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Le Dôme de fer en alerte dans le nord en ce dernier vendredi du Ramadan

Les forces de l'ordre sont mobilisées et des dizaines de milliers de personnes s’apprêtent à assister aux prières à la mosquée Al-Aqsa, sur fond de haine anti-israélienne en Iran

Système de défense aérienne Dôme de fer à proximité de la frontière avec le Liban, dans le nord d’Israël, le 7 avril 2023. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)
Système de défense aérienne Dôme de fer à proximité de la frontière avec le Liban, dans le nord d’Israël, le 7 avril 2023. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)

Les défenses aériennes israéliennes ont été activées, de crainte d’une flambée de violences, vendredi, au moment où les fidèles palestiniens se retrouveront à la mosquée Al-Aqsa pour les prières du Ramadan et alors que l’Iran célèbrera « Qods », comme chaque année, par des activités anti-israéliennes.

Les batteries de défense antimissile du Dôme de fer sont en état d’alerte maximal pour faire face à de possibles attaques, en particulier dans le nord. Plusieurs batteries ont ainsi été déployées et orientées vers le Liban et la Syrie la semaine dernière.

Les forces de l’ordre redoutent des tirs de roquettes et des incursions de drones.

Des organisations terroristes ont en effet tiré des dizaines de roquettes sur Israël la semaine dernière depuis le Liban, la Syrie et Gaza après des combats entre la police et les Palestiniens à la mosquée Al-Aqsa, au sommet du mont du Temple à Jérusalem. Par ailleurs, une source militaire a fait savoir que le drone envoyé en Israël depuis la Syrie ce mois-ci et abattu par l’armée de l’air était probablement iranien.

Les autorités israéliennes ont ordonné la fermeture de l’espace aérien à proximité des frontières du Liban, de la Syrie et de Gaza jusqu’à dimanche après-midi.

L’interdiction de survol à moins de six kilomètres des frontières concerne pour l’essentiel les activités agricoles et autres aéronefs légers, car les compagnies aériennes ne volent jamais à proximité des frontières.

De crainte d’attaques sur le terrain, les soldats israéliens se sont préparés à de possibles incidents au niveau des frontières.

À Gaza, les organisations terroristes se préparent à de possibles représailles israéliennes suite à des tirs de roquettes du Hamas sur Israël la semaine dernière, a indiqué le radiodiffuseur public Kan, évoquant des sources situées dans la bande de Gaza.

Les organisations terroristes redouteraient qu’Israël ait fait retomber la tension de manière à tromper ses ennemis avant de lancer une attaque surprise. Selon la même source d’information, les hauts dirigeants de l’organisation terroriste du Hamas auraient limité leurs apparitions publiques et leurs mouvements.

La police des frontières montant la garde devant la mosquée Al-Aqsa pendant les affrontements avec les Palestiniens, sur le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 5 avril 2023. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Les craintes d’Israël font suite à des pourparlers de ses ennemis en matière de coopération.

Le commandant de la Force Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran, Esmail Qaani, s’est rendu la semaine dernière à Beyrouth, capitale du Liban, où il s’est entretenu avec le Hezbollah et le Hamas, a rapporté Kan jeudi.

Toujours selon cette même source, Qaani aurait à cette occasion évoqué la question de leur coopération contre Israël. Qaani s’est également rendu à Damas la semaine passée.

L’Iran soutient les organisations terroristes du Hamas, du Hezbollah et du Jihad islamique palestinien.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a également rencontré dimanche à Beyrouth une délégation dirigée par le chef du Hamas, Ismail Haniyeh, pour évoquer des axes de coopération.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah (à l’arrière droite), s’entretient avec le chef du Hamas Ismail Haniyeh (à l’arrière gauche) et une délégation de l’organisation terroriste à Beyrouth, au Liban, le 9 avril 2023. (Capture d’écran de la photo Twitter ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Le dernier vendredi du mois du Ramadan, sacré pour les musulmans, des dizaines de milliers de fidèles se rendent traditionnellement à la mosquée Al-Aqsa, lieu d’affrontements répétés entre forces de l’ordre et Palestiniens.

Les combats qui s’y sont déroulés ont été suivis de tirs de roquettes contre Israël et de deux attentats terroristes particulièrement meurtriers la semaine dernière.

À l’occasion du dernier vendredi de Ramadan, l’Iran célèbre Qods, autrement appelée Journée de Jérusalem. Elle le fait depuis la Révolution islamique de 1979, de manière à exprimer son soutien envers les Palestiniens.

Cette journée est émaillée de discours anti-israéliens, d’événements et de menaces répétées de « libérer » Jérusalem des forces israéliennes. Les rassemblements de grande ampleur sont fréquemment l’occasion de démonstrations de haine envers Israël : les drapeaux israélien et américain sont souvent mis à feu alors que la foule scande « Mort à Israël » et « Mort à l’Amérique ».

