réintégration de la république islamique dans l’accord multilatéral sur le nucléaire qui avait été conclu en 2015.

L’État juif, de son côté, a demandé aux États-Unis de rejeter cette demande, affirmant que le groupe « est une organisation terroriste responsable de l’assassinat de milliers de personnes, et notamment d’Américains ».

Les États-Unis ont indiqué à plusieurs occasions qu’ils n’avaient pas l’intention d’accéder à la requête de Téhéran, et les pourparlers à Vienne sont gelés depuis la mi-mars en conséquence.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...