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Le Fatah en faveur du retour au calme entre Israël-Gaza, pas d’une trêve totale

Des responsables ont indiqué aux négociateurs du Caire que tout accord à long-terme ne pourrait pas intervenir avant une réconciliation interne palestinienne avec le Hamas

Les Palestiniens réagissent aux gaz lacrymogènes lancés par les soldats israéliens au cours d'affrontements survenus à l'est de Gaza City, près de la frontière entre Gaza et Israël, le 2 novembre 2018 (Crédit : Mahmud Hams/AFP)
Les Palestiniens réagissent aux gaz lacrymogènes lancés par les soldats israéliens au cours d'affrontements survenus à l'est de Gaza City, près de la frontière entre Gaza et Israël, le 2 novembre 2018 (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

S’écartant apparemment de son positionnement antérieur, le parti du Fatah, qui domine l’Autorité palestinienne (AP), aurait donné aux intermédiaires égyptiens le feu vert pour la négociation d’un accord visant à calmer les violences entre Israël et les factions dirigées par le Hamas dans la bande de Gaza. Mais les responsables palestiniens maintiennent que tout accord de cessez-le-feu officiel avec l’Etat juif ne pourra être conclu qu’après la signature d’un pacte de réconciliation entre les factions rivales palestiniennes.

Des sources palestiniennes de haut-niveau ont indiqué dimanche au journal Al-Hayat que les dirigeants du Fatah avaient donné leur approbation aux Egyptiens, au Caire, au cours d’une rencontre avec les chefs du Hamas.

Parmi les participants à cette réunion, Azzam al-Ahmad, membre du comité central du Fatah, Hussein al-Sheikh, qui appartient aussi au comité, et un proche confident du président de l’AP Mahmoud Abbas.

Selon ces sources, les initiatives égyptiennes en cours – qui seraient presque menées à bien – ne visent qu’à ramener le « calme » entre Gaza et Israël et ne donneront pas lieu à un accord ou à cessez-le-feu officiels qui, ont-ils-ajouté, ne pourront être envisagés qu’à l’issue d’une réconciliation palestinienne.

Selon l’article, la délégation du Fatah a donné son approbation pour permettre « le retour à la normale » à Gaza, gouverné par le Hamas, et pour empêcher une nouvelle guerre entre le groupe terroriste à la tête de l’enclave côtière et Israël.

Les médias arabes ont annoncé que s’il devait être signé, un cessez-le-feu comprendrait une levée au moins partielle des restrictions israéliennes sur le mouvement des biens et des personnes à l’entrée et à la sortie de Gaza.

L’Etat juif maintient que ces restrictions sont nécessaires pour des raisons sécuritaires, en empêchant notamment l’entrée d’armes dans la bande.

Azzam al-Ahmad, chef du comité central du Fatah et de sa délégation durant une conférence de presse à la fin de deux jours d’entretiens à huis-clos entre représentants de 13 partis politiques majeurs dans la capitale égyptienne du Caire, le 22 novembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / MOHAMED EL-SHAHED)

Le Fatah a souscrit à un plan à deux étapes, sous les termes duquel, au cours des deux prochaines semaines, les Gazaouis accepteront de mettre un terme à leurs manifestations violentes. En échange, Israël autorisera l’acheminement du carburant payé par le Qatar à la centrale électrique de Gaza ainsi que l’allègement d’autres restrictions, a fait savoir Al-Hayat. Au cours des six prochains mois, d’autres limitations seront levées si le calme se maintient avec pour objectif de revenir à un cessez-le-feu signé en 2014 qui avait mis fin à la dernière confrontation majeure entre l’Etat juif et les groupes dirigés par le Hamas à Gaza.

Le Hamas, un groupe terroriste qui cherche à détruire Israël, contrôle Gaza depuis qu’il s’est saisi de l’enclave côtière qui se trouvait aux mains de l’AP dominée par le Fatah lors d’un féroce coup d’Etat en 2007. Les deux factions palestiniennes sont restées depuis profondément divisées. Israël attribue au Hamas la responsabilité de toutes les attaques émanant de la bande.

Les responsables de Ramallah ont insisté précédemment sur le fait qu’une réconciliation entre le Fatah et le Hamas devait précéder toute trêve possible. Ils ont également déclaré que l’Organisation de libération de la Palestine que préside Abbas est le seul parti ayant la légitimité de négocier un cessez-le-feu avec Israël.

Au cours des dernières années, le Fatah et le Hamas ont signé un certain nombre de pactes, et notamment un accord négocié par l’Egypte au mois d’octobre en 2017 qui prévoyait de faire passer Gaza sous un gouvernement unique et de faire avancer les efforts de réconciliation. Les deux parties rivales ont toutefois échoué à le mettre en oeuvre.

Au mois d’août, un haut-responsable du Fatah avait déclaré à la Dixième chaîne israélienne sous couvert d’anonymat qu’Abbas avait indiqué : « Il faudra passer sur mon cadavre pour faire un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas ».

Le même mois, al-Sheikh avait indiqué à la télévision de l’AP qu’il « n’est pas possible de parler d’une trêve avant de mettre en place la réconciliation ».

Selon un article paru dans le journal libanais Al-Akbar, samedi, l’accord de cessez-le-feu émergeant et visant à apaiser des mois de violences sur la frontière entre Israël et Gaza porterait sur trois ans et serait l’occasion d’un allègement significatif du blocus imposé au territoire contrôlé par le groupe terroriste.

Selon l’article, l’accord actuellement négocié par l’entremise de l’Egypte prévoit un arrêt progressif des manifestations violentes orchestrées par le Hamas à la frontière et la fin des flottilles navales au cours des deux prochains mois. De plus, le Hamas sera obligé de sanctionner les Gazaouis manifestant violemment le long de la frontière avec Israël.

En échange, l’Egypte rouvrira en permanence son poste-frontière de Rafah et lèvera 70 % de son blocus sur le territoire de la bande, a ajouté l’article, citant des responsables informés de l’accord en cours. Al-Akbar a indiqué que ce dernier exige également qu’Israël accorde 5 000 permis de travail aux habitants de l’enclave côtière, et que l’Etat juif fasse passer la zone de pêche de 16 kilomètres à 26 kilomètres.

Israël n’a pas encore fait de commentaires.

De plus, le journal a fait savoir que l’AP paierait 80 % des salaires des responsables du Hamas à Gaza et qu’elle ne s’opposerait pas au financement de ces rémunérations par le Qatar au cours des six prochaines mois au moins, comme cela a déjà été le cas dans le passé.

La trêve devrait durer au moins trois ans et elle serait supervisée par les Nations unies et la Russie. Après la mise en oeuvre de l’accord, dans un second temps, Al-Akbar a noté que l’Egypte devrait prôner un échange de prisonniers entre Israël et le Hamas.

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