Des cyberattaques ont également lieu contre des cibles israéliennes.

Des manifestants brûlent des drapeaux israéliens, britanniques et américains lors de la manifestation annuelle pro-palestinien d’Al-Quds, ou Journée de Jérusalem, à Téhéran, en Iran, le 29 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

À Jérusalem, la police s’est préparée à des troubles alors que les Palestiniens se massaient sur le mont du Temple et à la mosquée Al-Aqsa, dans la nuit de jeudi à vendredi.

Sur place, des dizaines de Palestiniens ont scandé des slogans contre Israël et les Juifs, et ont fait l’éloge des terroristes, parmi lesquels le commandant militaire du Hamas, Muhammad Deif, a fait savoir la radio militaire.

Certains Palestiniens ont jeté des pierres et des bouteilles en verre sur les forces de police. Des unités de la police des frontières ont été déployées, sans pénétrer sur le mont du Temple.

Le Hamas a exhorté les Palestiniens à se rendre en grand nombre à la mosquée Al-Aqsa et à ne pas en partir avant la fin du Ramadan, proférant des menaces contre Israël.

Plus de 2 000 policiers et agents de la police des frontières seront déployés aux abords de Jérusalem vendredi, avec des renforts au niveau de la Vieille Ville, la périphérie de la capitale et Jérusalem-Est.

Des Palestiniens manifestent après les prières du vendredi pendant le Ramadan, dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa et du mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 7 avril 2023. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

Les tensions dans et autour de la Vieille Ville de Jérusalem ont été particulièrement élevées ces dernières semaines, notamment au moment où Pessah et le Ramadan ont coïncidé, sur fond d’affrontements entre forces de l’ordre et fidèles musulmans au sommet du mont du Temple.

Pessah a pris fin hier jeudi.

Les forces de l’ordre sont également en état d’alerte en Cisjordanie, suite à des avis de possibles attentats terroristes. Elles sont également toujours à la recherche de la cellule terroriste responsable de la mort d’une mère de famille et de ses deux filles, la semaine dernière.

Un attentat à la voiture bélier a également tué un touriste italien à Tel Aviv la semaine passée.

Les médias israéliens ont signalé une recrudescence des incitations à la haine et des menaces contre Israël sur les réseaux sociaux, ce qui ne fait qu’alimenter encore la crainte d’incidents graves.

De manière à limiter les risques, le cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir que les Juifs et autres non-musulmans ne pourraient se rendre sur le mont du Temple lors des 10 derniers jours du Ramadan. La mesure a pris effet mercredi.

Cette décision a été annoncée mardi, quelques heures après une déclaration du Hamas appelant les Palestiniens à demeurer dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa et menaçant Israël en cas de présence de Juifs sur les lieux.

Le mont du Temple, connu des musulmans sous le nom de Haram al-Sharif ou Noble Sanctuaire, est à la fois le lieu le plus saint du judaïsme, car il s’agit de l’emplacement des deux anciens temples juifs, et Al-Aqsa est le troisième sanctuaire le plus saint de l’islam.

La police des frontières patrouille dans la Vieille Ville de Jérusalem pendant les fêtes de Pessah et du Ramadan, le 10 avril 2023. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

La semaine passée, la police a déclaré que des centaines de Palestiniens s’étaient barricadés à l’intérieur de la mosquée Al-Aqsa avec des engins explosifs, des pierres et des feux d’artifice afin de s’en prendre aux forces de l’ordre et civils israéliens.

La police a expliqué qu’elle n’avait pas eu d’autre choix que d’entrer dans la mosquée, dans la nuit de mardi à mercredi, ce qui a donné lieu à d’intenses affrontements avec les Palestiniens à l’intérieur.

La police est parvenue à maîtriser les émeutiers, mais plusieurs personnes à l’intérieur ont filmé des policiers en train de frapper et d’interpeller des Palestiniens, ce qui a déchainé les réseaux sociaux et provoqué un tollé international.

Les terroristes du Hamas ont riposté en tirant des roquettes sur Israël depuis le Liban et Gaza, ce à quoi Israël a réagi par des frappes aériennes.

Israël s’est engagé à plusieurs reprises à faire respecter le statu quo sur le mont du Temple, en vertu duquel la présence des Juifs est autorisée – sous conditions et à des heures précises – sous réserve de ne pas y prier. Dans la pratique, cette dernière condition s’est érodée au fil du temps : les Palestiniens ont alors lancé des appels à la violence sur le mont du Temple et se sont arrogés de manière unilatérale des sections réservées aux prières musulmanes.

Emanuel Fabian a contribué à la rédaction de cet article.

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